Ces dix derniers jours, 7 cas d’exactions flagrantes commis par des hommes armés ont été notifiés au Sud-Kivu. L’un des plus sanglants a été perpétré par des hommes armés, le 22 mai dernier sur un véhicule de transport dans le parc de Kahuzi Biega. Bilan : 10 morts et 8 blessés.
Le rapport publié par OCHA/Sud Kivu pour la période du 19 au 29 mai dernier, a relevé les faits suivants : le besoin pressant de sécuriser l’axe Miti-Bunyakiri-Hombo, ainsi que la zone de Kalonge (territoire de Kalehe). Là, des exactions d’hommes armés continuent, en dépit des cris d’alarme récemment poussés par la communauté humanitaire. Plus de 20.000 personnes déplacées signalées au nord de Shabunda, des femmes violées par des hommes armés, une fillette de 3 ans succombe à ses blessures.
La situation sécuritaire actuelle au Sud-Kivu préoccupe l’ensemble des acteurs humanitaires. Sur le terrain, des exactions envers des civils deviennent de plus en plus inquiétantes. A l’instar des semaines précédentes, les exactions déplorées sont le fait aussi bien des FDLR et autres groupes armés que des militaires FARDC. Ces 10 derniers jours, 7 cas d’exactions flagrants commis par des hommes armés ont été notifiés au Sud Kivu. L’un des plus sanglants a été perpétré par des hommes armés, le 22 mai dernier sur un véhicule de transport dans le parc de Kahuzi Biega. Bilan : 10 morts dont 7 civils et 8 blessés. Les acteurs humanitaires sont préoccupés par la dégradation de la situation sécuritaire au Sud-Kivu, surtout dans les zones d’opérations des combattants FDLR et où les militaires FARDC sont déployés. Cette détérioration de la sécurité entraîne une augmentation constante de cas d’exactions envers les civils.
Selon des sources concordantes, des présumés FDLR ont pillé le 24 mai des ménages à Ciduha et Mulangala, deux villages se trouvant dans la localité de Kabulungu, non loin du centre de recherche en sciences naturelles de Lwiro, en territoire de Kabare. Les FARDC déployés dans la zone ont riposté, mais les assaillants ont réussi à emporter du bétail dans leur fuite. Au cours de la nuit du 24 au 25 mai, à Luhago (environ 80km à l’ouest de Bukavu, dans la collectivité de Nindja, territoire de Kabare), une attaque perpétré par des présumés FDLR s’est soldée par des pillages et l’incendie de plusieurs maisons, poussant les habitants à se disperser dans la forêt. La panique est d’autant plus grande que les assaillants ont laissé sur les lieux un tract dans lequel ils menacent de continuer les attaques si les opérations Kimia II ne sont pas stoppées.
Les hommes en armes continuent de commettre des viols dans le Sud-Kivu. L’un des derniers cas en date et sans doute l’un des plus troublants, est survenu le 20 mai 2009. Il porte sur une fillette de 3 ans qui a été violée entre Bunyakiri et Hombo par des présumés FDLR. Elle meurt avant d’arriver à l’hôpital pour recevoir des soins. Selon une source humanitaire, qui cite la mère de l’enfant, toutes les sœurs de la victime âgées de 12, 14 et 17 ans ont déjà été violées au moins une fois par des hommes en armes.
A Minova, 59 cas récents de viols ont été enregistrés à l’Hôpital général local, pour la seule période allant du 1er au 23 mai, alors que pour tout le mois d’avril, 49 cas ont été pris en charge dans la structure. Du 14 au 23 mai, le Programme alimentaire mondial (Pam) et Caritas ont distribué des vivres à 4.821 ménages déplacés sur l’axe Kalehe-Nyabibwe (territoire de Kalehe). L’ouverture d’une base opérationnelle temporaire Monuc à Lulingu, prévue le 7 juin prochain permettra au PAM de faire une enquête de vulnérabilité dans la zone et de superviser la distribution de 350 tonnes de vivres.
Par ailleurs, une équipe médicale de l’ONG PMU Inter life est arrivée à Shabunda le 25 mai dernier pour donner, pendant une semaine, un appui dans la prise en charge locale des cas de violences sexuelles à risque. Pour rappel, 65 cas de viol ont été enregistrés à Shabunda, du 1er avril au 7 mai, dont 39 attribués aux militaires FARDC nouvellement déployés dans le territoire.
(TN/Ern./GW/Yes)
Rébecca Muzama/L’Avenir