Une enquête conjointe Alternatives africaines et l’Ong Contre la vie chère révèle que la grande majorité de la population congolaise de la capitale Kinshasa subissent durement les effets de la crise financière qui a fortement aggravé le coût de la vie
Selon cette enquête, les nouvelles victimes de la crise se rencontrent en priorité auprès des ceux qui exercent dans le secteur informel (80%), s’estimant désormais directement touchés. En revanche, ceux qui sauf dans le secteur des services, dirigeants de petites entreprises individuelles (cabine téléphonique, terrasse, salon de coiffure, boutique, etc.), plus nombreuses désormais, estiment que leurs « affaires » sont « directement touchées » (60%).
En hausse !
Cette perception de la crise bride les intentions de dépenses des Kinois et des dirigeants de petites affaires, voire des grandes entreprises, souligne l’enquête. Dans leur ensemble, les Kinois demeurent massivement préoccupés par leur pouvoir d’achat, dont 84% estiment qu’il se « détériore dangereusement à la suite de la crise du franc congolais ».
« Ces scores sont en hausse par rapport au premier trimestre de 2009, et leur ampleur demeure particulièrement singulière », souligne l’enquête. La valse des prix sur le marché se poursuit irrésistiblement en dépit de la relative reprise du franc congolais sur le dollar sur le marché de change. Alors que sur le marché de change, la parité est passée de 870 Fc contre 1 dollar à 780 Fc contre 1 dollar, actuellement, les prix des biens et des services suivent le chemin inverse.
Chaque jour qui passe, les Kinois observent, impuissants, la flambée des prix, notamment ceux des denrées alimentaires.
Ainsi, 53% des personnes interrogées envisagent de « dépenser moins » qu’auparavant, en particulier les employés, les ouvriers, les artisans-commerçants et les travailleurs à leur compte. Pour leur part, les dirigeants d’entreprises souhaitent toujours massivement contracter leurs dépenses, 83% envisageant de limiter leurs dépenses de fonctionnement, 58% de réduire les budgets de communication, en 53% les recrutements.
On épinglera le cas de la MIBA, où l’on a annoncé la semaine dernière un train de mesures de compression budgétaire. Dans beaucoup de ménage, certains enfants n’ont pas pu achever l’année scolaire en cours jusqu’au 2 juillet pour scolarité non payée.
Dans les quartiers de la périphérie, on observe un net recul de la scolarité des flues... Cette enquête a été effectuée du 10 au 20 mai auprès d’un échantillon de 1.003 personnes représentatif de la population kinoise âgée de 18 ans et plus.
(DN/Milor/GW/Yes)
Tony Nganga/Le Soft International