La chaîne des dépenses publiques bloquée par la grève déclenchée par l’Intersyndicale des ministères des Finances et du budget
Kinshasa, 18/06/2009 / Politique
La grève prévenue depuis le week-end par l’Intersyndicale des ministères des Finances et du Budget est mise en exécution par le personnel des deux ministères avec comme conséquence principale immédiate le blocage de la chaîne des dépenses publiques
Le préavis de grève était donné depuis le week-end dernier par l’Intersyndicale des ministères des Finances et du Budget. La menace est devenue une réalité en début de semaine avec le déclenchement de la grève par les agents et fonctionnaires de ces deux administrations.
Cet arrêt du travail de l’administration des ministères des Finances et du Budget appelle à des interrogations. D’abord, les correspondances échangées entre le président de la République et le Premier ministre sont-elles étrangères à cet accès de colère des agents et fonctionnaires de l’administration des Finances et du Budget ? De nombreux observateurs sont d’avis que ceux, entre les mains de qui passent les chiffres, ne pouvaient longtemps accepter que les dérapages à répétition dans la gestion des finances publiques fassent le bonheur des uns au détriment des autres.
Les revendications faites aux autorités gouvernementales touchent au non paiement des salaires et des avantages liés aux tâches dans la chaîne des dépenses publiques. Les syndicalistes alignent beaucoup d’autres griefs que le gouvernement ne respecte pas.
Les régies financières dans la danse
Comme pour enfoncer davantage le clou, les agents des régies financières sont également entrés dans la danse. Ils observent aussi un arrêt de travail pour réclamer le paiement des salaires du mois de mai dernier. D’ailleurs, la rétrocession n’est payée qu’après de fortes pressions de la part des travailleurs. Les 5% reconnus aux régies financières n’étant pas retenus à la source, le gouvernement rechigne de les libérer pour des raisons difficiles à comprendre.
La combinaison de ces facteurs négatifs ne permet pas une mobilisation conséquente des recettes d’autant que la chute drastique des ressources issues de l’exportation devrait être compensée par les efforts intérieurs. Il est vrai que la communauté internationale commence à ouvrir, modestement, les vannes de l’assistance financière. Le FMI est intervenue avec près de 200 millions Usd, la BAD a apporté environ 100 millions Usd, … en appui à la réserve internationale de la RDC.
Par ailleurs, les opérateurs chinois ont versé un acompte sur le pas-de-porte prévu dans le cadre des contrats « Infrastructures contre minerais ». 175 millions Usd seraient le montant mis à la disposition de la RDC par la partie chinoise. Faudrait-il pour autant baisser les bras et attendre que tout vienne des l’extérieur ? La réponse serait vraisemblablement affirmative dans la mesure où tout est fait pour amener les agents et fonctionnaires chargés de la mobilisation des recettes dans des prédispositions à la corruption. D’autres encore sont mis dans des conditions de dégoût face aux fonds décaissés sans justification de l’opportunité des opérations décidées par le gouvernement.
L’heure est grave. Que cette grève soit décidée quelques jours après les correspondances échangées entre les deux pôles de l’Exécutif présage d’un grippage de l’appareil financier congolais avec des séquelles pour longtemps, la veille d’un programme formel avec le FMI.
(DN/Yes)
Bienvenu Marie Bakumanya/Le Potentiel
Last edited: 18/06/2009 15:08:19