celestin mbuyu kabanguUne importante délégation gouvernementale, conduite par le ministre de l’Intérieur et de la sécurité, Célestin Mbuyu Kabango, séjourne depuis lundi à Luanda (Angola), a-t-on appris mardi de bonnes sources. Tout dernièrement, une délégation de la RDC s’était rendue en Angola sous la conduite du Premier ministre, Adolphe Muzito pour régler des problèmes de frontières, qui surgissent entre les deux pays par la voie des négociations.

Après l’adoption et la promulgation par le Chef de l’Etat de la loi sur la délimitation des frontières et espaces maritimes de la République Démocratique du Congo, il était question que la RDC et l’Angola négocient sur l’exploitation des ressources naturelles notamment dans le littoral congolais, au Bas-Congo.

Par ailleurs, selon des médias captés à Kinshasa, l’armée angolaise occupe de nouveau la localité de Sava, où ses militaires siègent depuis cinq jours. L’information a été confirmée lundi par la Société civile de Sava et par des sources religieuses, politiques et administratives du territoire de Mbanza-Ngungu.

Encore des troupes angolaises signalées à Sava au Bas-Congo

L’armée angolaise vient d’occuper à nouveau le village de Sava dans le territoire de Mbanza-Ngungu.Cette occupation, qui intervient deux ans après celle des villages de Kahemba dans le Bandundu, suscite de nombreuses interrogations et alimente le débat sur un agenda non encore révélé de l’Angola en RDC.

Des militaires angolais sont revenus depuis cinq jours au village Sava, dans le territoire de Mbanza-Ngungu, à plus de 200 kilomètres de Matadi, chef-lieu de la province du Bas-Congo. Cette information a été livrée le lundi 1er juin 2009 par la société civile de ce village et confirmée par des sources religieuses, politiques et administratives du territoire de Mbanza-Ngungu, a rapporté radiookapi.net
 
« Ces soldats sont dispersés dans la forêt. Nous ne connaissons pas leur nombre exact. Ils sont lourdement armés », a déclaré un habitant de Sava, qui a requis l’anonymat. Et d’ajouter : « Ils n’ont pas récupéré nos habitations comme auparavant, mais ils occupent nos champs à la porte de Sava »
Plusieurs sources ont confirmé cette occupation des militaires angolais du village Sava, notamment une autorité politico-administrative qui parle d’une réunion tenue le vendredi 29 mai 2009 avec tous les chefs de secteur de cette zone.
 
Cette autorité affirme avoir envoyé un rapport à sa hiérarchie le 25 mai dernier. Il a également fait savoir que les villageois commencent à se retirer progressivement de Sava pour se réfugier à quelques kilomètres de là.
 
De son côté, Kuku di Mayeye, ministre provincial de l’Intérieur, a déclaré ne pas avoir d’informations à ce sujet. Il a indiqué, cependant, que le gouverneur du Bas-Congo, Simon-Floribert Mbatshi Batshia, se trouvait depuis le lundi 1er juin 2009 en Angola. L’occupation du village Sava par des troupes angolaises n’est pas un fait nouveau.

La toute dernière remonte au 26 février 2009 lorsque des soldats de l’armée angolaise ont occupé des positions stratégiques dans ce village frontalier. Toutefois, ces derniers s’étaient retirés au lendemain d’une visite du Premier ministre, Adolphe Muzito, dans cette zone.
 
Agenda caché
 
Les discours officiels qui ont suivi ce retrait faisaient état de la normalisation de la situation entre l’Angola et la RDC, deux pays de l’Afrique centrale ayant en partage une longue frontière naturelle d’au moins 2.600 km.
 
Le principe de l’organisation de l’unité africaine (OUA), actuellement Union africaine (UA) concernant l’intangibilité des frontières héritées de la colonisation ainsi que la création d’une commission mixte relative à l’occupation des villages du Bas-Congo, ont , d’une manière générale, rassuré la population congolaise quant au règlement définitif de différend territorial avec un allié de taille, l’Angola.
 
Mais cette nouvelle occupation de Sava qui intervient, deux ans après celle de 11 villages du territoire minier de Kahemba dans le district de Kwango, province de Bandundu, suscite de nombreuses interrogations sur la capacité des experts ayant négocié la paix. On se pose également la question de savoir si les étapes des négociations, incluant la préparation, les négociations proprement dites et les suivis, ont été respectées lors des pourparlers de paix sur l’occupation des villages de Kahemba et de Mbanza Ngungu.
 
Face au rebondissement de l’affaire du village Sava, on se pose également des questions sur l’existence d’un agenda caché de l’Angola. Sinon, qu’est-ce qui justifierait cette volte-face ? Qu’à cela ne tienne, cette énième occupation du territoire congolais est de trop, et compte tenu de la proximité géographique ainsi que des liens historiques qui remontent à des siècles, les gouvernements congolais et angolais devraient tout mettre en œuvre pour atténuer les tensions sur cette partie du territoire national.
 
En plus, la commission mixte RDC-Angola devra travailler davantage pour éviter des conflits frontaliers à répétition et permettre aux deux pays de renforcer leur coopération bilatérale par la réalisation de plusieurs projets intégrateurs.
 
Pourvu, toutefois, que la sincérité soit au rendez-vous de part et d’autre pour qu’il n’y ait pas de surprises désagréables comme celle du village Sava.

(DN/Ern./GW/Yes)

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