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Bonjour | 20/03/2010 18:34 | English Make DC Home page | RSS feed

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Edifiante conférence organisée le week-end dernier au Centre Wallonie-Bruxelles de Kinshasa autour du discutable intérêt de relance des ensembles régionaux en Afrique centrale, telle la CEPGL ou un regroupement plus vaste et beaucoup plus viable

KabilaLe  centre Wallonie Bruxelles a servi vendredi, de cadre à une conférence sur l’intégration économique régionale dans le pays des Grands Lacs, animé par le profes­seur Alex Lumpali, spécialiste en écono­mie internationale de l’université de Namur, membre du cercle d’études européennes et internationales et expert en management des projets et program­mes d’investissements publics.

L’orateur a d’abord présenté la CEPGL, cet en­semble des pays qui com­prend la RDC, le Rwanda et le Burundi, avant de donner ses enjeux économiques et géostratégiques.

Il s’est in­téressé par la suite aux cri­tères de performances de cet ensemble, en mettant un accent particulier sur sa gestion et en relevant les problèmes récurrents de la gouvernance, les aspira­tions légitimes de ses po­pulations dans le cadre de l’intégration économique régionale. Et cela comparativement à l’Union euro­péenne, cet autre ensemble qu’aujourd’hui, sert de mo­dèle.

A ce sujet, des in­dicateurs de performance montrent la réussite de l’Union européenne dans plusieurs domaines. Dans une première appro­che économique, le profes­seur Alex Lumpali soutient que la CEPGL doit d’abord exister pour prétendre relever tous les défis qui se posent à elle, afin de pouvoir sortir de la pauvreté.

Dans l’approche normative, l’orateur a défini les objectifs que se fixent les gouvernements de cet ensemble en posant deux questions fondamentales, celle de définir où les gens doivent aller et celle de sa­voir ce qu’ils doivent faire. Après avoir évoqué l’approche prescriptive, cet­te sorte de formulation des recommandations faites en faveur de la CEPGL par les sommets des chefs d’Etat et de gouvernement, il a indiqué que les trois approches sont essentielles et ne devraient pas exclure celles des institutions de Bretton Woods.

Par ces approches, le professeur Lumpali a sou­tenu que chaque gouver­nement a le devoir de dis­poser d’un certain nombre de capacités en termes de ressources et de pertinence qui obéissent à certains cri­tères.

Pour lui, tous les pays des Grands Lacs devraient s’unir pour installer la paix et assurer l’avenir des po­pulations. Cela requiert responsabilité, autorité, confiance et réciprocité qui sont des canaux importants permettant aux pays de bénéficier des avantages d’un regroupement autour d’un ensemble.

Il est donc nécessai­re, a fait savoir le membre du Cercle d’études euro­péennes et internationales, que l’Etat puisse intervenir dans de petits espaces de manoeuvre pour en tirer profit. Pour ce faire, il doit opérer un choix judicieux sur l’équité sociale et la paix en lieu et place de l’aspect économique.

Le professeur Alex Lumpali a terminé son ex­posé par rappeler le chal­lenge de la CEPGL qui est celui de la performance. Pour autant, on regrettera que cette conférence n’ait pas donné lieu à un véritable débat. Celui-ci était jugé d’autant nécessaire que la CEPGL n’a pas laissé que de bons souvenirs aux Congolais.

D’abord parce que sa créa­tion ne relevait pas d’une nécessité, mais plutôt d’une volonté d’effacer la frus­tration née de l’échec d’un autre ensemble sous-régio­nal, les Etats-Unis d’Afrique Centrale qui réunissaient la RDC de Mobutu, le Tchad de François Tombalbaye et la RCA de Jean-Bedel Bo­kassa.

DebyLes Congolais se souviennent que cette struc­ture répondait uniquement à la volonté de grandeur de Joseph Désiré Mobutu qui voulait, dans une Afrique en­core marquée par quelques pères de l’indépendance- Senghor, Houphouet Boigny, Sekou Touré, N’Kru­mah, Nasser, Modibo Keita, Hamani Dioni, Nyerere, Kaunda, Ben Bella, etc...- disposer d’un levier pour peser dans le concert des nations.

Pendant toute la du­rée de son existence, cette structure a joué uniquement le rôle d’aspirateur des fonds en provenance du Congo en faveur de la RCA et du Tchad. C’est le même rôle pratiquement que la CEPGL a joué par la suite avant de se transformer en cheval de Troie pour la déstabilisa­tion planifiée de l’ex-Zaïre par le Rwanda et le Burundi associés à l’Ouganda et l’Erythrée avec l’appui de certaines multinationales.

Treize ans après le déclenchement du proces­sus de déstabilisations ré­pétitives de la RDC, peut-on penser honnêtement que le moment soit indiqué pour relancer la machine sans avoir au préalable analysé le passé, vidé les différents contentieux et fixé les bali­ses d’un avenir meilleur ? Est-il indiqué pour un pays dont on reconnaît la faiblesse des institutions d’engager l’avenir sans avoir fourni au préalable des efforts inter­nes pour la restauration des équilibres fondamentaux ?

Est-il enfin indiqué pour ce même pays de favoriser le mouvement des popula­tions uniquement dans des zones frontalières alors que rien n’est fait pour impulser le même mouvement sur l’ensemble du territoire et donc assurer la cohésion interne.

Le Congo a de vrais problèmes et de vraies prio­rités. Ceux qui l’obligent à s’engager prioritairement dans la résolution des pro­blèmes des Etats voisins, veulent-ils l’enfoncer dans la crise ou l’aider à en sor­tir? Qu’à cela ne tienne. La RDC ne pourra jamais écrire son avenir tant que le pays ne réussira pas à atteindre un niveau d’organisation et de stabilité interne compatibles avec les objectifs de développement.

C’est de cela qu’on aurait voulu voir les participants débattre avec le conférencier. Il n’en a malheureusement pas été le cas.

(DN/Th/GW/Yes)

Aissatou Mbombo/Le Phare



Last edited: 02/06/2009 18:10:22

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