Le gouvernement a commencé à discuter avec les Chinois pour un éventuel réajustement des contrats signés avec eux afin de les rendre compatibles avec les conditionnalités aussi bien du Fmi que des bailleurs bilatéraux.
Dominique Strauss Kahn, directeur général du Fonds monétaire international (Fmi), a conjointement animé une conférence de presse ce lundi 25 mai 2009, au Grand Hôtel Kinshasa, avec le Premier ministre congolais Adolphe Muzito. C’était en présence de tant d’autres membres du gouvernement dont Athanase Matenda, ministre des Finances.
Les deux personnalités ont répondu aux différentes préoccupations des journalistes, avant de manifester leur optimisme quant à l’aboutissement heureux de l’initiative Ppte.
Au bout des discussions avec les autorités congolaises, il est démontré noir sur blanc que le Fmi s’achemine décidément vers le point d’achèvement de l’initiative Ppte et partant, vers l’allègement de la dette de la Rdc, estimée à 12 milliards de dollars américains. Sans nul doute, a déclaré le Premier ministre congolais, la signature d’un nouveau programme formel entre le Fmi et la Rdc n’est que question de temps.
Aussi, le Fmi et le gouvernement ont opté pour une démarche dialectique consistant à prendre en compte aussi bien les contrats chinois que l’allègement de la dette. Sur ce point précis, le premier ministre Muzito a indiqué que des négociations sont en cours avec la partie chinoise pour le réaménagement des ces contrats dans son volet infrastructures.
Adolphe Muzito est revenu ensuite sur le cap maintenu par le gouvernement, durant l’été 2007 et 2008, période à partir de laquelle la stabilité monétaire réalisée au pays a attiré la confiance des bailleurs de fonds, dont le Fmi.
Il a profité de l’occasion pour remercier le Fmi qui a décaissé au mois de mars 2009, 200 millions de dollars américains, pour aider la Rdc à amortir le choc exogène lié à la crise financière internationale. Il a ensuite annoncé la présentation d’un collectif budgétaire au mois de septembre prochain, question de s’adapter à l’évolution du taux de change.
Comme l’on peut bien s’en rendre compte, contrairement à certaines déclarations tendancieuses, les contrats chinois n’enfreignent nullement le programme Fmi-Rdc.
Néanmoins, la finalisation des contrats chinois pour les rendre compatibles avec le poids de la dette, et le bouclage du plan de trésorerie conformément aux objectifs du cadre macroéconomique convenu en avril 2009 constituent encore la pierre d’achoppement entre les deux parties. C’est ainsi d’ailleurs que, comme l’a si bien dit le chef de l’exécutif congolais, ces contrats seront partiellement bientôt revisités.
Pour ce qui est du Fmi, il est à noter que les négociations sont toujours possibles et le Premier ministre a laissé entendre en affirmant que le gouvernement entend travailler urgemment pour arracher un nouvel accord formel au plus tard en juillet 2009.
Voici la déclaration de M. Dominique Strauss-Kahn, directeur général du Fmi, à l’issue de sa visite en République démocratique du Congo
M. Dominique Strauss-Kahn, Directeur Général du FMI, a fait la déclaration suivante aujourd’hui à Kinshasa, à l’issue de sa visite en République Démocratique du Congo : « J’achève ma première visite en République démocratique du Congo en qualité de directeur général du FMI et je tiens à remercier le Président Kabila, le Premier ministre Muzito, le Ministre des finances Matenda, le Ministre du budget Lokola, le Gouverneur Masangu et les personnalités officielles que j’ai eu le plaisir de rencontrer.
J’ai aussi rencontré les membres de la Commission Economique et Financière de l’Assemblé Nationale et du Sénat. Je me suis également rendu au Centre de santé « Avenir Meilleur pour les Orphelins du Congo » (AMOCongo), où j’ai été impressionné par les efforts que déploie son personnel avec dévouement pour venir en aide aux enfants et aux mères vivant avec le virus du VIH.
J’ai eu aussi des échanges très enrichissants avec les syndicats et les organisations de la société civile ainsi qu’avec les étudiants et les membres du corps professoral des universités privées et publiques de Kinshasa.
Lors de l’audience que m’a accordée le Président Kabila, j’ai salué les progrès remarquables pour un pays post-conflit, réalisés par la RDC vers ses objectifs de développement à long terme. Nous avons eu un entretien productif sur les perspectives économiques de la RDC et sur les défis à relever, particulièrement dans cette période où le pays fait face aux difficultés entraînées par la crise financière mondiale.
La RDC est l’un des pays les plus touchés d’Afrique. Les prix du cuivre, cobalt et diamant se sont effondrés. Une chute des termes de l’échange de 20% est attendue cette année. Par conséquent, la croissance économique pour 2009 est estimée à 2,7%, bien en dessous des niveaux d’avant crise.
Nous avons convenu du fait que l’aide extérieure sera cruciale pour que la RDC puisse tempérer l’impact de ces chocs et protéger les plus pauvres. A cet égard, le FMI a approuvé au mois de mars un déboursement de 195 millions de dollars U.S. envers la RDC sous la facilité de protection contre les Chocs Exogènes (FCE).
J’ai salué le programme du président Kabila visant à répondre aux besoins cruciaux en matière sociale et d’infrastructures. Toutefois, de telles dépenses doivent être cohérentes avec les contraintes de soutenabilité de la dette.
Les services du FMI sont sur le point de conclure les négociations sur un nouveau programme appuyé par la Facilité pour la Réduction de la Pauvreté et la Croissance, suspendu toutefois à l’établissement d’une solution cohérente avec la soutenabilité de la dette dans le dossier de l’accord de coopération sino-congolais sur les mines et grands projets d’infrastructures. Le FMI soutient les efforts de la RDC pour accéder à la réduction de dette dont elle a tant besoin et aux investissements dans les infrastructures et le secteur minier.
Nous sommes prêts à utiliser nos bons offices auprès des partenaires au développement de la RDC à cette fin. L’examen d’un nouveau programme par le Conseil d’administration du FMI passe en effet par une solution satisfaisante apportée à l’accord sino-congolais et par l’accord de financement du Club de Paris.
Il est crucial de garder un équilibre entre les dépenses financées sur ressources intérieures et les recettes domestiques, de manière à éviter une expansion monétaire pouvant entraîner une accélération de l’inflation et mettre le taux de change sous pression. En même temps, la banque centrale devra surveiller l’offre monétaire et compenser les excès de liquidité générés par ces ressources.
Pendant ce temps, le gouvernement devrait utiliser l’espace fiscal disponible pour une meilleure allocation des dépenses vers les secteurs sociaux et la mise en place de réformes structurelles visant à rendre l’économie plus compétitive et mieux intégrée dans l’économie mondiale.
« Le FMI est prêt à poursuivre son appui aux efforts que déploie la RDC pour faire reculer la pauvreté, combattre la corruption et maintenir le cap d’un développement économique durable ».
(CL/Ern./GW/Yes)
Célestin Lutete/MMC
Last edited: 26/05/2009 17:06:19