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Les contrats chinois donnés comme sujet de désaccord dans la conclusion du nouveau programme de coopération entre la RDC et le F.M.I n’ont plus été présentés comme un point de blocage non sans toutefois convenir à des correctifs desdits contrats

FMIDominique Strauss-Kahn, Directeur général du Fonds monétaire international (FMI), est arrivé samedi 23 mai 2009 à Kinshasa pour un séjour de travail de trois jours. Cette visite fait suite à la dernière mission congolaise qui a participé aux assemblées d’été des institutions de Bretton Woods à Washington, mais aussi, précédemment, au discussions qui se sont tenues en mars dernier à Kinshasa avec une mission du FMI.

Le patron du FMI, qui quitte Kinshasa ce lundi, a eu les entretiens et des discussions, notamment avec le Président de la République et le Premier ministre autour des questions qui retardent à ce jour la conclusion d’un accord formel avec la RDC.

La conclusion de ce programme devrait rapporter à la RDC quelque Usd 500.000.000 sur une période triennale pour soutenir la balance de paiement en cette période de grave crise financière. Kinshasa devrait aussi bénéficier d’une réduction de 90% de sa dette dans le cadre de l’Initiative PPTE.

Perspectives optimistes

Les discussions précédentes ont permis de régler différents points techniques devant ouvrir sur cette nouvelle donne, sauf le plus épineux qui est la question des contrats chinois. Les partenaires occidentaux et les institutions de Brettons Wood, dont le Club de Paris, s’inquiètent d’un nouvel endettement de la RDC et hésitent ainsi à apporter une assurance financière sans garantie sur la soutenabilité de cette nouvelle dette.

En attendant, il faut rappeler que le FMI, conscient des graves conséquences de la crise financière internationale sur les frêles finances de la RDC post-conflit, avait octroyé à Kinshasa une enveloppe de Usd 200.000.000 au titre de don. Pour d’aucuns, ce geste devrait s’interpréter comme un gage de bonnes intentions de cette institution de Bretton Woods envers la RDC. Dans cet esprit, on peut aussi comprendre les propos de Strauss-Kahn qui a affirmé, à son arrivée à Kinshasa, qu’on n’est pas loin de conclure un accord.

« Le Congo est l’un de grands pays d’Afrique qui a connu des difficultés, notamment des conflits, et qui a besoin de ce que la communauté internationale se mobilise pour fournir des ressources », a dit Strauss-Kahn qui a ajouté: « Nous ne sommes pas très loin d’aboutir à l’accord qui permettra au Fonds monétaire de fournir des ressources au Congo, et en même temps de mettre en marche le processus qui permettra de faire disparaître une large partie de la dette  du Congo. Tout ça devrait plutôt constituer de bonnes nouvelles ».

Pour cela, et tout en précisant que son rôle n’est pas de négocier avec les Congolais, il dit avoir voulu venir personnellement à Kinshasa pour « pouvoir en discuter sur place avec le Premier ministre et le Président » Kabila. La conclusion d’un accord relève toujours des deux parties. Il faut qu’elles arrivent à tomber d’accord. Je crois que nous ne sommes pas très loin et que le moment est donc venu d’avancer. Je viens essayer de voir comment les derniers problèmes peuvent être résolus, a-t-il encore déclaré.

Matenda Kyelu voit déjà rose

Hier, au terme des discussions que le Directeur général du FMI a eues avec les officiels congolais au Grand Hôtel Kinshasa, le Ministre des Finances, Athanase Matenda Kyelu, a, de son côté, fait état du même optimisme. « C’est une avancée significative. Nous sommes pratiquement à un pas, je crois que nous allons en sortir, a-t-il fait savoir à la presse. Il a fait état d’une avancée significative sur l’épineuse question des contrats chinois. Si hier, ceux-­ci étaient posés en alternative contre l’accord avec le FMI, aujourd’hui il n’en est plus le cas.

« Aujourd’hui, de plus en plus, les institutions de Brettons Wood ont compris que nous devons absolument réussir les deux, aussi bien le programme des infrastructures ­(Ndlr:les contrats chinois) que le programme de l’allègement de la dette, a précisé Matenda qui est aussi président de la Commission interministérielle chargée du suivi des programmes avec les institutions financières internationales (CISPI). Il a aussi ajouté que les divergences sur le plan technique sont aplanies, mais que les discussions sur le plan du contrat chinois se poursuivent.

Athanase Matenda Kyelu est donc convaincu que le Gouvernement va trouver une solution pour qu’au mois de juin, le dossier Congo soit présenté au conseil d’administration du FMI. Il a sollicité de Strauss-Kahn son précieux appui pour faciliter la mise en œuvre d’un programme formel entre la RDC et le FMI. « Notre démarche vise à vous demander de bien vouloir plaider auprès, notamment, du G7, qui représente l’essentiel de nos obligations vis-à-vis des créanciers membres du Club de Paris, afin qu’ils acceptent de donner les assurances financières pour le prochain programme à moyen terme, a-t-il dit au Directeur Général du FMI.

Une telle requête ne devrait pas manquer de produire des effets lorsque l’on sait que le FMI a été chargé, notamment par le G20 de suivre de près les efforts des pays post­ conflits comme la RDC, mais qui sont frappés par la crise économique et financière internationale.
Croisons les doigts.

Tout n’est pas résolu, il y a encore à faire !

