La controverse autour de l’apport des intellectuels congolais dans le processus du développement du pays revisitée par le Prof. Mukuna Samulomba de la communauté de la diaspora congolaise de basé en Italie, une pertinente analyse sur cette question d’intérêt national évident
Le Congolais Mukuna Samulomba Malaku, professeur de Sociologie de la Sécurité Sociale et des matières criminelles (Criminologie Générale, Criminalistique et Victimologie) à l'Université d'État de L'Aquila en Italie, est un attentif observateur des événements au pays et dans la région. Cette ville de résidence en Italie centrale est une cité essentiellement universitaire récemment et lourdement frappée par un séisme de grande magnitude qui a fait de centaines des victimes, et détruit les principales infrastructures. Sa reconstruction est estimée par le gouvernement italien à quelques 10 (dix) milliards d'euros. (www.scienzeinvestigazione.it au link : avvenimenti et prof. Mukuna).
Le compatriote Mukuna s’était déjà fait remarquer dans le passé par de pertinentes analyses des événements notamment à l'occasion du 44e anniversaire de l'assassinat de Lumumba, 4ème de feu Mzee L. D. Kabila, de même que dans un débat tout aussi remarquée dans les salons intellectuels de Kinshasa peu avant les élections de 2006 autour desquelles il avait émis une profonde réflexion publiée par Digitalcongo.net dans sa livraison du 06/02/2005.
Docteur en Droit, ès Sciences Politique et Spécialiste en Droit Européen de transport intermodal, Prof. Mukuna Samulomba Malaku (samulomba@yahoo.it Céllphone:+39.348 80 39 335) est, en outre, avocat en Italie. Il est membre actif dans la communauté congolaise de la diaspora en Italie où il s’est illustré depuis 2001 comme principal animateur et inspirateur dans la promotion et la constitution de l'unique formation sociale à vocation nationale qui réunit les Rd Congolais résidant en Italie. Il s’agit de l’association dénommée «Union kino - Congolaise d'Italie pour la Paix et la Reconstruction » en sigle "UCIPR" aux destinées desquelles le professeur préside depuis sa constitution.
L'intuition singulière du professeur est d'avoir compris que les problèmes des pays africains sont censés trouver solutions pas nécessairement et même pas exclusivement au plan domestique, national. L'efficacité d'une éventuelle solution oblige les pays africains à agir par des actions transversales, mieux transfrontalières, c.à.d. continentales si pas panafricaines tout court. C’est dans ce cadre que le professeur Mukuna se retrouve co-fondateur du Conseil Mondial du Panafricanisme, en sigle CoMoPa. Il assure également en Europe la Vice-présidence de cette structure ainsi que le Secrétariat à la Mobilisation de la Diaspora panafricaine.
Au pays le professeur Mukuna s'efforce de constituer la première cellule du CoMoPa en RDC, en commençant par la ville de Kïsangani où il assure régulièrement des enseignements à la Faculté de Droit de l'Université de Kisangani, avec espoir de voir cet instrument africain et panafricain d'innovation de l'action de développement se consolider dans les milieux des décideurs congolais.
La réflexion contenue dans l’analyse que le professeur présente ci-après se veut une contribution à l'équilibre dans la répartition des responsabilités sur la faillite manifeste du développement de la RDC. Elle n’est nullement une apologie d'une classe sociale (celle des intellectuels, les vrais!) face aux injustes accusations qui lui sont lancées. Elle n’est pas non plus un acte d'accusation contre qui que ce soit, mais un acte "du" posé dans un esprit de dialogue.
Du jugement de l’intellectuel congolais
De temps en temps, parlant des tragédies qui frappent notre pays, la RDC, les médias ont pris coutume de divulguer, dans l'indifférence généralisée, des choses choquantes sous d'autres cieux. Référence faite ici, par exemple, au jugement et à la considération donnée aux intellectuels congolais qui ont eu l'unique tort de collaborer, de près ou de loin, avec les pouvoirs de Léopoldville à Kinshasa aujourd'hui.
