En Rdc, les archives se retrouvent dans la rue, les marchés et autres lieux inappropriés, entraînant du coup la perte de « la mémoire collective ». Pour sauver les archives nationales, il a lancé un appel pathétiquepour lutter contre les vols, la destruction...
Dans le cadre de la « Journée Internationale des Archives », le ministre de la Culture et des Arts, Esdras Kambale Baekwa, s’est retrouvé mardi parmi les invités du DG des Archives Nationales, le professeur Lumenganeso Kiobe, au siège de cette institution, sur l’avenue de la Justice, dans la commune de Gombe. Ce site héberge, a-t-il révélé, « 4.000 mètres linéaires des trésors que seul le temps permet d’apprécier en terme de rentabilité ». Le thème de circonstance, pour la RDC, a porté sur « L’importance des archives dans une nation en reconstruction ».
Dans son mot de circonstance, le ministre de la Culture et Arts a admis que les archives représentaient un bien précieux pour les Etats et les peuples. Il a rappelé qu’à l’initiative de l’Unesco, un comité d’experts archivistes, réunis le 9 juin 1948, avait élaboré les statuts d’un Conseil international des Archives, textes définitivement adoptés en 1950, à Paris. Parmi les missions principales des archives, a-t-il indiqué, il y a celle de promotion, de préservation, de développement et d’accès à la documentation.
Aussi, tous les Etats disposent et entretiennent jalousement leurs archives en tant que patrimoine national. Selon lui, les archives font l’objet de l’attention particulière des pouvoirs publics dans notre pays, de l’indépendance à nos jours. La preuve en est que nos archives sont gérées aujourd’hui par un service spécialisé de son ministère. Ce patrimoine comprend des documents écrits et audiovisuels qui présentent un intérêt historique, scientifique ou culturel.
Esdras Kambale a fait un malheureux constat : en Rdc, les archives se retrouvent dans la rue, les marchés et autres lieux inappropriés, entraînant du coup la perte de « la mémoire collective ». Nos archives, a-t-il déploré, ont terriblement souffert aussi des conflits armés.
Pour sauver les archives nationales, il a lancé un appel pathétique à tous nos compatriotes, afin qu’ils se joignent au ministère de la Culture et Arts ainsi que la direction des Archives Nationales pour lutter contre les vols, la destruction, le pillage, la dispersion, la dégradation des documents écrits ou audiovisuels des services publics comme des institutions privées et apprennent à donner un traitement approprié aux archives, conformément à la loi en la matière.
Le professeur Lumenganeso, quant à lui, a planché sur la dimension historique, scientifique, politique, culturelle, didactique et administrative des archives. Il a relevé deux catégories d’archives : les archives classiques (rapports administratifs, rapports annuels, correspondances et publications officielles) et les nouvelles archives (microfilms, microfiches, disques à lecture optique, CD, mémoires informatiques ou électroniques).
Après avoir relevé que les archives sont des auxiliaires incontournables et des outils efficaces dans la gestion politique et administrative d’un pays, il a démontré toute leur importance dans une nation en reconstruction, en tant que facteurs de bonne gouvernance. « Mieux l’homme connaît le passé, moins il en est l’esclave », a-t-il souligné. Sur ce point, les archives peuvent avoir une valeur thérapeutique et libératrice.
Bref, les archives sont au service du citoyen dans la mesure où elles lui apportent des preuves (certificat d’enregistrement, contrat de location, diplôme, carte d’identité, palmarès, passeport, carte de service…), de l’administration et de la nation.
(Ern/BT/PKF)
Mimi Kangaj et Muriel Kadima/Le Phare