Des critiques et même des accusations de « traîtrise » ne l’ont pas échaudé, moins encore ébranlé dans sa volonté de retourner au pays. Bien plus, il réaffirme sa volonté de participer aux 5 Chantiers du président Joseph Kabila. Patrick Diassouka, résident en Suisse revient sur son engagement.
AFRIQU’ECHOS MAGAZINE (AEM) :
On pensait que vous étiez déjà au pays, vos projets ne seraient-ils donc pas encore ficelés ?
PATRICK DIASSOUKA : Au mois de juin, je serai au pays pour y réaliser des projets qui s’inspireront de ma longue expérience professionnelle en Suisse dans les différentes fonctions que j’ai occupées. Mon activité sera axée sur la rééducation de la jeunesse dans le but de participer à l’éradication de la délinquance et de la corruption ; à la formation des jeunes dans tous les secteurs d’activité confondus car ils sont des élites de demain afin d’éviter les problèmes qu’on a aujourd’hui.
C’est ce que j’ai fait ici et que je maîtrise le mieux. La plupart de ceux que j’ai formés sont aujourd’hui en voie d’obtenir leur certificat fédéral de capacité (après 3 ans de formation). Il faut noter que le secteur du commerce et détails, dans lequel j’ai fait mes preuves, est l’un des piliers de l’économie d’un pays. Je ne descends pas les mains vides : j’ai quatre projets de société que je vais présenter aux autorités, le cas échéant. Aider le chef de l’État dans son projet des 5 chantiers, tel est mon objectif.
Le Président Kabila préparerait un coup de balai dans son entourage pour se débarrasser de ceux qu’il qualifie d’incompétents ou de corrompus, beaucoup des Congolais de la diaspora congolaise de Suisse qui sont rentrés avant vous ont plutôt déçu...
Je ne sous-estime pas ni ne minimise mes aînés, ceux qui sont rentrés avant moi mais la différence avec eux, c’est que la plupart de ceux qui m’ont précédé sont certes diplômés mais n’avaient jamais exercé, n’avaient jamais mis en pratique ce qu’ils ont appris en théorie. Moi je suis un homme de terrain, j’ai acquis une longue expérience, j’apporte vingt ans d’expérience, de pratique.
Qu’est-ce qui vous a poussé de tourner le dos à la Suisse pour ce grand saut vers l’inconnu ?
Je pense avoir trop donné à la Suisse, mon pays d’accueil. Il n’est pas donné à tout le monde de diriger, de commander dans un pays comme la Suisse et vous le savez autant que moi. J’ai commencé à me sentir étouffé ! L’amour de mon pays et la volonté de le servir ont commencé à me ronger. De plus, l’appel du président Kabila est venu me réconforter et je me devais d’y répondre sans trop attendre. Comme il l’a d’ailleurs si bien dit, le Congo ne lui appartient pas. Il est fils du pays comme tout le monde. Cet appel m’a incité à rentrer.
Comment les gens ont-ils réagi en apprenant cette décision sur AEM ?
J’ai reçu des menaces, de la part de plusieurs personnes non identifiées (sur internet surtout) qui m’ont traité de tous les noms. Simplement, je tiens à préciser que les 5 chantiers ne sont pas l’apanage du président mais il s’agit d’un projet bénéfique pour la RDC. Je vais travailler pour mon pays. Toutes les réalisations du président Kabila resteront au service du pays. Ainsi, je remercie ceux qui m’ont encouragé à aller effectivement travailler pour le pays.
Que vous ont reproché ceux qui ont mal réagi ?
Ils m’ont qualifié de traître ! Je rappelle que je viens d’une famille qui a beaucoup servi le pays avant et après l’indépendance. En tant que fils de l’ancien numéro 1 de la ville, je connais au moins 19 communes de Kinshasa et les problèmes des populations. Je suis donc prêt à mener des actions de proximité auprès des populations. J’ai mes objectifs auxquels je tiens, je veux servir et aider mon pays. Il est, pour moi, inconcevable de former des cadres en Suisse et de ne rien faire au pays alors qu’il nous en manque cruellement.
Quels seront les principaux critères de sélection pour ceux qui souhaiteraient suivre une formation dans vos structures ?
L’amour du pays, l’intérêt pour la nation et non pas l’intérêt personnel, avoir un bagage – pas forcément le doctorat-, avoir un bon CV, être incorruptible. La sélection va se faire comme ici en Suisse. Il n’y aura pas d’emplois de complaisance.
La Suisse n’est pas le Congo, êtes-vous suffisamment informé et préparé pour ce saut vers l’inconnu et pour affronter les multiples barrières ?
Puisque le président a besoin de sang nouveau et de porteurs de projets, je pense que ces barrières seront franchies. Je compte travailler au développement de la jeunesse et des élites de demain.
Un mot sur vos activités associatives au pays, notamment l’association pour le développement des communes du Bas Congo
Suite à mes occupations et fonctions, j’ai dû stopper les activités des ONG (associatives). Je n’avais pas des personnes sûres sur qui compter. Je compte donc les relancer dès mon retour au pays. Mais cette fois, je vais étendre cette action au niveau national puisque je suis un nationaliste.
(TN/Yes)
Propos recueillis par Jossart Muanza / AEM
Last edited: 30/05/2009 11:22:12