Je me réfère au fait de la répétition que tous les maux que connaît notre pays seraient le fait des intellectuels congolais. Du moins des intellectuels qui ont côtoyé de près ou de loin les pouvoirs, mieux tous les pouvoirs qui se sont succédé à la tête de notre pays depuis l'indépendance... La dernière de la longue litanie de ces révélations instillées de manière instrumentale, a pour cible feu Jean de Dieu Nguz-A-KarI-I-Bond, plusieurs fois Premier commissaire d'Etat de feu Maréchal dictateur Mobutu. L'auteur de l'article concerné a défini comme «...rien d'autre que le feu follet et/ou, potiche dans les mains de son patron, feu le maréchal d'Afrique et ce, malgré eut- il été bardé de tous les diplômes universitaires....».
Partant de cette affirmation, l'auteur déduisait que «les maux de la RDC seraient causés par les intellectuels». Au point d'insinuer que ces intellectuels constituaient pratiquement une classe inutile, incapable d'œuvrer pour le développement du pays, un monde à l'envers car impossible à n’entrevoir nulle part ailleurs sur cette terre des hommes, sauf en RDC.
D'entrée de jeu, disons-le clairement, une telle affirmation est fausse et même instrumentalement déroutante, antimoderne et anti-lumière... L'expérience folle vécue en fin du vingtième siècle au Cambodge des Pol Pot et autres Kieu Samphan est là pour témoigner de la bonté de notre intuition. Débarrassée de la manière que tout le monde connaît de sa classe intellectuelle et moyenne, scolarisée, ce pays de l'Asie a plongé dans un obscurantisme féroce et moyenâgeux qui lui a causé jusqu'à nos jours une régression dont il a encore du mal à se ressaisir ....
C'est cette thèse, sujette à de dangereuses manipulations qui m’a conduit à écrire cet article pour réfuter toute thèse dangereuse contraire à toute raison normale universellement répandue. Afin de dire une fois pour toutes et à qui veut 1’entendre « NON ». Ce n’est pas ainsi qu'il faut poser la donne des responsabilités d'un développement manqué dans notre pays. Car, le rationalisme nous a habitués à faire la part des choses et « à rendre en d'autres termes, à César ce qui est à César et à Dieu, ce qui est à Dieu… »
Avant de ressasser les différents modes d'expression de cette faculté dans l'histoire de notre pays, je dois d'entrée de jeu préciser l'étymologie même de l'"intellect" qui. selon les dictionnaires les plus répandus à commencer par le bon "Petit Robert", est défini comme « faculté ou capacité de connaître, de comprendre également ». Donc, le groupe d’individus qualifiés d’intellectuels dans une société et/ou dans un pays se caractérisent par le fait de privilégier les choses de l'esprit, de l'intuition, de la créativité surtout sur le plan conceptuel.
De ce qui précède, il ressort que le fait de couler leurs intuitions et entendements dans l'action politique n'incombe nécessairement pas aux intellectuels et, sans vouloir faire apologie de cette catégorie qui n'en a pas besoin, dans notre pays depuis l'accession à la souveraineté internationale.
Du colonialisme, cécité historique ou de la courte mémoire des Congolais
La définition de l’intellect que nous avons donnée un peu plus haut démontre, si besoin en était encore, que cette faculté est essentielle à la transformation du pays vers un dynamisme transformateur typique à tout processus de développement. Le reste est à reléguer au rang de simples supputations et ou élucubrations. En cette matière, il est tout à fait ahurissant que les Congolais soient ainsi frappés par une sorte de cécité historique et/ou de courte mémoire face à leur propre histoire.
