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Bonjour | 22/03/2010 12:41 | English Make DC Home page | RSS feed

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Le dossier Contrats chinois demeure au top de l’actualité congolaise au moment où le pays s’apprête à entrer, le 1er juillet dans le demi siècle de son indépendance, et le président Joseph Kabila a gagné déjà des points de confirmation de l’opportunité et de la viabilité du programme qui concerne lesdits contrats

kabilaLes contrats chinois sont bien sur la sellette et constituent l’enjeu de l’heure en RDC. En fait, on en est au point où l’Occident est bien obligé, à son tour, de « re-visiter » ses stratégies conçues par des Congologues occidentaux, des Congologues internationaux et des Congologues congolais ; leur expertise ayant fait flop ! En effet, cette expertise a organisé la liquidation de Lumumba, Kasa-Vuvu, Mobutu et M’Zee Kabila ; elle a échoué. Elle a monté des sécessions, des rébellions et même des agressions ; elle a échoué. Elle a suscité plus d’une fois le gel de la coopération ; elle a échoué. Elle a « armé » contre l’Autorité les ong de défense des droits de l’homme et de bonne gouvernance ; elle échoue.


Elle initie la fronde contre les contrats chinois ; elle est en train d’échouer. Au moment où le Congo s’apprête à entrer, le 1er juillet 2009, dans la cinquantième année de son indépendance, l’Occident ne peut pas ne pas se sentir interpellé…

Il est toujours bon de réfléchir après décompression étant donné que sous le feu de l’actualité, l’émotionnel l’emporte souvent sur le rationnel. Une dizaine de jours après le séjour de Dominique Strauss Kahn (DSK) en RDC, on peut maintenant, calmement, se demander pourquoi le Directeur général du Fmi s’est résolu à faire le déplacement de Kinshasa alors que le pays n’est pas en programme formel avec son institution. On sait qu’au cours de son séjour, deux dossiers ont focalisé l’actualité, donc l’attention du public : le non programme RDC-Fmi et les contrats dits chinois.

Certes, DSK a eu le courage de le dire à tous ses interlocuteurs, du Président de la République aux membres de la Commission Ecofin du Gouvernement en passant par les Présidents de l’Assemblée nationale et du Sénat ainsi que le Premier ministre : le Congo a besoin autant du programme formel, censé lui permettre d’atteindre le point d’achèvement grâce auquel il pourra bénéficier de la réduction sensible de sa dette extérieure, que des contrats chinois censés, eux, booster sa reconstruction. Certes, il en a appelé à la « re-visitation » de ces contrats pour éviter un nouvel endettement. Mais, il s’est abstenu de préconiser un débat général sur lesdits contrats, comme tentent de le faire depuis l’année écoulée bon nombre d’Opposants, au risque probable d’ouvrir la boîte de Pandore.

Un débat général sur la dette extérieure, contractée sous Mobutu, pourrait également être engagé, et là, des cadavres sortiront assurément des tiroirs ! On ne le dit pas assez : c’est pour cette dette-là que le développement du Congo est quasiment hypothéqué et toutes les perspectives d’endettement extérieur – peu importe qu’il soit chinois ou australien, péruvien ou nigérian, indien ou croate – sont maintenant floues ! DSK estime que les deux dossiers peuvent aller ensemble ; ce qui signifie, pour parler vrai, que les contrats chinois n’ont plus rien de « versets sataniques ». C’est la première victoire de Joseph Kabila.

Trop d’argent pour trop d’infrastructures ?

La deuxième victoire du chef de l’Etat est que le Fmi – devenu l’interface des gouvernements occidentaux et des institutions internationales d’obédience occidentale – accepte de voir la RDC s’endetter pour 6 et non pour 9 milliards de dollars américains. Y a-t-il fondamentalement grande différence entre les deux chiffres ? Oui ! Pour saisir cette différence, il faut partir de la donne suivante : voici 8 ans que la RDC a repris la coopération structurelle avec Bretton’s Wood, suspendue – pour rappel – sous Mobutu début décennie 1990, dans la foulée des événements du fameux et non moins fumeux massacre de l’Université de Lubumbashi.

En 8 ans (presque deux législatures quinquennales aujourd’hui), on peut douter que Kinshasa ait reçu plus de cinq milliards d’Usd dans le cadre de la Reconstruction nationale. Or, voici qu’en moins de cinq ans, et ce en contrepartie de ses ressources minières, Kinshasa a l’assurance de recevoir près de six milliards pour des infrastructures de base ; celles-là même qui permettent à un Etat normal de fonctionner comme tous les Etats normaux !Aussi loin que l’on puisse remonter dans l’Histoire du Congo depuis Léopold II – en 2010 ce pays aura tout de même 125 ans d’existence – il est peu sûr qu’il se soit trouvé des périodes où l’on ait réuni autant d’argent et autant d’équipements pour autant d’infrastructures, en si peu de temps !

