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Gouvernement : Adolphe Muzito sur le gril

Kinshasa, 05/06/2009 / Politique
Un nuage paraît brusquement interposé entre la Présidence de la République et la Primature : lue en filigrane, la dernière correspondance émanant du directeur de cabinet du chef de l’Etat au Premier ministre Adolphe Muzito révèle une évidente détérioration du climat de confiance entre les deux branches de l’Exécutif, au point que d’aucuns entrevoient déjà une démission imminente du premier des ministres.

Les grands titres des quotidiens parus ce vendredi dans la capitale congolaise corroborent les rumeurs de plus en plus répandues sur l’imminence de l’éviction d’Adolphe Muzito de son poste de Premier ministre.

Ces rumeurs qui ont été par deux fois amplifiées par la radio française périphérique Rfi ont d’abord fait état, mercredi 3 juin, des mesures conservatoires que vient de prendre le président de la République dans le domaine des dépenses publiques. Ces mesures  édictent que « désormais tout ordonnancement des dépenses publiques devra, avant tout paiement, requérir l’autorisation préalable de Son Excellence Monsieur le président de la République. Il en est de même des plans de trésorerie ».


Pour Rfi, il n’y a point de doute possible : cette correspondance ne traduit ni plus ni moins que la démarche du président congolais qui serait motivée, affirme-t-elle, par « le souci majeur d’endiguer à très court terme les dérapages substantiels et répétés  des finances publiques et de la monnaie nationale observés au cours des derniers mois, lesquels seraient susceptibles de compromettre les engagements souscrits auprès des partenaires multilatéraux ».

Cependant une très large opinion n’opine pas du même bonnet quand elle situe cette correspondance dans la logique de l’imminence d’un remaniement du gouvernement à la tête duquel on ne retrouverait plus l’actuel Premier ministre. Cette même opinion rappelle à ce sujet que dans une récente interview qu’il a accordée au journal belge « Le Soir », le président Joseph Kabila avait évoqué la perspective de ce remaniement à l’horizon  du mois de juin en cours.

Ainsi, faisant un lien direct entre, d’une part, la lettre du directeur de cabinet présidentiel au Premier ministre, et de l’autre les rumeurs circulant sur ce remaniement, certains observateurs avertis expliquent la raison d’être de cette correspondance par la crainte de voir que, dans cette position d’expectative, des membres du gouvernement ne se mettent à inventer les prétextes les plus divers pour saigner les caisses de l’Etat. Pour tout dire, maints observateurs sont d’avis que cette correspondance constitue un désaveu à peine voilé exprimé contre Adolphe Muzito.

Tirant les leçons qui s’imposent du fait que le Premier ministre vient pratiquement d’être dépouillé de l’essentiel de ses prérogatives, les observateurs estiment que le chef du gouvernement doit démissionner avant qu’il ne subisse l’humiliation du vote d’une motion de censure qui plane au-dessus de sa tête telle une épée de Damoclès. Ceci est d’autant plus vraisemblable que les députés sont impatients de réactiver la motion d’interpellation à sa charge en la transformant en une motion de censure d’ici le 15 juin prochain, date arrêtée pour la clôture de la session parlementaire en cours.

La démission d’A. Muzito exigée à l’Assemblée nationale

Ce vendredi 5 juin, Radio France Internationale est revenue à la charge sur la démission de Muzito dans un large commentaire axé sur les différents aspects constitutionnels et politiques liés à cette sortie, vivement souhaitée du reste par une très large opinion, du Premier ministre du Palu.

Comme à son habitude, Ghislaine Dupont s’abandonne aux plaisirs de l’amalgame et du coq à l’âne au lieu de souligner les causes qui induisent l’éviction de l’actuel chef du gouvernement de la RD Congo Adolphe Muzito.

Et comme on pouvait s’y attendre, la journaliste française, très proche de l’Opposition congolaise, approuve d’un côté les raisons qui militent pour cette démission, mais elle brandit de l’autre le spectre de la rupture de l’alliance politique entre J. Kabila et A. Gizenga au cas où cette démission s’effectuerait de manière humiliante. On eût dit que Ghislaine Dupont se frotte les mains pour qu’une telle rupture d’alliance survienne !

Mais que pense la classe politique de la gestion des affaires par Adolphe Muzito ?

Plus d’un considère que cette gestion est plus que calamiteuse et les raisons ne manqueraient pas pour étayer cette accusation.

On fait observer d’abord l’incapacité de Muzito d’arrêter la dépréciation de la monnaie nationale et les tirs croisés qui entourent les décisions controversées autour de la gestion de l’Ofida à travers le partenariat avec le consultant américain Ctc ; ensuite il y a la constitution du cabinet de la Primature, un cabinet jugé plus qu’éléphantesque avec pas moins de 1.000 agents ! Ce qui fait dire à plus d’un que c’est du jamais vu dans ce pays depuis l’indépendance.

Cette mauvaise gestion est aujourd’hui l’opinion la mieux partagée par tout le monde. Si bien que les députés ont, au cours de la plénière de jeudi 4 juin proposé deux voies de sortie au Premier ministre. Soit qu’il démissionne de lui-même ; soit qu’il subisse les conséquences pouvant découler d’une motion de censure qu’ils s’apprêtent à déposer contre lui.

Le départ d’A. Muzito, un « hic » pour l’alliance J. Kabila -  A. Gizenga !

Adolphe Muzito est quasi assuré de perdre son poste un de ces quatre matins, de gré ou de force. Plutôt de gré que de force. Because. En effet, A. Muzito occupe la Primature à la suite de l’alliance politique qui lie le président Joseph Kabila Kabange au Parti lumumbiste unifié (Palu), suite au soutien que ce parti a apporté au premier au second tour de l’élection présidentielle de 2006.

Cette alliance a ainsi permis au Palu d’occuper la Primature à quatre reprises avec les gouvernements Gizenga I et II, et Muzito I et II actuellement. Faire démissionner Muzito de force n’entraînera -t-il pas la rupture de facto de cette alliance ? Cette question qui hante les esprits va trouver une réponse dans les heures qui viennent. Car les milieux proches de la présidence de la République laissent entendre qu’en ce moment même se déroulent des négociations avec le patriarche Antoine Gizenga et les émissaires du chef de l’Etat pour une sortie en douceur du Premier ministre Palu, de telle sorte qu’on n’aboutisse pas à une rupture de l’alliance.

(CV/DN/PKF)

C.V/MMC



Last edited: 05/06/2009 18:09:44

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