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Les effets conjugués de la crise financière internationale et autres contraintes internes font constater un grave effritement du budget de l’exercice 2009 presque déjà asséché au point d’acculer le gouvernement à solliciter au Parlement un collectif budgétaire de sauvetage

MuzitoMaintenant que le taux se situe aujourd’hui entre 780 à 790 fc/1 dollar Usd, il faut y remédier car en termes réels, une grande partie du budget est déjà engloutie. C’est l’avis du Premier Ministre Adolphe Muzito, ex­primé le lundi 25 mai dernier, lorsqu’il animait conjointement une conférence de presse au Grand Hôtel Kinshasa, avec Do­minique Strauss-Kahn, Direc­teur général du Fonds moné­taire international (FMI). Pour lui, le collectif budgétaire est né­cessaire pour deux raisons.

D’abord du point de vue quantita­tif des chiffres : “ Nous avons présenté le budget 2009 en tablant sur un taux de change de 580 Fc le dollar Us. Aujourd’hui, nous sommes autour de 800 FC le dollar Us, et une partie importante de notre budget, en termes réels, est déjà engloutie “, souligne Adol­phe Muzito, avant de faire sa­voir qu’il se pose aujourd’hui une contrainte liée au calendrier par­lementaire. Cela, parce que dans 14 ou l5 jours, les dépu­tés doivent aller en vacances parlementaires. Donc, c’est une initiative non concluante actuel­lement. Et dans cette optique, il n’y aura de collectif budgétaire que vers septembre 2009 ; ce­lui-ci sera présenté ensemble avec le budget pour l’exercice 2010.

Tout est prévu par la loi financière

Il sied de souligner que le collectif budgétaire entre dans le cadre de ce que nous pou­vons qualifier des” budgets aménagés “, qui sont votés par le Parlement, en conformité avec l’article 29 de la loi financière qui dispose que “les aménage­ments et rectifications du bud­get font l’objet d’une loi ou d’une décision budgétaire présentée dans les mêmes formes que la Loi ou décision budgétaire. En cas d’urgence et moyennant un aménagement correspondant des recettes, des crédits sup­plémentaires peuvent êtres ouverts par ordonnance du Pré­sident de la République ou par décision de l’autorité hiérarchi­que. Un projet de loi portant ratification de cette modification du budget est déposé immédia­tement au  « Conseil Législatif ou à l’ouverture de la prochaine session.

Le Ministère du Budget tient compte, dans l’établisse­ment de ses prévisions budgé­taires, de l’inflation prévue par le cadrage macroéconomique. Un écart de réalisation peut donc provenir, non seulement d’une exécution non-conforme, mais aussi d’une inflation non prévue. La plupart des années en Rdc, le Ministère du Budget prépare et le Parlement vote un budget aménagé. Il s’agit en fait du bud­get d’une deuxième loi de finan­ces, relative au même exercice et qui tient compte des événe­ments survenus depuis le vote du budget initial. De ce fait, la méthode”

Dépenses publiques et responsabilité financière”, de l’anglais Pefa, impose de recou­rir au budget initial et non au budget aménagé, ce qui est lo­gique. Il convient cependant, pour être complet, de préciser que, dans la procédure budgé­taire en Rdc, l’élaboration et le vote du budget, de préciser que, dans la procédure budgétaire en Rdc, l’élaboration et le vote du budget initial s’inscrivent dans une optique qui suppose qu’il y aura plus tard, au cours de l’exercice, un budget aménagé pour tenir compte d’événements nouveaux.

Quels sont ces éléments nouveaux ?