Le colon belge, dans ce que je considère comme une valeur de la constitution coloniale forte de 4 (quatre) mots seulement avaient donné le ton dans leur : « PAS D'ELITE, PAS DE PROBLEMES !» et aucun congolais encore doté de bon sens et de la diligence d'un bon père de famille ne peut se payer le luxe de dire que le colon était le dernier des arrivés sur cette terre des hommes. Et pourtant, malgré le vécu sur leur propre peau, les Congolais semblent être frappés d'amnésie, état qui les amène à ne plus donner la place de choix aux intellectuels.
Contrairement à ce qui se passe sous d'autres cieux, la recherche de l'excellence est le pari de tous les gouvernements qui se succèdent à la tête de ces pays depuis toujours. L'exemple des pôles de l'excellence constitués dans les meilleures universités du monde en sont le témoignage le plus éloquent de cette approche certainement responsable et sérieuse de la manière de gouverner sans se perdre dans des recréations autrement improductives pour tout le monde.
L'histoire récente enseigne que le monde a été géré de manière bipolaire pendant toute la période de la guerre froide, et qu'il y avait donc une nette et précise division des mansions pour chaque continent. Le capitalisme sorti victorieux de la confrontation serrée avec le bloc communiste, en fait l'URSS et que l'économiste Samir Amin départage en central et en périphérique, a été une réalité tellement planétaire que l'Afrique, notre continent, n'en a pas été épargnée, en occurrence dans ses effets pervers. Parmi ces derniers, il faut classer l'état de non droit (substantiel!) qui a caractérisé les gouvernements du continent jusqu' à une époque très récente et qui dans certains cas, se perpètre même aujourd'hui encore à la barbe de l' écroulement du mur de Berlin,
Dans le cas d'espèce de la RDC, notre pays, ex Zaire, ce choix a échoué sur le colonel Mobutu devenu successivement Lieutenant-Général, Général de Corps d'armée, Maréchal d'Afrique, ainsi de suite.... La littérature aligne un parterre de ces dictateurs d'opérette mais pas moins historiques, et donc réels, allant dans le sens indiqué plus haut avec les Philippines de Ferdinando Marcos, l'Indonésie de Suharto, le Nicaragua des Anastasio Somoza, le Chili d'Augusto Pinochet, le Paraguay d'Alfredo Stroessner, l'Argentine du Général Jorge Videla, le Venezuela de Carlos A. Peres, ...et plus proche de nous, la Centrafrique de feu l'empereur Bokasa Ier, l'Ouganda du Field maréchal Idi Amin Dada, la Bolivie de Hugo Panzer, l'Haïti des Duvalier (Papa Doc, fils et leurs divers tontons macoutes), le Soudan de l'époque de Jafaar El Nimeiry, le Malawi de Hastings Kamuzu Banda, etc., pour ne citer que ceux - là.
Toutes ces sentinelles du capitalisme prédateur dans leurs pays respectifs s'identifiaient à eux seuls à tout le régime en place dans leurs pays. C'était bien l'époque des régimes à homme seul, véritable père et patron de son pays et rien d'autre. Ils pouvaient toutefois de temps à autre se faire accompagner par quelque chose ou par quelqu'un, mais aucun changement de donne ne pouvait s'opérer en profondeur; une simple opération de maquillage et un point. «Jouant du paroxysme, on peut tranquillement dire qu'ils pouvaient même se faire accompagner, à l'heure de l'apogée des leurs splendeurs, même par un cochon mais ce n'est pas pour autant que ce cochon ait responsable de l'échec de leur action de gouvernement. Et, l'analogie peut très bien, mutatis mutandis, s’appliquer à la condition des intellos cooptés dans les différents gouvernements coiffés par ces dictateurs; donc à chacun, le sien...! ».
De ce qui précède, la question à nous poser en ce moment est la suivante: «...0ù trouve-t-on, en ce mécanisme pervers de gouvernement du monde de l'époque, la responsabilité des intellectuels, alors qu'à l'éparque la plupart d'entre eux moisissaient dans les geôles de leurs bourreaux de dictateurs sanguinaires et stipendiés par le capital international; alors qu'en d'autre termes, l'habeas corpus ne leur était pas assuré ?». Ci-gît le dilemme congolais qui, bon gré ou malgré, se traduit par confondre tout et tout le monde dans une sorte de macédoine propre à la mentalité congolaise.
