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La bonne préparation des prochaines joutes électorales locales et nationales amène les stratèges de l’AMP à envisager le limogeage des gouverneurs de province de cette coalition politique jugés incompétents avec menace de soumettre les concernés aux poursuites judiciaires.

KatumbiDes millions débloqués pour la réalisation des 5 chantiers en provinces ont été engloutis mais -hormis quelques ouvrages qui ont nécessité le coaching de Kabila et de Kabila seul, exception également faite du miracle Moïse Katumbi, gouverneur du Katanga, à la pugnacité de Julien Paluku, son alter ego du Nord-Kivu, et du dépassement de Simon Mbatshi, le numéro I du Bas­-Congo rien ne change ou presque. Kabila veut donner une nouvelle impulsion, un second souffle. Les gouverneurs de provinces en place seront-ils maintenus jusqu’en 2011 ?

La question taraude les esprits ces derniers jours à l’Alliance de la majorité présidentielle AMP. Des réunions secrètes consacrées à l’examen de la gestion des Exécutifs provinciaux se multiplient, a-t-on appris au QG de l’avenue Colonel Lukusa, siège de l’AMP... Quel gouverneur a réalisé quoi ?

Le bilan est quasi catastrophique, négatif après près de trois ans de gestion. L’heure du décompte a sonné. Les jours s’égrainent. Et Kabila, tête de file de la majorité, candidat à sa réélection en 2011, sera seul face aux électeurs, face à ses mandants...

Les récentes investigations du Conseil national de sécurité CNS auraient également porté sur les Provinces. Leurs conclusions sont impitoyables.

Sur les 11 gouverneurs en poste actuellement, 8 sont candidats au limogeage. Ils n’ont pas convaincu. Comment s’y prendre ? La même méthodologie que celle mise en branle lors du départ de Vital Kamerhe, ex­-speaker de l’Assemblée nationale. Les députés provinciaux seraient donc appelés à la rescousse via l’évaluation des actions respectives de leurs gouverneurs élus.

Trois sur onze. C’est le triste résultat auquel sont parvenus les investigateurs de l’AMP à l’issue de l’examen minutieux de la gestion des Exécutifs provinciaux. Effrayant. La majorité est en danger Kabila en tête. Avec quel discours et quel bilan se représenter en 2011 ? Les stratèges de la majorité évaluent, passent au peigne fin Faction de leurs ministres et gouverneurs. Côté provinces, saufs le Katanga, le Bas-Congo et le Nord-Kivu, c’est du gâchis. De la gabegie.

« Alors que le gouvernement central se bat, met des moyens à leur disposition, le malheur de Kabila et de la coalition au pouvoir vient de la plupart de nos gouverneurs en provinces. Ils donnent l’impression de travailler pour leurs propres intérêts », se lamente un député AMP.

« La gestion est calamiteuse. Dans ma province, le Bandundu, par exemple, les rares actions à impact visible réalisées par le gouverneur Richard Ndambu l’ont été dans son territoire d’Idiofa. Presque rien n’a été fait à Mai-Ndombe ni dans le Kwango. Je me demande si le gouverneur veut vraiment vendre l’image du chef de sa famille politique dans sa province », renchérit un député national originaire de Bandundu.

Sur place, le gouv’ est en danger. Une motion de défiance est en chantier contre lui. Son auteur, le député provincial Erasme Kapumba, se propose de la déposer dès la prochaine rentrée parlementaire.

MbatshiMais se confiant à AfricaNews, Kapumba ne fait aucun mystère des charges de Ndambu : « la mégestion de la province qu’il considère comme sa propre boutique ; depuis qu’il est au pouvoir ; le gouverneur n’a jamais rien rétrocédé aux Entités territoriales décentralisées ETD ; la violation de l’article 24 de la Loi 08/012 du 31 juillet 2008 portant principes fondamentaux relatifs à la libre administration des provinces ».

Ndambu n’est malheureusement pas le seul. La méthode semble la même chez la plupart de ses collègues. Ce sont des petits présidents. Des petits dieux. Appelé à assurer l’intérim de José Makila déchu par l’Assemblée provinciale, Jean-Claude Baende, le gouverneur a.i. de l’Equateur, est également accusé de mégestion, de détournement.

