Le vice-premier ministre en charge des besoins sociaux de base, Nzanga Mobutu, a donné le samedi 6 juin 2009 le coup d’envoi des manifestations commémoratives du cinquantenaire du nucléaire en République démocratique du Congo.
C’était au nom du président de la République, Joseph Kabila, sous le haut patronage duquel se tiennent ces manifestations qu’organise le ministère de la Recherche scientifique. Cadre choisi : les installations du Commissariat général de l’énergie atomique (CGEA)/Centre régional d’études nucléaires de Kinshasa (CREN-K.)
Au programme de ces manifestations figurent plusieurs activités organisées du 6 juin 2009 au 6 juin 2010 et comprenant un colloque national sur les applications nucléaires en République démocratique du Congo, cinquante ans après.
Sont également prévus des cours nationaux et régionaux avec la participation de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) et de l’AFRA, un deuxième colloque international sur l’utilisation de l’énergie atomique à des fins pacifiques en Afrique ainsi que la pose de la première pierre du Centre national de radiothérapie.
Situant l’histoire de l’uranium congolais, le ministre de la Recherche scientifique, Joseph Lititiyo Afata, a indiqué, dans son discours de circonstance, que c’est en 1939 qu’il avait été mis à la disposition du gouvernement américain, par l’ex-Union minière du Haut Katanga (UNHK), pour les premières expériences d’Enrico Fermi sur la fission contrôlée.
«Le 6 juin 1959, la République démocratique du Congo, alors colonie belge, avait procédé au lancement d’un réacteur nucléaire de recherche TRIGA MK 1 à Léopoldville (aujourd’hui Kinshasa : Ndlr) », a rappelé le ministre Lititiyo Afata, soulignant que cela démontrait à suffisance que le monde pouvait compter sur la RDC. Il a, par ailleurs, fait valoir que le réacteur de recherche peut contribuer au développement de la RDC grâce à l’application de l’énergie atomique. Qui, a-t-il relevé, offre beaucoup de possibilités par rapport à d’autres applications.
Enfin, après avoir rappelé la décision du gouvernement central d’effectuer des travaux sur le site du Commissariat général à l’énergie nucléaire/Centre régional d’études nucléaires de Kinshasa, le ministre a précisé que ces travaux visent la réhabilitation du TRIGA MK II. « Ils contribueront aussi à accroître la sûreté et des populations environnantes », a-t-il renchéri.
Auparavant, le commissaire général à l’énergie atomique, le professeur Vincent Lukanda Mwamba, avait rappelé le rôle joué par le Congo durant la période initiale de l’énergie atomique. «Le premier réacteur atomique qui a fonctionné dans le monde, au stade de football de Chicago (Etats-Unis) fut construit avec l’uranium qui venait de la RDC », a rappelé le professeur Lukanda. Malgré elle, a-t-il noté, la RDC se voyait ainsi associée à la grande histoire de l’énergie atomique.
Evoquant les cinquante ans du nucléaire en RDC, le professeur Lukanda a fait observer que durant ces années, le développement de l’énergie atomique dans ce pays a connu une évolution rapide et des transformations profondes.
Le personnel scientifique est passé d’un pilote en 1959 à 56 chercheurs, dont treize docteurs en sciences, cinquante trois techniciens et soixante-huit agents administratifs en 2009. Sans compter le nombre des publications qui a atteint aujourd’hui plusieurs centaines.
(CL/PKF)
Le Potentiel