La concession faite pour qu’ils intègrent les institutions ne peut pas être considérée comme une faiblesse. Au contraire, c’est une vertu politique qui nous a permis de gagner la paix.
Louis Alphonse Gbase te Gerengbo, Secrétaire exécutif adjoint de l’Alliance de la majorité présidentielle (AMP) a été l’invité de la rubrique « Cinq questions » du quotidien Le Potentiel et a répondu à quelques questions liées à l’actualité de l’heure. Ci-après le jeu des questions et réponses. En rejetant la motion de défiance initiée par l’opposition contre les ministres des Affaires étrangères et de la Communication et des médias, les députés AMP n’ont-ils pas consacré l’impunité maintes fois décriée par le chef de l’Etat ? A cette interrogation ce gouverneur honoraire de la province du Katanga a répondu qu’au niveau de l’AMP, ils offert un cadre d’échange d’informations entre les ministres poursuivis par les deux motions et les députés de la majorité. Et les députés ont été édifiés par les justifications données par les ministres.
Et pour l’interlocuteur de Le Potentiel, il faut admirer l’élégance avec laquelle les deux ministres se sont expliqués devant l’Auguste Assemblée. En ce qui concerne le ministre Thambwe Mwamba, a-t-il fait noter, non seulement il s’est excusé mais, en plus, il a retiré ce qu’il avait déclaré.
Pour sa part, le ministre Mende Omalanga s’est aussi excusé. Il a fourni les explications que tout le monde a suivies. En ce moment là, les députés de la majorité, ayant entendu les explications, aussi bien dans le cadre offert par l’AMP qu’en séance plénière.
Par rapport au recours que l’opposition a annoncée auprès de la Cour suprême de justice à la suite des résultats du vote, l’article 146 de la Constitution dispose que seuls les votes favorables à la motion de défiance sont comptés et doivent totaliser la moitié plus un, la majorité absolue des députés composant l’Assemblée nationale.
Or, en ce qui concerne le ministre Alexis Thambwe Mwamba, les votes favorables à la motion ont totalisé 194 voix tandis que ceux favorables à la motion contre le ministre Mende Omalanga ont totalisé 136 voix. Donc, dans un cas comme dans un autre, il n’y a pas eu majorité absolue de votes favorables aux deux motions, a-t-il soutenu.
A deux reprises dans la presse internationale, le chef de l’Etat a déclaré s’être « effectivement demandé » s’il avait « ces dix ou quinze personnes bien déterminées avec lesquelles on peut transformer un pays, une société ». L’AMP ne sent-elle pas frustrée?
Face à cette question qui défraie encore la chronique, l’hôte de notre confrère a laissé entendre tout simplement qu’il ne faut pas qu’on fasse une lecture sur pied de la lettre de l’intervention du chef de l’Etat en termes de chiffres absolus qu’il a annoncés. Selon lui, Il faut plutôt considérer que des hommes et des femmes, qui devaient appuyer l’action du chef de l’Etat, ne sont pas aussi nombreux que le chef de l’Etat pouvait espérer.
Et, en passant d’un exemple à un autre, Koyagialo a très bien expliqué ce que le Chef de l’Etat a voulu dire concrètement. C’est-à-dire que sur, par exemple dix, le chef de l’Etat n’a pas quatre, n’a pas cinq. Et de poursuivre que c’est la vérité parce que le chef de l’Etat a constaté que le résultat est mince par rapport à l’objectif.
C’est que certains parmi ceux qui devaient normalement l’accompagner dans la poursuite des résultats ne l’accompagnent pas assez intensément, d’où ce constat. Mais, cela ne veut pas dire que tous ceux qui sont dans sa famille politique sont des incompétents ! Ça, c’est loin de lui l’idée de s’exprimer de cette façon. Ce n’est pas le fond de la pensée du chef de l’Etat, a-t-il soutenu.
S’agissant des dispositions spécifiques susceptibles de remédier à cette préoccupation du Chef de l’Etat, la réponse de ce cadre de l’Amp a été claire. En voici :
« Vous savez que le chef de l’Etat a non seulement les cadres de sa famille politique qui sont dans les institutions comme l’Assemblée nationale, le Sénat et le gouvernement ainsi que dans les partis politiques. Il a également des gens qui lui sont favorables et qui sont dans tous les segments de la société. Je pense qu’il a un champ très étendu pour pouvoir chercher ceux qui peuvent appuyer son action. Pour le temps qui reste, je crois qu’il y a des travailleurs. Ceux qui peuvent être à sa disposition, l’accompagner - comme il l’avait dit - 24 heures sur 24, il y en a. Eh ! bien, c’est le moment qu’il pourra mettre à profit pour faire cette «recherche de l’homme qu’il faut » pour le mettre à la place qu’il faut ».
Par la signature d’un accord avec le gouvernement, l’ancien mouvement rebelle CNDP s’attend à entrer dans les institutions républicaines issues des urnes. Cette démarche n’est-elle pas contraire aux articles 5 et 64 de la Constitution ?
Koyagialo a répondu à ces termes : « Vous avez tout à fait raison mais la paix n’a pas de prix. Il a fallu, procéder par des compromis politiques plutôt que les armes, pour que la paix revienne dans le Nord-Kivu et pour que les éléments armés du CNDP déposent les armes. Je pense que la concession faite pour qu’ils intègrent les institutions ne peut pas être co nsidérée comme une faiblesse. Au contraire, c’est une vertu politique qui nous a permis de gagner la paix, l’intégration des éléments armés tant du CNDP que d’autres groupes armés du Nord-Kivu dans les FARDC. A travers ce qui a été fait, nous avons pu obtenir le contrôle du pouvoir de l’Etat sur le territoire que le CNDP occupait jadis. Je suis loin de penser que le calme est total, mais c’est un processus. Et je crois que cet aspect est totalement positif quel que soit le parcours que le CNDP a emprunté pour entrer dans les institutions. A mon avis, la paix prime sur tout, et nous faisons l’économie du sang congolais.
Le confrère a aussi posé la question de savoir pour quelles raisons la majorité serait-elle ou pas disposée à tenter la même expérience à l’occasion du prochain remaniement du gouvernement ?
A l’Exécutif adjoint de l’Amp de répondre : « Le souhait d’ouvrir le Bureau de l’Assemblée nationale à l’opposition était formulé à partir de la réunion stratégique de l’AMP. L’Autorité morale de l’AMP, avait marqué son accord. Malheureusement, l’offre qui était faite avait été repoussée par mes compatriotes de l’opposition ».
Et de poursuivre : « Il pensait que l’AMP est affaiblie, raison pour laquelle elle voudrait obtenir le concours de l’opposition et que l’opposition allait battre pavillon seul... Quant au résultat, je n’ai plus de commentaire à faire !
En ce qui concerne le remaniement, je n’ai aucun commentaire à vous faire là-dessus. Le chef de l’Etat a annoncé le remaniement, c’est lui qui détient les cartes de la réalité politique de notre pays.
C’est lui qui appréciera - après que l’opposition ait refusé l’offre qui lui a été faite d’entrer dans le Bureau de l’Assemblée nationale – s’il est encore nécessaire de faire la même offre à l’opposition qui, avec mépris, l’avait refusée il y a un mois. Enfin, ne confondons pas les choses, le Bureau de l’Assemblée nationale est une chose, le gouvernement de la République en est une autre ».
(CL/Yes)
Célestin Lutete/MMC/tiré du Potentiel