Le séjour de Dominique Strauss-Kahn, Directeur général du FMI, arrive à terme dans quelques heures. Il aura été marqué par l’échange de toast hier dimanche au Grand Hôtel Kinshasa à l’occasion justement de sa visite de travail. Dans son intervention, le Premier ministre, Adolphe Muzito, a souligné la situation particulière de la RDC qui sort d’une situation de guerre complexe, et se trouve actuellement en état d’un Etat post-conflit. Il s’est empressé de relever la volonté de la RDC d’entretenir un partenariat positif avec les institutions de Bretton Woods, mais en relevant que « la RDC se trouve dans une situation d’un Etat fragile marqué par une paix troublée ».

Toutefois, a-t-il relevé, la RDC s’est engagée dans un processus irréversible de reconstruction. Elle a besoin de moyens conséquents. La RDC attend donc de finaliser son programme avec les partenaires extérieurs en vue de relancer son programme de la reprise économique. Pour ce faire, il s’est fixé deux objectifs : atteindre le point d’achèvement et signer un nouvel accord de partenariat avec le FMI.

« Tout n’est pas encore résolu »

Intervenant de son côté, Dominique Strauss-Kahn n’est pas allé par quatre chemins pour souligner l’essentiel de sa visite à Kinshasa, nonobstant les dispositions « protocolaires et amicales ». Il ne s’est pas prié pour relever que « Tout n’est pas encore conclu » et qu’il faille en toute sérénité et responsabilité poursuivre les négociations pendant les quelques heures qui précédent son départ pour Abidjan, en Côte d’Ivoire. Certes, il a reconnu que des efforts ont été accomplis, des actions ont été entreprises pour normaliser la structure économico- financière.

Mais il a tenu à souligner avec force que la « RDC est un pays riche et que, par conséquent, sa population devrait être riche et non pauvre ». Qu’elle doit être « un grand pays en taille, mais également en revenus ». D’où cette nécessité de rétablir un cadre macro-économique privilégiant le secteur privé qui est le moteur du progrès pour franchir les obstacles qui conduisent au Programme des Pays Pauvres Très Endentés, PPTE. Par conséquent, la RDC doit être capable de trouver une solution. Car, dira-t-il, il ne sert à rien « d’obtenir d’un côté des investissements en renonçant à l’allègement de la dette, c’est une perte pour la RDC ; ou obtenir de l’allègement de la dette sans que les investissements se réalisent, c’est aussi une autre perte pour la RDC ». Allusion faite aux contrats chinois si ceux-ci doivent alourdir la spirale de la dette extérieure de l’Etat congolais.

Sur ce point précis, les Chinois devraient revoir le taux de remboursement pour se convenir sur un taux concessionnel. Sur les 9 milliards au départ, l’on aurait déjà renoncé à 3 milliards de dollars USD. Il en reste 6 milliards dont trois pour les contrats joint venture. Le FMI attend la réponse des Chinois sur le taux concessionnel, apprend-t-on.

En conséquence, Dominique Strauss-Khan a largué un message clair aux autorités congolaises : « Le FMI n’est pas un ange gardien. C’est un ami sur qui il faut compter, mais un ami qui dit la vérité quand les choses boitent ».

Plus de garantie

Autant dire que la visite de DSK à Kinshasa est pour le moins protocolaire, tout ayant été déjà bouclé par des rencontres préalables des experts de deux parties. A Kinshasa, DSK vient juste donner une caution morale à un programme sur lequel Kinshasa devra s’engager pour la période 2009-2011. Et un accord, rappelle-t-on, c’est une série de dispositions et de directives que les parties acceptent de respecter dans les limites fixées dans cet accord. Or, de ce point de vue, Kinshasa n’a pas bonne presse. C’est sur ce point donc que le FMI souhaite obtenir plus de garanties du Gouvernement. Et de ces garanties, la plus importante demeure encore sa sempiternelle exigence de voir Kinshasa réajuster, dans la mesure de l’initiative PPTE, les termes du partenariat conclu avec le Chine.
 
Au-delà du réajustement des contrats chinois, Kinshasa doit bien ménager sa monture pour réussir le pari – possible – du point d’achèvement de l’initiative PPTE. Même si l’atteinte du point d’achèvement, par surcroît d’une annulation de près de 10 milliards Usd de dette extérieure de la RDC n’est pas une panacée, elle a néanmoins l’avantage d’assouplir les charges financières du maigre budget de l’Etat congolais en affectant les économies réalisées aux projets prioritaires de développement.
 
De cette manière, la balle n’est ni dans le camp de la Chine, encore moins du FMI. Tout dépend de la volonté du Gouvernement à prendre les problèmes de bon bout, sans toutefois mettre en péril l’avenir du pays. Que vaudraient les contrats chinois si l’on ne sait pas se mettre d’accord sur les termes réels de cet accord ? De même aussi, on peut se demander ce que gagnerait réellement le pays lorsqu’en concluant avec le FMI, l’on multiplie des erreurs de gestion ramenant aux calendes grecques le point d’achèvement de l’initiative PPTE.
 
Il est temps pour l’exécutif congolais d’agir vraisemblablement dans le sens de la préservation des intérêts du pays. En renouant formellement avec le FMI, la RDC a une chance inouïe d’atteindre en un temps record – soit début 2010 – le point d’achèvement de l’initiative PPTE, là où d’autres pays ont mis plus de deux ans pour y arriver.

Le rééquilibrage est donc possible entre les contrats chinois et le nouveau programme formel avec le FMI, les deux étant supposés d’un côté aider la RDC à se doter des infrastructures, et de l’autre, à effacer une grande ardoise de la dette pour permettre au pays d’aborder, avec une dette désormais soutenable, le processus de développement. Mais, tout dépend plus que jamais de la manière avec laquelle Kinshasa va aborder ces deux paris, sans susciter d’éventuelles frustrations dans l’un ou l’autre camp.

(DN/Ern./GW/Yes)

Forum des As/Le Potentiel



Last edited: 25/05/2009 18:09:42

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