Le processus moderne depuis la révolution française nous impose par contre de procéder méthodiquement par une sorte de doute méthodique, mais pas moins salutaire, et surtout d'avoir des idées claires et distinctes sur qui a fait quoi, et pourquoi cela est advenu de la sorte et d'autre manière? Je comprends que cette approche est un processus long et laborieux, une conquête même. Mais, comment peut-on prétendre de s'y atteler en donnant injustement et aveuglément au dos des intellectuels, acteurs incontournables sans lesquels l'époque de l'obscurantisme et de l'opacité médiévale dans la gestion de la chose publique s'éterniserait dans notre pays ? Dommage!
Autant des questions qui souvent restent sans réponse mais n’interpellant pas moins tout le monde, des gestionnaires et mandataires de la chose publique jusqu’au simple citoyen, employé dans la plus petite Commune de notre pays. Le jour où cette prise de conscience deviendra réalité, l'espoir de voir décoller notre pays vers des horizons de justice, d'efficacité et de droit pour tous, commencera à être appréhendé comme vrai et pas avant.
L’après indépendance égale avant l’indépendance du Général Janssens ou la continuité avec l’époque coloniale !
De la constitution coloniale faite de quatre mots tels qu'indiqués un peu plus haut, les choses ne se sont pas améliorées à l'époque postcoloniale. Les mêmes causes produisant les mêmes effets, cette époque est marquée par une sorte de continuité dans l'exercice qui consiste à fouler aux pieds tout ce qui a rapport avec l'intellectualité active et créative. Tout porte à croire qu' il y a une ligne précise informée à ne pas laisser l'intellect constructif du Congolais s'exprimer librement et se mettre à l'application pour transformer les mentalités congolaises, en leur donnant la positivité, la socialité et donc la « constructivité ».
Faibles parce que n'agissant pas à la lumière du soleil (et pour cause !), les forces obscures avaient mission et/ou compétence de systématiquement tout étouffer et d'empêcher, ce faisant le pays, mieux la région, à décoller vers les horizons meilleurs, contrairement à ce qui s'est produit dans toutes les autres régions du monde entier, notamment dans le Sud-Est asiatique avec l'Inde, la Chine vers où nous courrons et qui a dû nécessairement passer par sa propre révolution culturelle, en payant le prix le plus fort de son développement, même le Brésil, etc.
De ce qui précède, il découle que malgré 1es tergiversations, la RDC, pour se développer véritablement, est condamnée à passer par une révolution culturelle propre et d'envergure. Tout cela va se vérifier, mieux ce sera dans l'intérêt supérieur de toute la Nation congolaise. L'esprit de la modernité, de la responsabilité et même de la créativité agissante ne lui tomberont certainement pas du ciel et ne pourront pas naître par génération spontanée.
C'est une conquête dont le prix à payer est certainement très élevé et fruit des choix courageux, intelligents et désintéressés des dirigeants de notre pays, accompagnés et assistés alors par tout le monde, à commencer bien sur par ceux qui sont les dépositaires des know how de diverse typologie, diverse profondeur et/ou nature, et donc des membres de l'intelligentsia. Loin de moi tout esprit, suranné et inopportun, d'élitisme ou de discrimination !
Sans se faire apôtre d'un technicisme unidimensionnel, il est toutefois ici question de prendre son courage à bouts de bras, pour affirmer que dire tout haut ce que le monde entier pense tout bas, en occurrence que la RDC n'échappera pas à cette démarche telle qu'exposé un peu plus haut.
