La visite très attendue à Kinshasa du Directeur général du Fonds monétaire international va servir à clarifier ce week-end les longues et harassantes négociations autour du nouveau programme économique du gouvernement de la RDC à conclure avec l’institution de financement international
Dominique Strauss-Kahn, directeur général du FMI, entame par Kinshasa ce samedi 23 mai, une visite officielle dans deux pays post-conflit de l’Afrique (RDC et Côte d’Ivoire). A Kinshasa, le passage du n°1 du FMI devait permettre de lever le bouclier à la conclusion d’un nouveau programme formel (PEG II). Dernier acte donc avant la présentation le 10 juin 2009 du dossier RDC au Conseil d’administration du FMI.
C’est le 10 juin prochain que le Conseil d’administration du FMI se décide, à partir de son siège de Washington, de la conclusion d’un nouveau programme formel avec la République démocratique du Congo. En attendant, le Gouvernement et le FMI doivent préalablement aplanir certains points de divergence pour constituer ce qui fera le « dossier RDC » à soumettre, annexé à la partie technique du programme convenue à Washington, à l’approbation d’un nouvel accord formel au titre de la Facilité pour la réduction de la pauvreté et pour la croissance (FRPC).
Une fois approuvé, la RDC devait bénéficier de deux tirages en 2009 d’un montant de 79 millions Usd chacun, en juin et décembre 2009. Mais, le plus important est si Kinshasa se comporte correctement, selon les termes de l’accord, le délai d’atteinte au point d’achèvement de l’initiative PPTE pourrait être écourté et intervenir au plus tôt la fin décembre 2009 et au plus tard à fin mars 2010. En plus de cet avantage par lequel 90% de la dette extérieure devait être effacée, soit près de 10 milliards Usd en valeur actuelle nette, le pays bénéficiera également des aides d’urgence de la Banque mondiale de 100 millions Usd dont une première tranche de 10 millions a déjà été débloquée et un autre montant attendu de la Banque africaine de développement.
C’est sans doute le travail qu’entame à partir de ce samedi 23 mai à Kinshasa le directeur général du FMI, Dominique Strauss-Kahn. A Kinshasa où il arrive pour la première fois, depuis sa nomination à la tête du FMI, Dominique Strauss-Kahn envisage de s’enquérir de l’impact de la crise financière internationale en RDC. Il est donc prévu une série d’entretiens avec des officiels congolais, série qui devait logiquement se boucler par un entretien en tête-à-tête avec le président de la République, Joseph Kabila Kabange.
Vider les problèmes en suspens
Mais au-delà de la partie révélée de la visite, c’est-à-dire avoir la mesure de la crise financière internationale, l’on pense que Kinshasa mettra à profit la présence dans ses murs du n°1 du FMI pour élaguer des points qui obstruent la voie à la conclusion d’un PEG II.
L’on se rappellera qu’au terme d’âpres négociations, en marge des assemblées de printemps d’avril dernier à Washington, l’équipe des experts du département Afrique du FMI et la délégation congolaise sont parvenus à vider le volet technique du programme en se mettant d’accord sur un nombre de points. Il s’est agi, pour l’essentiel, de : cadre macro-économique 2009-2011 ; plan de trésorerie 2009-2011 est acquis ; programmation monétaire conforme au plan de trésorerie et au cadre macroéconomique en 2009 et les grandes lignes pour 2010-2011 ; budget en devise 2009 est adopté, les réserves internationales se chiffrent à 280 millions de Usd; tableau des critères de réalisation quantitatifs est attendu du FMI ; dossier refinancement banque commerciale.
Les problèmes laissés en suspens à Washington et sur lesquels, sans aucun doute, DSK entend ramener une réponse définitive à son départ de Kinshasa portent notamment sur : accord de coopération sino-congolais (conditions et accord révisé) ; assurances financières du Club de Paris et des autres créanciers pour les allègements attendus dans le cadre du programme formel ; solution au problème de la Banque congolaise ; clarification de la politique budgétaire à moyen terme (politique salariale, les Régies financières, les dépenses exceptionnelles, la régularisation des arriérés 2007, 2008 et toutes les années antérieures, dépenses des biens & services et d’investissement, écart de financement) ; et intégration des procédures d’urgence dans la chaîne de la dépense à compter de 2010.
Eviter tout relâchement
Ainsi, après leur départ de Washington, l’on doit supposer que le Gouvernement a mis à profit tout le temps qui lui restait pour réunir les éléments de réponse aux questions laissées en suspens aux dernières discussions de Washington.
Même si le programme formel est déjà en marche depuis le 1er avril 2009, en attendant l’approbation le 10 juin 2009du Conseil d’Administration du FMI à la FRPC, il importe désormais que tous les aspects de la politique macroéconomique soient harmonisés et coordonnés en vue de préserver, voire consolider la stabilité du nouveau cadre macroéconomique, élément déterminant de la poursuite du programme. Aucune excuse ne sera donc tolérée de la part du Gouvernement s’il ratait cette ultime discussion avec le premier responsable du FMI.
Il y a, cependant, des signaux qui augurent d’un atterrissage en douceur et en faveur de la RDC de prochaines discussions que le Gouvernement devait avoir jusqu’au lundi 25 mai avec les experts du FMI, menés par DSK. La RDC devait probablement accéder à un nouvel accord avec le FMI au bénéfice de l’assouplissement des procédures du Fonds pour aider les pays fragiles tels que la RDC à tenir face à la crise.
Ce n’est donc pas sans surprise que DSK a choisi de se rendre dans deux pays africains post-conflit, la RDC et la Côte d’Ivoire, du 23 au 28 mai afin de s’entretenir avec les dirigeants et autres responsables de ces pays sur l’aide que le FMI peut apporter à l’Afrique pour lui permettre de riposter à la crise actuelle.
(DN/Milor/GW/Yes)
Le Potentiel
Last edited: 23/05/2009 15:05:28