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Bonjour | 15/03/2010 14:11 | English Make DC Home page | RSS feed

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Suspecte répétition des incursions des soldats angolais dans les localités congolaises situées au-delà des frontières communes entre la RDC et l’Angola, incursions à chaque fois suivies de retrait des envahisseurs, de sorte que se pose dès lors la question sur les intentions de la partie angolaise

La République Démocratique du Congo, pla­cée au centre du continent africain avec seule­ment une petite bande côtière de 30 km sur l’Océan Atlantique, est sans doute le seul pays au monde qui partage une frontière commune avec 9 pays. Cette situation particulière lui im­pose évidemment une ligne de conduite. Celle-ci consiste d’abord à entretenir avec tous les Etats voisins des rapports de bon voisinage qui soient marqués par le respect mutuel de la souverai­neté et de l’intégrité territoriale. Elle l’oblige ensuite à disposer d’une armée solide capable, le cas échéant, de défendre efficacement les fron­tières nationales.

C’est d’ailleurs sur ces deux aspects que se focalise la politique extérieure de la RDC en vue de développer, en premier lieu avec ses voisins et en second lieu avec le reste du continent et du monde, une coopération la plus vaste possible.

Tous des pays frères

Autre raison, et non des moindres, qui pousse la RDC à vouloir vivre en bons termes avec ses voisins c’est que de part et d’autre de ses frontières vivent des popu­lations qui depuis des siècles portaient le même sang et la même culture. Aussi aime-t-elle les appeler des pays « frères » en raison jus­tement de ces liens de con­sanguinité qui unissent ses propres populations à celles des pays qui l’entourent.

Liens de consanguinité, liens de fraternité, y a-t-il éléments plus solides que ceux-là qui puissent pousser les Etats frontaliers à vivre dans la concorde et en par­faite harmonie? Certaine­ment pas. Donc, normale­ment la RDC ne devrait avoir aucun problème de coexis­tence avec chacun de ses voisins. Même si, comme dans toute famille, des dis­putes peuvent surgir de temps en temps, lesquelles disputes ne peuvent cependant pas conduire à la rup­ture des liens que l’histoire a tissés durant des siècles.

Le Congo-Brazzaville, la Centrafrique, le Soudan, le Rwanda, le Burundi, la Zambie, la Tanzanie, l’Ouganda et l’Angola ont chacune et chacun avec la RDC une histoire commune héritée soit de l’histoire soit de la colonisation. Leurs di­rigeants respectifs ne man­quent jamais de souligner ce fait, devenu au fil de leurs rencontres la référence par excellence. Et il est tout à fait compréhensible que cer­tains, plus que d’autres, s’en prévalent pour justifier telle où telle attitude selon les circonstances. C’est la position qu’adopte systéma­tiquement la RDC vis-à-vis principalement de l’Angola au regard de leur frontière commune longue de plus de 2.600 km, de loin la plus lon­gue parmi toutes celles qui séparent notre pays de ses voisins.

La Rdc constate dans son devoir de solidarité

Au-delà de ce que les historiens et les chercheurs ont mis en évidence dans leurs ouvrages et travaux à propos des étapes ayant con­duit à la formation des Etats respects de l’Angola et de la RDC, il convient de se rappeler que tout au long de son existence en tant qu’Etat indépendant et souverain, la RDC a toujours considéré comme un devoir sacré de se montrer solidaire vis-à-vis du peuple angolais, surtout au moment où celui-ci se trouvait en lutte pour sortir du joug du colonialisme por­tugais.

Des années durant, des dizaines de milliers de res­sortissants angolais ont vécu en RDC, à ­l’abri des brimades des forces de répression portugaises, comme s’ils se trouvaient dans leur propre patrie, tandis que les mou­vements de libération ango­lais, sans distinctions ont reçu un soutien massif de la part du gouvernement rd.congolais.

Même après l’acces­sion de l’Angola à l’indépendance, la RDC n’a cessé de se montrer attentif aux be­soins du jeune Etat dans dif­férents domaines. Pendant ce temps, les Angolais qui, pour des raisons diverses, n’ont pas pu ou pas voulu retourner dans leur pays d’origine, continuent jus­qu’aujourd’hui à séjourner en toute tranquillité en RDC.

Bien plus, alors que l’Angola était encore à la recherche de sa stabilité, la RDC n’a jamais songé un seul instant à profiter de cette circonstance pour s’emparer ne fût-ce que d’un seul pouce du territoire angolais. Parce que tout simplement il  n’est jamais entré dans les inten­tions de Kinshasa d’agrandir son territoire au détriment de qui que ce soit.

Certes, la guerre civile qui s’était malheureusement installée dans ce pays avait envenimé un moment les relations entre deux gouvernements à cause de l’appui que feu le maréchal Mobutu était soupçonné  d’apporter à l’Unita de Jonas Savimbi alors en guerre contre le MPLA au pouvoir.

Mais, depuis Mobutu ayant déjà quitté le pouvoir avant de mourir au Maroc et Savimbi ayant été tué dans son maquis, la Rdc et l’Angola ont eu toutes les raisons du monde d’oublier ce triste épisode pour reprendre le train normal de leurs relations de fraternité. L’avènement au pouvoir de l’Afdl, au succès duquel par ailleurs l’Angola a largement contribué, tout comme par la suite il a fortement contribué à sauver le régime rdcongolais des hordes rebelles instrumentalisées par le Rwanda, sont là des indices qui permettent d’affirmer qu’aucun nuage ne planait sur ces relations.

Or, que voit-on ? Comme si l’Angola voudrait démontrer son nouveau rang de puissance régionale, il envoie de temps en temps ses soldats occuper certaines parties du territoire congolais et s’installer comme en pays conquis. Des localités entières du territoire de Kahemba qui passent en un rien de temps sous occupa­tion angolaise en février 2007, les villages Sava Ina et Kuzi dans le territoire de Mbanza-Ngungu qui subissent le même sort en mars 2009. Après un premier retrait de ces villages, une nouvelle oc­cupation de Sava deux mois plus tard, localité que les sol­dats angolais ont quitté seu­lement le dimanche 7 juin dernier. Voila comment l’An­gola se comporte vis-à-vis d’un pays avec lequel il en­tretient officiellement d’excellentes relations.

Doit-on comprendre par là qu’aux yeux du gouverne­ment de Luanda les sacrifi­ces consentis par le peuple congolais au profit du peuple angolais en lutte ne représen­tent rien du tout? Ou alors que le gouvernement ango­lais, après avoir ruminé les déboires que lui auraient causés le régime Mobutu à travers son soutien supposé à Jonas Savimbi, estime que l’heure de sa vengeance a sonné, maintenant que le rapport de force penche net­tement en sa faveur?

(DN/Th/GW/Yes)

Bondo Nsana/Salongo



Last edited: 13/06/2009 14:06:10

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