De la vraie question ou de la « sublata causa, tollitur effectus »
A chaque mal, il y a toujours un remède. Et dans le cas d'espèce, ce remède est dans l'apprentissage d'une approche imbibée d'humilité, de responsabilité et d'intelligence qui porte à s'asseoir autour d'une même table, à éviter la pratique des politiques de l'autruche et de prendre sans concession des mesures qui s'imposent. Parmi ces dernières, il y a lieu d’en énumérer quelques unes pour aider à avancer :
a) Donner comme un fait acquis qu'il n'y aura jamais de vrai développement (dans le sens moderne) dans notre pays sans la revalorisation de la condition des professionnels de l'intellect. C'est à cette condition et là seulement que ce pays pourra devenir compétitif dans un univers devenu nécessairement complète, sélectif, et nécessitant donc une véritable maîtrise des données techniques et technologiques, pour gérer de manière moderne, efficiente tous les rouages d'une administration et du monde de la recherche du pays;
b) Récupérer dans la coopération avec d'autres pays les plus avancés notamment la centralité de la dimension humaine et du savoir popularisé. En d'autres termes, l'investissement primaire à faire est celui sur la formation académique d’une véritable élite intellectuelle de qualité dans notre pays, et au besoin, dans les pays partenaires au développement de 1a RDC.
A ce propos, tout le monde sait très bien le dicton anglo-saxon qui clame que «Business is business»; mais sans une classe intellectuelle patriotique et capable, tout est voué à l’échec ...D'autant plus que les expériences de par le monde orientées à gérer un pays comme une entreprise de surcroît commerciale ont montré suffisamment leurs limites et ne peuvent en aucun cas être mécaniquement appliquées à la RDC, sans arriver aux conséquences simplement dramatiques... et apocalyptiques.
c) Inverser l’équation, donc en mettant la personne humaine au centre de toutes les activités de gouvernement, en favorisant l'émergence des valeurs intrinsèques et même ontologiques de l'être humain : l’alfa et l’oméga de toutes les activités. Et là, il ne s’agit pas des êtres humains, indéfinis et massifiés, mais de chaque être humain sans distinction comme récite l’art. 3 de la bonne Constitution italienne de 1948 toujours en vigueur, en son alinéa 2 : tous les êtres humains égaux devant la loi « sans distinction de sexe, de race, de langue, de religion, d'opinions politiques, des conditions sociales ou personnelles »;
d) Faisant la transposition, toute proportion gardée, sur notre continent, la Charte africaine de Droits de l’homme et des peuples ne dit pas autre chose. Unique instrument régional à avoir précisé que les droits sont l'apanage des hommes mais également des "peuples" et cela en vertu de l'ampleur de la négation des ces mêmes droits à des pans entiers des populations africaines in toto. C'est cet esprit qu'une bonne gouvernance, assistée par une bonne intellectualité, est appelée à mettre en acte dans notre pays, le tout dans l'intérêt supérieur et rien que supérieur de toute la Nation congolaise, une et indivisible, etc.
Le chemin sommairement décrit un peu plus haut porte tout droit vers l’élimination des obstacles et/ou limites à l’épanouissement des qualités intrinsèques de tous nos compatriotes et des membres de l'intelligentsia, pour se mettre au service de la Nation et rattraper la dynamique de développement endogène qui autrement risque de nous échapper définitivement. Parodiant en cela les anciens romains qui disaient et à juste titre: «Sublata causa, tollitur effectus », en traduction, il est question d’éliminer la cause pour que l’effet puisse tomber de lui-même, et à bon entendeur, salut !
Considérations d’ordre conclusif ou un discours/débat plutôt ouvert
En évitant, bien sûr, tout quiproquo sur la nature de développement qui ne peut qu’être propre à chaque Nation, force est de constater qu’en cette matière, la RDC n'invente rien et ne découvre que de l'eau chaude. D’autres pays appartenant aux différentes civilisations juridiques de ce monde nous ont déjà précédés dans l’entreprise, et ce n’est ni un crime ni une honte que d’aller lire l'iter (chemin) par eux suivi pour arriver à assurer à leurs populations un minimum de vie décente et digne d’êtres humains tout court.
