L’intersyndicale pointe les réformes initiées par le gouvernement pour avertir ce dernier sur le manque de garantie qu’elles offrent quant à la protection des entreprises à réformer et les travailleurs qui y œuvrent et menacent dès lors de manifester leur mécontentement.
Le Premier ministre a signé dernièrement un décret consacrant des mesures transitoires relatives à la transformation des entreprises publiques. Aux termes de ces différents textes, le désengagement total ou partiel de l’Etat doit être effectif, selon le cas, entre une période allant de trois à douze mois.
En lisant cependant les lois 08/007, 08/008, 08/009 et 08/ 010 du 7 juillet 2008, un flou demeure cependant auprès de l’opinion quant à savoir quels seront les statuts de ces différentes entreprises. D’une part, s’agissant par exemple des futures entreprises commerciales, il est dit que l’Etat en est l’unique actionnaire. D’autre part, il est fait allusion au désengagement total ou partiel de l’Etat. En d’autres termes, une confusion a été délibérément pour ne pas indiquer clairement quelles sont les entreprises à privatiser. Car, telle est la finalité de ces réformes.
Cependant, en dépit des précautions prises pour ne pas prononcer ce mal, les délégués des travailleurs réunis au sein de l’Intersyndicale ne se sont pas laissés prendre. Selon certaines sources, cette dernière structure aurait rencontré plusieurs fois le Premier ministre. Au cours de ces discussions, les syndicalistes auraient clairement invité le chef du gouvernement à retirer les différents textes initiés dans le but de privatiser les entreprises publiques. Quarante-huit heures lui auraient été accordées pour ce faire. Sinon, tous les agents des entreprises du Portefeuille descendraient dans la rue jusqu’à obtenir gain de cause. Des mêmes milieux, l’on apprend que Mme Jeannine Mabunda, la nouvelle dame de fer, aurait, pour la première fois, fléchi sa position. Certainement sur instruction du Premier, elle aurait écrit aux PCA (présidents du Conseil d’administration) de surseoir à toute initiative dans le sens des réformes projetées.
Tout cela est au conditionnel, mais rien n’indique que c’est faux. Il est cependant vrai que la grogne frappe à la porte de plusieurs entreprises publiques. Les agents de ces dernières voient d’un très mauvais oeil ces réformes. Certes, il est dit que les contrats de travail seront sauvegardés, mais tout le monde sait que la première chose que fera un investisseur en arrivant à la tête d’une entreprise transformée, c’est d’assainir, pour ne pas dire se défaire d’une bonne partie du personnel. Rien ne garantit que les avantages acquis seront protégés.
Le gouvernement devra d’abord bien étudier chaque dossier avant de se lancer dans une nouvelle aventure qui pourra coûter cher à l’Etat congolais.
(DN/Milor/GW/Yes)
BNM/Salongo