En République démocra­tique du Congo, deux éléments nouveaux ont compliqué tous les paramètres macroéconomi­ques et ont en même temps annulé tous les efforts de déve­loppement du pays. Il s’agit de la guerre à l’Est du pays et de la crise financière internationale. En effet, au mois de jan­vier 2009, la Rdc aidée par deux de ses voisins, en l’occurrence le Rwanda et l’Ouganda, se sont engagés ensemble afin de lut­ter d’une part contre les Forces pour la libération du Rwanda (FDLR), et d’autre part, réduire la capacité de nuisance de l’Ar­mée du Seigneur (LRA). Sur le plan interne, les conséquences n’ont pas tardé à se faire sentir, car l’Etat Congolais, à travers la Banque centrale du Congo, a été obligé de battre la monnaie, pour faire face à ces dépenses extrabudgétaires. Comme con­séquence, le pays a connu une inflation généralisée et le taux de change s’est même situé aux alentours de 850 Francs congolais, contre un dollar amé­ricain.

Le deuxième facteur non de moindres, c’est la crise finan­cière internationale qui a com­mencé dans les pays dévelop­pés et qui a entraîné la Rdc jus­que dans la récession. Cette crise, avouons-le, a eu comme principal effet de conduire à la baisse les prix des matières premières, ainsi que les termes de l’échange. C’est ainsi qu’on a constaté une baisse sensible des investissements directs étrangers, ainsi que les inves­tissements du portefeuille. Suite à la crise qui prenait de l’am­pleur, les investisseurs n’avaient comme seul alternative que de retirer leurs capitaux des mar­chés africains. Dans notre pays, cela s’est concrétisé par la fermeture de plusieurs usines dans le Katanga, détruisant alors le mythe du boom minier que tout le monde connaît. C’est cet assèchement constaté au niveau du marché inter­national qui a réduit très sensiblement la capacité des entreprises étrangères à investir en Rdc. D’ailleurs, d’après les perspectives économiques du mois de mai 2009, publiées par le Fonds monétaire international, la croissance en Afrique devrait se situer 1,5% pour 2009, même si une reprise modérée est prévue pour 2010.

La Rdc n’est pas en programme

L’opinion ne doit pas oublier que la Rdc n’est pas en programme avec les Institutions financières internationales, même si elle a et continue à bénéficier de plusieurs dons de ces mêmes bailleurs de fonds bi et multilatéraux, pour lui permettre de faire face à la crise financière internationale. Si donc le pays était en pro­gramme avec les Institutions de Breeton Woods, il lui serait permis d’espérer bénéficier des appuis budgétaires.

Aujourd’hui, la Rdc doit serrer la ceinture et faire un ef­fort pour atteindre les deux ob­jectifs qu’il s’est assignés, notamment atteindre le point d’Achèvement de l’Initiative en faveur des Pays pauvres très endettés, Ppte et construire des infrastructures de base au pro­fit de la population congolaise. Tous ces deux objectifs sont intimement liés dans la mesure où la Rdc est obligée d’écarter toutes les garanties budgétaires consenties aux entreprises Chi­noises.

A l’issue de la visite de Dominique Strauss-Kahn, Direc­teur général du Fonds moné­taire international en Rdc, le Gouvernement Muzito, par la bouche d’Athanase Matenda Kyelu, Ministre des Finances, a indiqué avoir accepté d’ampu­ter les contrats chinois d’une impressionnante somme de 3 milliards de dollars Us. Un grand pas franchi qui, nous pen­sons, va permettre cette fois-ci à la Rdc d’entrer en programme avec le Fmi.

La place des régies financières

Dans certains pays, même si la crise financière les affecte gravement, ils peuvent quand même survivre grâce à la douane, et à l’apport des entre­prises du portefeuille. Mais en République démocratique du Congo, les opérateurs économiques qui ont été rencontrés par notre source, expliquent tous que la douane fonctionne à dou­ble vitesse.

Elle est très lente pour les transitaires et leurs clients respectueux de la réglementation et ultra rapide pour ceux qui, re­levant de l’informel, peuvent uti­liser des moyens peu orthodo­xes de “falsification“. Quant aux bureaux des douanes de province, ils sont pratiquement autogérés “, les droits payés n’étant que le fruit des négocia­tions entre l’opérateur, la douane et les différents services pré­sents aux frontières.

(DN/Th/GW/Yes)

Jean-Marie Nkambua/L’Avenir



Last edited: 28/05/2009 16:57:26

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