C’est d' ailleurs une manière beaucoup plus efficace de prévenir des conflits récurrents auxquels notre pays est soumis depuis son accession à la souveraineté nationale et internationale. Et pour ce faire, le remède réside nécessairement dans l’élimination à la source des causes de ces conflits que la littérature mondiale jouissant d’une incontestable autorité identifie en premier lieu dans l’ignorance qui porte aux acteurs de la gestion hiérarchisée de la « res publica » à ne pas toujours voir un peu plus loin que le bout de leur nez, et c’est là le dommage !
La vérité est que notre pays n’a jamais connu depuis l’indépendance un gouvernement de véritables intellectuels. Le cas du Collège des Commissaires Généraux de l’immédiat après indépendance corroborant cette thèse est une exception qui confirme la règle dans un sens comme dans un autre. D'une part, il constitue la prévue qu'il ne suffit pas d'un ramassis d'intellectuels pour clamer que la responsabilité de l'action gouvernementale en positif et/ou en négatif incombe à ces gens et de l'autre, il est la démonstration palpable que lorsque le régime est à la dimension d'un seul individu, puisse - t- il avoir la science infuse, le résultat au finish est toujours et nécessairement négatif pour l'ensemble des citoyens de ce pays qui auront eu le malheur d'être gouvernés de la sorte. Les exemples abondent dans ce sens dans l'histoire récente.
En conclusion, il nous est aisé d’affirmer d’avoir pu contribuer à l’avancement du débat en matière des responsabilités. Oui, responsabilités non des intellectuels congolais dans la descente aux enfers de la RDC, notre pays. Ceci d’une part. Et d’avoir pu, d’autre part, mettre en exergue qu’abstraction faite de toute idéologie (capitaliste ou communiste), tous les régimes politiques sérieux ont eu à faire nécessairement recours à leurs intellectuels pour développer leurs pays respectifs, en rendant ces derniers alors vraiment incontournables. Ceci justifie la place de choix accordée aux universités bien soignées, entretenues et/ou bien maintenues et à l’école en général, aux politiques de l’alphabétisation tous azimuts menées pour rapprocher les milieux ruraux (campagnes) et les milieux urbains en matière des savoirs de tout acabit, en harmonisant de la sorte leur élan commun vers un développement harmonieux, équitable et intégral.
Ce faisant, il y a eu un saut de qualité dans le changement des mentalités et dans la prise de conscience, dans l’approche des problèmes et, par conséquent, des solutions présumées à apporter à ces mêmes problèmes. De ce point de vue, la RDC qui tarde à reconnaître la bonté du processus de modernité que l’Europe a vécu dans les années à cheval de la révolution française de 1789 et surtout, mutatis mutandis, de s’en approprier, n’échappera pas à cette évolution sinon du développement réel et pas apparent dont elle entend s’occuper. Voici un des défis réels à relever par la RDC.. .. et à bon entendeur, salut !
Ce sont ces politiques qui, en fin des comptes. ont porté les pays qui les ont appliquées à un véritable développement que les Congolais leur envient en se résolvant à la fuite des cerveaux qui n'est qu'une des phénoménologies du malaise, mieux du mal de vivre que connaît actuellement notre pays, et interpelle immanquablement tout Congolais digne de ce nom, et en particulier, quiconque de devoir.
Dans l’attente, il serait hors norme de terminer cette analyse par une fermeture de la boucle. La complexité de la situation conseille de laisser ouvertes plusieurs fenêtres pour d'éventuels et ultérieurs enrichissements et approfondissements de ce travail par des collègues et/ou d'autres penseurs qui ne font certainement pas défaut dans le firmament de notre univers académique, étatique et/ou de la société civile tout court.
Prof. Mukuna Samulomba Malaku
samulomba@yahoo.it
Cellphone: +39.348 80 39 335.
Last edited: 06/06/2009 13:00:56