Dans beaucoup de cas, une fois qu’un artiste est malade, il se trouve que la misère la plus noire le rejoint comme par enchantement et l’on découvre une personne sans compte en banque ni ressource pour ne pas dire indigent.
Quand on observe les média congolais, surtout l’audiovisuel, l’on constate la part belle faite à la musique ou particulièrement aux musiciens de notre pays et à leurs œuvres. Des artistes défilent à longueur de journées, reçus comme des princes. De quoi se demander si la musique est réellement la production première de ce pays.
La musique adoucit les mœurs certes, mais quel est l’apport économique de nos musiciens dans ce pays ? Beaucoup parmi eux qui ont fait fortune préfèrent investir à l’étranger pendant que dans leur pays d’origine des milliers de gens tirent le diable par la queue. Non contents de leur attitude ignoble, ils sont les premiers à exiger cortège et honneurs présidentiels à chacun de leur retour au bercail afin qu’ils soient fêtés comme des dieux. Depuis que les musiciens modernes existent dans notre pays, de Kalé à Wemba, contrairement aux anciens de la génération Wendo, le souci premier de ces artistes a toujours été de s’enrichir et de mener une vie digne des princes.
D’où leur engouement pour les belles voitures, les belles femmes, les villas et bien sur les voyages à l’étranger. Afficher l’opulence, la vie facile digne du plus beau rêve, tel est malheureusement l’idéal de nos artistes musiciens. Et pourtant, dans beaucoup de cas, une fois qu’un artiste est malade, il se trouve que la misère la plus noire le rejoint comme par enchantement et l’on découvre une personne sans compte en banque ni ressource pour ne pas dire indigent . Où est passé tout l’argent ? Et pourtant, c’est bien lui qui s’affichait naguère avec un luxe inouï. Tout ceci dénote, l’air de rien, d’une absence totale de réalisme et de sens de sérieux face à leurs obligations en tant que citoyens En effet, toute personne valide est un agent de développement pour sa société. Elle est de ce fait tenue de contribuer par son travail à améliorer le sort de ses concitoyens et celui de son pays.
Après avoir apporté un tant soit peu aux membres de sa famille, personne ne peut vivre en vase clos, en excluant de façon égoïste le reste de la société. Et comme le principe de la vie en société veut qu’il y ait une interaction de solidarité entre les membres d’un même groupe social, personne n’y échappe quelle que soit la profession. Celui qui a fait de gros bénéfices doit savoir partager soit par des réalisations à caractère social qui profiteraient à toute la communauté, soit carrément par des œuvres caritatives en ciblant les plus nécessiteux selon ses possibilités. Ce qui est scandaleux, c’est de gaspiller toutes ces richesses par des actions de pure vanité. Le cas par exemple de cet hôpital de Kingasani construit par le basketteur Mutombo Dikembe est un bel exemple que les grands artistes de notre pays devraient suivre au lieu de faire des folies qui ne se révèlent en fait que des chimères pendant les moments difficiles. Quand nous ouvrons les journaux d’ailleurs, nous lisons parfois qu’un grand artiste comme Michael Jackson n’hésite pas à faire des dons à ceux qui sont démunis. A propos d’initiatives, dans une société comme la nôtre, ce ne sont pas les besoins qui manquent.
Les malades et les enfants de la rue dans le besoin ne se comptent plus, les hospices des vieillards où les vieillards sont affligés par un abandon systématique , les écoles sans bancs ni livres , les filles mères qui ne pensent plus qu’à se débarrasser de leurs nourrissons faute de moyens de les nourrir, autant de problèmes sociaux qui devraient interpeller nos musiciens qui s’affichent dans une débauche révulsante donnant la trompeuse impression de facilité qui pousse les jeunes à leur emboiter le pas dans l’espoir de s’en sortir. C’est ce leurre qui fait que dans nos grandes villes l’on trouve encore de nombreux jeunes valides qui n’aspirent qu’à devenir musiciens ou danseuses au lieu de se tourner par exemple vers les métiers du bâtiment à leurs yeux plus exigeants. Pour respecter le contrat social, nos artistes musiciens devraient repenser leur mode de vie et se rendre utiles en faisant le bien au lieu d’indiquer le chemin de la perdition. La société attend d’eux des actions sociales positives en tant que agents de développement. C’est par les traces qu’on juge un homme.
(BT/PKF)
Bolenge Ngbanzo/L’Avenir
Last edited: 27/05/2009 18:31:16