Kamerhisés ou kamitatusés

La différence entre Ndambu et Baende réside simplement dans le fait que le second est attaqué par ses propres ministres affichés pour n’avoir vu que de la fumée dans la gestion des fonds alloués par le président de la République pour leurs salaires et l’assistance des sinistrés de Mbandaka. Les ministres exigent des sanctions contre Baende. Là, initiative est prise par les opposants, membres du Mouvement de Libération du Congo -MLC-, parti majoritaire à l’Assemblée provinciale.

A l’Equateur, les opposants risquent de déranger les calculs de l’AMP. Ils n’arrêtent pas de mettre la pression. Après la manif de rue des membres du MLC/Mbandaka, leurs camarades de Bumba ont également organisé une marche en faveur de la réhabilitation de Makila. Mais l’AMP jure de ne plus laisser la décision aux opposants. Elle veut prendre les choses, prendre son destin en mains. Intelligible. C’est elle qui gère la mandature.

Son chef, Kabila, candidat à sa réélection en 2011, sera seul face aux électeurs, face à ses mandants. Des millions de dollars débloqués pour la réalisation des 5 chantiers en provinces ont été engloutis  – hormis quelques ouvrages qui ont nécessité le coaching de Kabila et de Kabila seul, exception également faite du miracle Moïse Katumbi, gouverneur du Katanga, à la pugnacité de Julien Paluku, son alter ego du Nord-Kivu très engagé dans le processus de pacification de sa province, et du dépassement de Simon Mbatshi, le numéro 1 du Bas-Congo – rien ne change ou presque. Mbatshi est actuellement dans le viseur de ses détracteurs. Il en reçoit de toutes parts.

De son côté, Kabila veut donner une nouvelle impulsion, un second souffle. Les gouverneurs en place seront-ils maintenus jusqu’en 2011 ? La question taraude les esprits ces derniers jours à l’AMP. Des réunions secrètes consacrées à l’examen de la gestion des Exécutifs provinciaux se multiplient, a-t-on appris à l’avenue Colonel Lukusa, siège de l’AMP. Elle devient davantage urgente au moment où l’examen et le vote de la Loi sur la Commission électorale nationale indépendante – CENI – le pouvoir organisateur des prochaines élections, arrivent en trombe -ce week-end peut-être. Les cadres de l’AMP s’y sont consacrés mercredi 27 mai 2009. Des orientations claires ont été données et 5 postes, sur 7 réservés à la majorité a-t-on rapporté.

Les opposants, demandeurs de trois postes, devront se contenter d’une vice­-présidence et de la questure. Les élections vont donc débouler. Et quel gouverneur a réalisé quoi ? Le bilan est quasi catastrophique. Négatif après près de trois ans de gestion. La récente évaluation des ministres par le Conseil national de sécurité -CNS- aurait également porté sur l’action des gouverneurs. Elle est impitoyable. L’heure de décompte ... et des sanctions a sonné. Pour s’y prendre, la stratégie c’est la Kamerhisation ou la Kamitatusation. Les gouv’ seront donc kamerhisés ou kamitatusés par ceux-là mêmes qui les avaient élus et investis, les députés provinciaux. Les Assemblées provinciales, Kamerhe et Kamitatu, tous deux anciens présidents de l’Assemblée nationale, ont été évincés sur ordre de leurs mandants. La coalition AMP-­PALU paraît déterminée. Les gouv’ n’ont qu’à bien se tenir. Le signal : le demi désaveu réservé à Alexis Thambwe Mwamba, objet de la récente motion de défiance de l’opposant Emery Okundji.

Le ministre des Affaires étrangères l’a échappé belle, même les siens étaient favorables à son départ. On en juge par l’écart trop serré entre les Pour la motion 194 et les Contre 199. Des poursuites judiciaires ne seraient pas exclues à l’encontre des gouverneurs coupables de détournement.

(DN/PKF/GW/Yes)

AKM/Africa News



Last edited: 29/05/2009 17:55:21

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