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Depuis peu, des tradipraticiens, ouest-africains ou congolais, circulent à moto à Lubumbashi, pour soigner à peu de frais les malades dans la rue ou à domicile. S’ils soulagent certains maux, ils ne peuvent pourtant pas prétendre tout soigner.

« Aller vers les malades qui ne peuvent pas se rendre à l’hôpital par manque d’argent. « C’est ainsi que Muhamed Amzat, tradipraticien, résume son travail, chaque jour, il enfourche sa moto et se lance dans les rues des quartiers pauvres de Lubumbashi, capitale de la province du Katanga au sud-est de la Rd du Congo. Casque blanc sur la tête long foulard enroulé autour du cou et son sac rempli de plantes médicinales sur le dos, il rythme la vitesse de son engin au message qu’il lance à la population à l’aide d’un mégaphone, citant la panoplie des maladies qu’il dit pouvoir traiter : hernie, diabète, appendicite, carie dentaire, faiblesses sexuelles...

Chaque fois qu’il s’arrête, les gens accourent autour de lui pour poser leurs problèmes de santé. « J’ai longtemps souffert des dents, raconte Zadin Kazadi, un jeune étudiant. J’avais des mâchoires qui gonflaient, des gencives qui saignaient... Depuis six mois, j’ai croise un motard qui m’a soigné et ma carie ne me fait plus mal.

C’est depuis 2008 que ces guérisseurs traditionnels circulant à moto ont font leur apparition à Lubumbashi, Selon le Dr Eric Mukomena, médecin Inspecteur provincial et chef de division provincial de la Santé, ils seraient officiellement une trentaine à exercer ce métier dans tout le Katanga. Ouest-africains en majorité mais aussi Congolais et Gabonais, ils affirment avoir tous suivi une formation en médecine traditionnelle, doublée d’une formation de six mois en secourisme, qui leur permet d’intervenir en cas de catastrophes.

Les soins avant l’argent

A Lubumbashi, leur façon de soigner diffère de celle des autres tradipraticients, qui exposent généralement leurs plantes médicinales à même le sol dans la rue. Durant la ronde à travers la ville, « dès le premier contact, je donne mon numéro de téléphone et mon adresse aux malades pour le suivi, explique Tshu Mwamini, appelé docteur par ses patients. Si un malade ne peut pas se déplacer, c’est moi qui prends son adresse et je vais le soigner chez lui. Ces soins traditionnels de proximité sont donnés, disent-ils sans être conditionnés au payement préalable de l’argent, comme cela est de coutume dans les hôpitaux. « Nous soignons avant de demander l’argent, assure Muhamed Amzat. Les malades les plus démunis peuvent payer les frais de leur traitement à tempérament.

Leurs tarifs sont fonction de la maladie traitée, mais aussi de la catégorie sociale du patient. Rico Katumbo est heureuse de s’être fait soigner des boules qui pendaient à ses oreilles. « Je peux à présent porter mes boucles d’oreilles car un des motards m’a traité à peu de frais (1000 Fc, soit 1,2 $, Ndlr). « C’est en brousse ou en forêt, souvent loin de la ville, que ces tradipraticients vont chercher leurs plantes. D’autres les font venir carrément de leurs pays d’origine en Afrique de l’Ouest ou du Gabon. Mais si plusieurs malades affirment avoir été bien traités par ces soigneurs traditionnels, certaines personnes ne manquent pas de s’interroger sur leurs pratiques.

« Comment un seul produit de ces motards peut-il à la fois guérir des personnes qui souffrent de différentes maladies ? demande Bonheur Kamuleta, un habitant reste assez sceptique. Ils prétendent aussi guérir toutes sortes de maladies, notamment le diabète qui se soigne pourtant tout au long de la vie, ou l’hernie qui nécessite une opération. Des experts en matière de santé précisent que s’ils soulagent les maux quotidiens, il vaut cependant mieux consulter un médecin en cas de maladies graves.

Charlatans ?

« Certains nous prennent pour des charlatans », s’inquiète Ibrahim. Pour Muhamed Amzat, ceux qui mettent en doute leur travail ne savent pas grand-chose de la médecine des plantes. Il estime que s’ils étaient des charlatans, l’inspection médicale et la division provinciale de la santé ne les auraient pas reconnus et laissés exercer librement. Ces tradipraticients ont installé leur bureau dans le bâtiment qui abrite ces deux services publics. Ils s’y réunissent chaque semaine pour échanger leurs expériences. Ils ont mis en place une organisation qui, selon les termes du chef de la Coordination provinciale de la médecine traditionnelle, Patrice Kiboko, empêche les intrus de s’improviser soigneurs.

(Milor/GL/PKF)

Dma Eseka/SGL/La Prospérité



Last edited: 03/06/2009 17:51:54

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