route Comme  relevé dernièrement dans les « Modules de NDL » (cfr « New Trends » n°09 du mois de juin 2009), « Finalement, les contrats chinois n'auront eu que pour péché d'apporter trop d'argent frais à une RDC sortant d'une longue guerre, et tout cet argent dans un laps de temps jugé trop court par les partenaires traditionnels ! ». D’un. De deux, comme relevé dans la même rubrique, même en réduisant à 2/3 l’engagement financier des contrats chinois (de 9 à 6 milliards de dollars), le Congo n’en bénéficie pas moins d’un complément d’infrastructures qu’il n’aurait probablement pas obtenues des partenaires traditionnels qui, eux – soyons-en sûrs – auraient maintenu leur rythme d’investissements apparentés au saupoudrage. Notez qu’il n’y a rien d’injurieux ni d’ingrat dans l’utilisation de ce terme.

« A ceux qui s'en réjouissent, je pose la question suivante : qui perd, en définitive ? En réfléchissant bien, c'est le peuple congolais, contraint de revoir au tiers ses espérances. Là où il s'attendait à 3.000 km de routes, il devra se contenter de 1.000 ! Là où il s'attendait à 150 hôpitaux, il devra se contenter de 50 ! Là où il s'attendait à 5 écoles, il devra se contenter de 1,66 ! Ramenée à l'échelle des provinces, cette révision à la baisse veut dire que la province pour laquelle il a été initialement retenu six routes devra se contenter de deux… Mais en creusant la réflexion, le peuple congolais gagne tout de même quelque chose. Car, sans les contrats chinois, il n'aurait obtenu ni les 1.000 km, ni les 50 hôpitaux, moins encore les 1,66 écoles, en sus des routes, des hôpitaux et des écoles escomptés de l'apport des partenaires traditionnels ! », écrivions-nous.

Expertise faisant flop !

La troisième victoire de Joseph Kabila est le processus de recouvrement du leadership congolais via la Reconstruction nationale. Si, aujourd’hui, le Congo est présenté comme le principal agent déstabilisateur de et dans la région Afrique centrale et la sous-région Grands Lacs, c’est en raison de sa sous-gouvernance consécutive à son sous-développement rendu endémique.     Tous les géo-stratèges l’admettent pourtant : la paix et le développement de la région ou de la sous-région sont tributaires de la paix et du développement durables en RDC. C’est le message que Nicolas Sarkozy est venu passer aux Congolais le 26 mars 2009.

Or, la paix n’est consolidable que par le développement. L’Union européenne en est, du reste, la preuve en ce que c’est par le développement enclenché par le Marché commun que la paix conclue au lendemain de la Seconde guerre s’est consolidée. Le développement – pour une RDC qui en a été privée depuis 50 ans (les velléités indépendantistes ayant été confirmées par les émeutes du 4 janvier 1959) – n’est plus affaire de saupoudrage. La RDC a besoin d’être transformée en ruche qu’elle fut, par exemple, dans le cadre de l’Effort de guerre belge des années 1914 – 1945, sous les deux Guerres mondiales. Après tout, elle constitue (pour l’Afrique centrale) l’un des trois pôles de développement ciblés pour le continent noir, ce aux côtés de l’Afrique du Sud (pour l’Afrique australe) et du Nigeria (pour l’Afrique occidentale).

Que la Chine vienne à aider à la concrétisation de cette vocation – définie au demeurant par l’Occident – c’est en définitive au profit premier des Occidentaux ! Voir alors aujourd’hui les mêmes Occidentaux s’énerver parce que ce qu’ils avaient conçu comme plan pour le Congo est en train de se réaliser ne peut qu’amener l’opinion pensante à se demander si, sur ces entrefaites, le bon agenda changé au détriment, naturellement, des Congolais ! En fait, on en est au point où l’Occident est bien obligé, à son tour, de « re-visiter » ses stratégies conçues par des Congologues occidentaux, des Congologues internationaux et des Congologues congolais ; leur expertise ayant fait flop !

Cette expertise a organisé la liquidation de Lumumba, Kasa-Vuvu, Mobutu et M’Zee Kabila ; elle a échoué. Elle a monté des sécessions, des rébellions et même des agressions ; elle a échoué. Elle a  suscité plus d’une fois le gel de la coopération ; elle a échoué. Elle a « armé » contre l’Autorité les Ong de défense des droits de l’homme et de bonne gouvernance ; elle échoue.  Elle initie la fronde contre les contrats chinois ; elle est en train d’échouer…

Au moment où le Congo s’apprête à entrer, le 1er juillet 2009, dans la cinquantième année de son indépendance, l’Occident ne peut pas ne pas se sentir interpellé, car ce pays est en train de se réveiller. Sur le modèle chinois. Au lieu de l’étrangler comme on continue de vouloir le faire, il faut plutôt l’accompagner. C’est une question de bon sens …

(DN/Yes)

Chronique d’Omer Nsongo die Lema/MMC



Last edited: 06/06/2009 13:00:12

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