On a tellement ergoté autour du remaniement du gouvernement tel que l’a entrevu le Chef de l’Etat donné en désamour avec son Premier ministre que des milieux intéressés se complaisent à forcer ce changement dès lors englué de fausses notes, d’où la justesse de son report
Annoncé par le Chef de l’Etat pour fin juin, le remaniement de l’Exécutif national pourrait ne plus être au rendez-vous. Les signes avant-coureurs de cet exercice auquel sont habitués les Congolais ne se perçoivent pas pour attester d’une effervescence dans ce sens.
On indique, en effet, que jusqu’à ce jour, les consultations habituelles n’auraient pas encore eu lieu au sein de la Majorité, à part quelques échanges officieux entre chefs des partis ou des plates-formes de la coalition aux affaires.
D’autre part, certaines échéances immédiates font également comprendre qu’un tel réaménagement ne serait pas opportun. On relève, en effet, le grand rendez-vous du Conseil d’administration du Fonds monétaire international qui est déjà en cours depuis le début du mois. Le dossier RDC doit y être soumis dans l’éventualité de la conclusion d’un nouveau programme devant conduire au point d’achèvement qui, lui, devrait faire accéder la RDC à l’initiative PPTE pour la remise de sa dette et d’autres avantages financiers.
Ce rendez-vous, indique-t-on, mobilise à fond l’Exécutif. Un autre brain trust coaché par le Gouvernement travaille sur les dernières recommandations de Dominique Strauss Kahn à la RDC qu’il avait invité, lors de son récent séjour à Kinshasa, à tout faire pour recalibrer les contrats d’infrastructures avec les Chinois afin de s’assurer les dernières chances de passage de son dossier au Conseil d’administration du FMI.
Outre ce programme, on note que le Chef de l’Etat lui-même a un agenda assez chargé pour cette dernière quinzaine de juin. Il doit présider à Kisangani la Conférence des Gouverneurs de province avant de se rendre à Dungu, aux côtés des Congolais qui y ont subi les exactions des rebelles ougandais de la LRA et des éleveurs Mbororo. L’occasion sera aussi indiquée pour le Chef de l’Etat de faire l’évaluation de l’opération conjointe « Rudiya » (FARDC-UPDF) menée en début de l’année pour la traque des rebelles ougandais.
Joseph Kabila doit finir ses déplacements intérieurs (pour le mois en cours) par Goma où il aura à présider le grand défilé célébrant le 49ème anniversaire de l’indépendance de la RDC. Une opportunité pour lui également de lancer les activités de la Foire agricole des Grands Lacs dont les préparatifs sont en cours.
Toutes ces raisons et bien d’autres convainquent les observateurs qu’un remaniement profond du Gouvernement aujourd’hui ne serait pas opportun, puisque de nature à occasionner une cassure momentanée de l’action gouvernementale. Cela aussi bien avec le départ de ceux des ministres qui seront appelés à la réserve de la Nation, mais aussi l’arrivée des nouveaux promus qui auront à se pénétrer les dossiers avant de prendre l’élan.
Selon des sources dignes de foi, si réaménagement il pourrait y avoir dans les jours à venir, il ne pourrait s’agir que de remplir les cases restées vides après l’affectation des titulaires appelés à d’autres fonctions. Le grand chambardement, indique-t-on encore, ne pourrait intervenir qu’à la rentrée politique de septembre après l’évaluation des actions parlementaires sur le Gouvernement.
Il pourrait s’agir, notamment, de tirer les conclusions des différentes interpellations des membres du Gouvernement, mais aussi de la motion dite de censure contre le Premier ministre. Non pas dans le sens de la sanction, mais, plutôt dans le souci d’écouter les critiques des Congolais autour de l’action gouvernementale aux fins d’y apporter les ajustements qui s’imposeraient, notamment par une « profonde » restructuration.
(DN/Yes)
JEK/Forum des As
Last edited: 18/06/2009 16:11:22