Avocat sans frontières (ASF) Belgique, en collaboration avec le barreau de Kinshasa/Gombe, a ouvert, le vendredi 12 juin 2009, une boutique de droit ou clinique juridique. Ce bureau installé dans la commune de Ngiri-Ngiri, au croisement des avenues Kasa-Vubu et Birmanie, se veut un lieu où chaque citoyen peut recevoir des conseils juridiques gratuits, une orientation ainsi qu’un éclairage, a fait savoir Me Aurore Decarnieres, chef de mission d’avocats sans frontières.

Pour l’oratrice, force est de constater que l’arsenal juridique congolais actuel est non seulement volumineux, mais aussi mal connu. Une grande partie de la population ignore les lois et, par conséquent, ses droits et obligations.

Et pourtant, l’accès de la justice commence par la connaissance de ses droits. C’est dans ce contexte que sa structure, dans sa mission de contribuer à l’avènement d’un Etat de droit, au service des groupes vulnérables, a mis en place, depuis juin 2004, le projet boutique de droit.

Et ce, pour améliorer l’accès à la justice des populations vulnérables. Ces dernières doivent être informées sur leurs droits les plus élémentaires, orientées dans les démarches visant à cette reconnaissance afin de lutter contre l’arbitraire, les situations de non droit ou le recours à la justice privée. Pour réaliser ses objectifs, ASF/Belgique organise plusieurs activités dont les consultations juridiques à la permanence de la boutique.

Ceci a comme objectif de recevoir au moins 75 personnes par mois. Il y est aussi organisé des consultations lors des boutiques itinérantes, dans le but d’attirer les femmes aux consultations. Ces consultations itinérantes se déroulent principalement dans les lieux de culte ainsi que au Centre pénitentiaire de rééducation de Kinshasa (CPRK).

Toutefois, l’accès à une assistance comme indulgent n’est possible qu’à la suite d’une obtention de l’attestation d’indulgence. Attestation qui donnera accès à un avocat pro deo désigné par le barreau.

Pour Me Muanza Mbiye Tshipepela, bâtonnier du barreau de la Gombe, ce projet fait partie d’une obligation légale du conseil de l’ordre.

En effet, l’article 43 de loi organique énumère les attributions du conseil de l’ordre et précise qu’il organise un bureau de consultation gratuite en faveur des indigents et détermine les conditions de son fonctionnement.

Considéré hier comme auxiliaire de la justice, l’avocat doit s’assumer aujourd’hui comme partenaire et acteur de celle-ci. L’un des traits essentiels qui caractérise l’avocat est son indépendance, a souligné le bâtonnier Muanza. Or, être indépendant, c’est savoir déplaire à travers la vérité.

C’est dans l’esprit d’indépendance que les avocats qui vont se succéder dans cette boutique de droit devront rendre service aux démunies. Sans indépendance d’esprit et intellectuelle, il n’est pas possible d’aider les pauvres qui veulent connaître leurs droits.

Car la justice élève les nations conclut- il. Par ailleurs, il faut signaler cette boutique de droit est ouverte après celle du barreau de Matete ouverte, depuis 2008, dans la commune de N’Djili, en face des Eucalytus.

(CL/GW/PKF)

Le Potentiel