L’agitation autour des contrats chinois atteint la Chambre basse du Parlement où l’on brandit déjà une motion de l’AMP demandant que le Premier se présente à l’Assemblée nationale pour expliquer la position du gouvernement sur les controversés contrats chinois
Le passage du Directeur Général du Fonds Monétaire International, FMI, Dominique Strauss Kahn, crée des vagues dans les milieux politiques congolais et notamment à l’Assemblée Nationale, où des élus du peuple estiment qu’une certaine lumière doit être apportée sur les contrats chinois.
Il faut rappeler ici que les contrats chinois ont suscité dès le départ beaucoup de méfiance de la part de bon nombre de députés aussi bien de l’opposition que de la majorité qui avaient estimé en leur temps qu’ils exhalaient un souffle léonin.
La venue à Kinshasa du Directeur Général du FMI a dessillé les yeux et plus que jamais, la question de la révision des contrats chinois décriés par une certaine opinion refait surface. Surtout que Dominique Strauss-Kahn a été on ne peut plus clair : la RDC a besoin des contrats chinois et de l’allègement de la dette. Mais pas de l’un sans l’autre, à condition que ces contrats chinois soient revus et clarifiés correctement.
C’est dans ce sens qu’il faut comprendre les réactions du député indépendant et néanmoins membre de la majorité parlementaire, Jean Bamanisa, qui a introduit une motion, laquelle a abouti à une question d’actualité. Celle-ci envisage que le gouvernement, donc le Premier ministre, fasse rapidement le point sur les contrats chinois.
Pour l’auteur de cette question d’actualité finalement, la révision des contrats chinois s’avère impérieuse afin que l’endettement soit minimisé et qu’il soit permis aux bailleurs traditionnels de la RDC, comme le FMI, de procéder à l’allègement de la dette extérieure.
« Nous avons fait cette motion qui a abouti à une question d’actualité ou une question orale », a indiqué l’honorable Bamanisa. Pour lui, il faut que le gouvernement fasse rapidement le point de la situation des contrats chinois : « Il faut élaguer les zones d’ombres qui existent dans ces contrats pour que, vis-à-vis du Fonds monétaire, les choses soient claires.
Et vis-à-vis des entreprises chinoises aussi. Quand vous voyez un groupe nous annuler 10 milliards de dollars et un autre encore nous contraindre à nous engager pour 9 milliards. Pour tout banquier cela fait peur ».
Sur cette question, l’honorable Bamanisa compte sur la cohésion des députés, qu’ils soient de la majorité ou de l’opposition. « Ce n’est pas une question d’opposition ou de majorité », C’est une question qui est essentielle pour le peuple congolais. Et si nous avons commis des erreurs, il faut que très rapidement, avec des experts nationaux et internationaux et avec les institutions, nous puissions corriger ce qui doit l’être. »
Réagissant à cette façon de considérer les choses, une autre frange de l’Amp indique que le gouvernement travaille sur la révision de certaines clauses de contrats chinois. Pour les tenants de cette thèse, les contrats chinois autant qu’un accord avec le FMI sont fondamentaux et incontournables.
« La RDC, dans sa phase actuelle et surtout pour soutenir les 5 chantiers de la République ne peut pas se passer des contrats chinois, encore moins de l’apport du FMI pour son programme d’allègement de la dette. Aussi, le gouvernement, jouant à l’équilibriste, s’est déjà attelé à élaguer les zones d’ombre qui entourent les contrats chinois.
Dans ce cadre, les défenseurs de cette option invitent particulièrement leurs collègues à limiter leur action au simple rôle de contrôle, tandis que le gouvernement est appelé à poser des actes de gestion responsables. Il faut rappeler ici que la question de révisitation des contrats chinois n’est pas nouvelle et date de l’année dernière.
Seule, la donne a changé avec le passage de Dominique Strauss-Kahn qui a mis les pieds dans le plat en invitant le gouvernement congolais à plus de discernement, concernant particulièrement les contrats chinois. Ce n’est qu’à ce prix qu’une solution finale pourra intervenir au courant du mois de juin, comme l’a laissé entendre Dominique Strauss-Kahn.
(DN/Th/GW/Yes)
Le Palmarès
Last edited: 28/05/2009 16:55:36