Lisala, dans le secteur de Ngombe ­Mombangi, les membres des groupements Bo­kutu et Bosongumani sont sur pied de guer­re. A la base de cette situation : la jouis­sance d’une portion de terre. L’affaire remonte il y a un peu plus d’un an. A l’époque, les sages appartenant aux deux groupes avaient levé l’option de s’en remettre à la justice pour mettre de l’ordre dans les revendications ter­ritoriales formulées par chacune des parties. Après instruction du dossier et fixation de l’affaire au tribunal de Lisala, chaque grou­pement avait présenté les arguments qui plai­daient en sa faveur. Mais il s’est avéré, du point de vue du tri­bunal, que la raison penchait du côté de Bosongumani et le ver­dict a été rendu dans ce sens.


Mais voilà l’affaire oppose bien les habitants de deux villages et à ce ni­veau de la pyramide admi­nistrative, il serait osé d’af­firmer que la connaissance des méandres de la justice soit à la portée de tout le monde. C’est ainsi que quoiqu’informés de la déci­sion prise en leur défaveur, les habitants de Bokutu ne s’en sont pas préoccupés, estimant qu’elle était sans conséquence dans une af­faire réglée par la coutume. Pendant que les habitants de Bokutu croyaient dormir du sommeil des justes, ceux de Bosongumani ont pous­sé la justice à aller jusqu’au bout.

Et puisque la partie qui avait perdu le procès n’était pas allée en appel, il fallait passer à l’exécution du jugement, c’est-à-dire faire déguerpir les Bokutu de la portion de terre qu’ils occupaient désormais illé­galement Et c’est là que les Romains s’empoignèrent. Les machettes, les hanches voire les fusil de chasse sont sortis de toutes les cases, menaçant de mort tous les téméraires et blessant les imprudents qui refusaient d’entendre raison. La ba­taille étant devenue totale, les maisons en ont pavé le prix le plus élevé puisque quatre vingt d’entre elles ont été incendiées, le feu consumant en même temps, le peu de richesses que ces villageois possédaient.

Surpris par la tournu­re des événements, l’administrateur du territoire de Lisala, M. Liyete Ekrikiti Ekru­mete, se tourne aujourd’hui vers les autorités provinciales et nationales. Il sollicite une aide d’urgence pour secourir ses administrés (plus de quatre cents affirme-il) désormais démunis et demande également un concours pour engager les deux parties dans l’étape de la pacification des cœurs et des esprits.

(Milor/GM/TH)

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