FDLRLa population de la cité de Dungu, à 800 kilomètres au nord-est de Kisangani, était en débandade ce dimanche matin. Les gens au marché se sont dispersés, les bou­tiques ont été fermées et les cultes dans les églises interrompus. Chacun cou­rait pour rejoindre son habitation. A l’origine de cette panique, selon un membre de la société civile locale, l’assassinat de deux civils congolais ce matin par les rebelles LRA à Bamukangi, l’un des trois quartiers de la cité de Dungu, rapporte ra­diookapi.net

Rebelles LRA

La panique a débuté dans le quartier Bamukangi, avant de se répandre peu à peu à Dungu et Dungu centre, deux autres quartiers du chef-lieu du territoire. Selon plusieurs sources contactées, notamment les religieux et l’administrateur gestionnaire de la zone de santé de Dungu, l’assassinat de ces deux personnes a eu lieu à côté de la rivière Na Lukenge, près du grand marché de Bamukangi. C’est donc de là que sont partis les troubles.

Selon les mêmes sources, la société civile et les mem­bres du comité de sécurité du territoire sont descendus sur terrain pour évaluer les dégâts. Par ailleurs, la Mo­nuc a déployé ses militaires à Dungu centre pour la sé­curité des civils. Quant aux militaires FARDC, ils se sont lancés à la poursuite des assaillants dans le quartier Bamukangi.

Selon le président de la so­ciété civile, cet incident est le 3ème de ce mois à Ba­mukangi, après celui du 12 mai dernier et celui dimanche samedi dans la soirée.

La veille, une autre attaque de la LRA avait fait 5 morts. Samedi soir vers 17 heures, une première attaque des rebelle LRA dans ce même quartier Bamukangi, cité de Dungu, a fait cinq morts dont quatre civils et un re­belle LRA. Ce dernier a été abattu par les habitants du­dit quartier.

Selon la société civile loca­le, les rebelles LRA ont éga­lement incendié une dizaine de maisons, pillé quelques bâches récemment distri­buées aux déplacés par Caritas Dungu et l’ONG Ox­fam.

Aron SAMBIA, président de la société civile de Dungu, témoignage des événe­ments :  dimanche, vers 17h, il y a eu incursion des élé­ments de la LRA dans la lo­calité de Bamukandi. Ils ont tué trois personnes. Il y a le chef de quartier qui fait le tour du village pour voir s’il n’y a pas d’autres incidents. Ils ont brûlé une dizaine de maisons et ont ravis les bâ­ches remises par les huma­nitaires. Ils ravissent aussi des habits et ont même enlevés des personnes. Nous n’avons pas encore réussi à confirmer le nombre des personnes enlevées la nuit. Demain, il faudra faire une réunion de coordination au niveau de la société civile pour aller contacter le com­mandant des opérations afin qu’il puisse déployer des troupes dans la cité de Bamukandi, puisque l’atta­que du 12 avait eu lieu dans le même quartier, comme cette fois aussi. Alors, il fau­dra qu’on puisse vraiment intensifier les militaires dans ce quartier pour protéger la population.

Seize morts à Masisi

L’attaque est survenue vendredi matin contre un camion fusso sur l’axe Mwesso - Pinga, à environ 150 kilomètres au Nord de Goma, en territoire de Ma­sisi. Le camion transportait des marchandises et des passagers en destination de Pinga. Au moins 16 per­sonnes ont été tuées et plusieurs autres gravement blessées. Des sources concordantes attribuent cette attaque aux FDLR, rapporte radiookapi . net. D’après certains no­tables de Pinga, l’attaque a eu lieu vendredi vers 10 heures locales entre les villages de Katobi et Burayi à 12 kilomètres de la cité Pinga. Ces assaillants ont tiré des coups de feux pen­dant un long moment sur le camion qui s’est renversé près de la rivière Mwesso.

Pour l’instant, le bilan fait état de 16 morts dont le chauffeur et le convoyeur. On parle également de plusieurs blessés, cer­tains par balles et d’autres en tombant dans la rivière. Tous se trouvent à l’hôpital de Pinga. Des ressortis­sants de Pinga disent avoir été alertés grâce à la pho­nie de l’hôpital. Selon eux, jusque samedi soir, certains corps n’avaient pas encore été évacués du lieu d’at­taque. Le chef de groupe­ment d’Ihana se dit inquiet de cette situation. Il indique par ailleurs que dans la nuit de ce vendredi même, des combattants FDLR ont également attaqué le village de Mera, près de Kibua, dans le même secteur. Un res­ponsable d’une école a été tué au cours de l’attaque et tout le village pillé.

Mwami Séraphin Ngulu appelle les autorités à intervenir en faveur des milliers des familles dépla­cées qui errent dans le terri­toire de Walikale.

Bukavu : dix morts !

C’est le bilan pro­visoire d’une embus­cade d’hommes armés non autrement identi­fiés sur un camion qui se rendait de Bukavu à Hombo vendredi dans la matinée. Parmi les 10 morts on compte 7 civils et 3 militaires et huit blessés, rapporte radioo.kapinet

Selon le colonel Kayim­bi, commandant des opérations Kimia 2 au Sud Kivu, l’incident a eu lieu entre Chivanga et Mill, à 25 kilomètres de Bukavu, à l’entrée du parc Kahuzi Biega. Un échange de tirs a eu lieu après cet incident et les militaires FARDC sont partis à la poursui­te des assaillants vers le parc, selon la même source.

D’autres sources cependant font état de doutes sur l’identité des agresseurs. Selon eux, les militaires de l’unité attaquée pointent du doigt une autre unité militaire basée près du parc comme auteur de l’incident. Ce qui crée depuis la mi-journée une tension à Mill, bifurcation de la route du parc et de l’aéroport de Kavumu.

(DN/Milor/GW/Yes)

Le Phare