Après un long séjour en Europe, l’artiste musicien Pytshens Kambilo séjourne à Kinshasa pour la promotion de son prochain opus «To loba vérité» dont la mise dans les bacs est prévue en septembre 2009. «A cheval entre l’Afrique, l’Europe et l’Amérique, je suis actuellement à Kinshasa pour annoncer la sortie de mon prochain album « To loba Vérité » et également présenter le Prix Sacem 2009 de la création et la composition originale obtenu au Festival Tremplin Jeunes talents organisé par le Centre de la chanson à Paris », a-t-il déclaré au cours d’une conférence de presse animée le samedi 6 juin à l’Espace Eza Possible situé dans la commune de Lingwala.

Pytshens Kambilo a tenu à revenir au lieu de ses débuts en musique, afin de se faire connaître du public. «Il y a beaucoup d’artistes congolais bien connus à l’étranger, mais méconnus au pays. C’est le cas de So Kalmery qui marche à merveille en Europe, mais totalement ignoré à Kinshasa, ou encore Ray Lema, parce qu’ils ne font pas la musique jouée à Kinshasa ». Après Kinshasa, il doit se rendre à Matadi et aussi à Brazzaville où il pourrait se produire en concert.

L’album «To loba vérité» comprendra au total 15 titres et sortira sous le label Uncovers Music Limited basé à Londres, en Angleterre. Lors de cette rencontre avec la presse, Pytshens Kambilo a présenté l’extrait de cet album à venir dans un coffret de six titres, dont Ndoa le titre phare, Subalay (parlant de la prolifération des églises), Lulendo, N’a (Maman en langue bambara), Mobei (routes), et Nemano (conflits). Ndoa n’est pas seulement une chanson, c’est une langue que Pytshens a inventée, un mode d’expression, certes du domaine linguistique, mais d’abord comme toute œuvre d’art laissée à la portée du public. «J’ai été inspiré d’inventer un mode d’expression où je me sentirai libre de dire des choses que je n’arriverai pas à dire avec des mots des langues connues.

Le Ndoa est tiré de mon imaginaire». Le Ndoa est donc l’expression du ras-le-bol de l’artiste, sa révolution par rapport à la musique congolaise de Kinshasa truffée des dédicaces (mabanga) et autres quolibets. Outre le Ndoa, Pytshens chante en swahili, lingala et bambara. Parlant de son style de musique, Pytshens Kambilo a trouvé la définition ; c’est le Ram (rythme afro métissé). Présent à la conférence de presse, le musicien Jean Goubald Kalala a eu quelques mots : «Je suis heureux de constater qu’un jeune musicien de Kinshasa a une vision. Il amène une énergie, une langue. C’est plus que des notes de musique, auxquelles il donne des syllabes et il parle sans contrainte, avec le cœur. Pitshen est un coeur ».

C’est en duo avec la chanteuse Gaëlle Cotte qu’il a remporté le Prix Sacem 2009 de la création et composition originale au Festival Tremplin Jeunes talents organisé par le Centre de la chanson à Paris. Pytshens Kambilo avait interprété un tube de Maxime Le Forestier, qui lui a valu ce prix. Grâce à ce Prix, les deux artistes participeront à des festivals en Europe à partir du mois de septembre prochain. Le premier spectacle du duo est programmé le 26 septembre en Belgique. Par ailleurs, les deux artistes vont en enregistrer un album de plus de 10 titres.

Guitariste, auteur-compositeur et technicien de son, Pytshens Kambilo est ancien d’Eden Musica de la commune de Lingwala. Il a été attiré par la musique de recherche, se retrouvant à côté des guitaristes Jean Goubald Kalala, Do Akongo. Il a collaboré à plusieurs albums à Kinshasa. Ensuite, il s’est envolé pour l’Europe où il a travaillé avec des musiciens d’ailleurs (Liban, Japon, Gabon, etc.). Cela lui a permis de parfaire son propre style de musique. En 2006, il a sorti un Cd de 8 titres intitulé «Kobanga te» (n’aies pas peur en lingala).

(Milor/BT/PKF)

Martin Enyimo/Le Potentiel