Divergences aplanies dans les négociations entre le gouvernement et le CNDP, ce qui va permettre à ce mouvement politico-militaire de faire son entrée au prochain gouvernement tel que cela découlait de l’Accord de paix signé par les deux parties
La première réunion d’évaluation du Comité national de suivi des accords de paix signés à Goma le 23 mars 2009 entre le gouvernement RD-Congolais, le CNDP et autres groupes armés opérant dans la partie Est de la RD-Congo s’est clôturée mercredi à Kinshasa. L’essentiel de cette évaluation table sur l’harmonisation des divergences de vue en rapport avec les revendications de ces groupes. Ce qui ouvre la voie à l’application desdits accords.
Sans nul doute, les ex-groupes armés dont le CNDP, participeront à la vie politique. Les portes des institutions leur sont ouvertes tel que symbolisé par leur intégration dans l’armée et dans la police. Des avancées significatives viennent d’être enregistrées dans les négociations entreprises par le gouvernement RD-congolais via Raymond Tshibanda Ntungamulongo, ministre de la Coopération internationale et régionale avec les ex-groupes armés opérant dans les provinces du Nord et du Sud Kivu.
A l’issue de la première réunion du Comité national de suivi regroupant les délégués du gouvernement, ceux du Conseil national pour la défense du peuple -CNDP- et des autres groupes armés de deux provinces, qui s’est clôturée mercredi 27 mai 2009 à Kinshasa, les choses se précisent. Les revendications de ces ex-mouvements politi-comilitaires qui se sont mués aujourd’hui en partis politiques ont été prises en compte par les décideurs. Ces ex-rebelles s’en réjouissent.
Pour preuve, le chef de l’Etat, Joseph Kabila Kabange a eu à recevoir mercredi 27 mai 2009 au Palais de la Nation, les délégués de tous ces groupes armés, membres du Comité national de suivi des accords de Goma, qui participent à leur première réunion sous la conduite du président dudit comité. Raymond Tshibanda.
Le menu des entretiens affiche des icônes roses à la satisfaction du gouvernement RD-congolais et des ex-rebelles. Ce comité a fait rapport au chef de l’Etat sur l’évaluation effectuée. Kabila en est content, apprend-on. A l’issue de l’audience auprès du chef de l’Etat, les délégués n’ont pas gardé leur langue en poche. Le CNDP et ses compatriotes déclarent avoir eu gain de cause.
« Nous avons fait notre évaluation dont le rapport a été porté à la connaissance du président de la République. Nos divergences de vue ont été aplanies. Et cela ouvre la voie l’application des accords de paix signés le 23 mars 2009 à Goma, entre les gouvernement et nous », a confié à la presse Désiré Kamanzi, président national du CNDP. S’il peut le déclarer avec autant de conviction et de précision, c’est que ces ex-rebelles ont obtenu ce qu’ils cherchaient et revendiquaient auprès du gouvernement dans leur cahier de charge.
L’opinion se souviendra que ces divergences de vue concernaient les termes de référence des accords en question. A travers Raymond Tshibanda, le gouvernement tenait à ce que les groupes armés renoncent à la lutte armée et se transforment en partis politiques avec la possibilité de l’intégration, sans retour, de leurs éléments dans les rangs de l’armée loyaliste et la police nationale RD-congolaise. De leur côté, les groupes armés extrapolaient le débat allant plus loin que ne l’exigent la Constitution et autres lois de la République dont celle électorale en ce qui concerne leur participation à la vie nationale avec des quotas leur attribués dans les institutions établies. Leur cahier de charges comportait sept points.
Il s’agit, entre autres, d’accélérer et de parachever le processus d’intégration des ex-combattants des deux provinces dans les rangs de FARDC et la police, d’accélérer la mise en œuvre des stratégies de plaidoyer et de suivi de retour des déplacés internes et réfugiés RD-congolais, de libérer les prisonniers politiques, faciliter leur participation à la vie politique et décréter une amnistie pour des faits de guerre commis dans l’Est du pays.
Au cours de la réunion du Comité de suivi, les ex-combattants ont rassuré Raymond Tshibanda de leur détermination et de leur volonté d’aller jusqu’au bout de l’Accord dans l’intérêt supérieur de la population RD-congolaise longtemps meurtrie et qui a aujourd’hui grandement besoin de la paix et du développement. Tout au long de cette réunion d’évaluation, Raymond Tshibanda n’a cessé d’insister sur le fait que chaque partie prenante puisse respecter les engagements pris.
Ces engagements se résument dans l’intégration des ex-combattants dans l’armée et la police, la mutation de leurs groupes armés en partis politiques et la poursuite des négociations pour toute autre revendication formulée par ces derniers dans le respect de la Constitution et les lois de la République.
Dans le souci de tourner la page de la guerre afin de se pencher sur la reconstruction et le développement du pays, le gouvernement a tendu la main aux ex-rebelles à qui il a demandé de ne rien faire qui puisse aller à l’encontre de la reconstruction et de la pacification de la RD-Congo. A l’étape actuelle où le président de la République cherche à remanier le gouvernement Muzito 1, Raymond Tshibanda aurait accompli sa mission de négociateur pour la consolidation de la paix et le renforcement des liens de coopération entre le gouvernement et les ex-rebelles.
La prochaine réunion d’évaluation est prévue dans trois semaines à Goma, capitale provinciale du Nord-Kivu où le président de la République et le gouvernement fêteront le 49ème anniversaire de l’accession de la RD-Congo à la souveraineté nationale et internationale. Il n’est pas étonnant que les ex-rebelles soient nommés dans le prochain gouvernement au nom de la paix tant prêchée par le président de la République.
(DN/Ern./GW/Yes)
Octave Mukendi/Africa News