La relance de la production agricole demeure à l’ordre du jour dans le cadre des Cinq chantiers de la République. Le Chef de l’Etat s’apprête à y focaliser l’attention en lançant notamment un programme d’encadrement des producteurs agricoles dénommé Initiative présidentielle sur le manioc
Le président de la République, Joseph Kabila, va procéder dans les tout prochains jours, au lancement de l’initiative présidentielle sur le manioc en RDC. Cadre choisi : le Centre d’accueil kimbanguiste dans la commune de Kasa-Vubu. Le coordonnateur de l’Institut international d’agriculture tropicale (IITA) en RDC, Timothée Nzola-Meso Mahunga, l’a révélé vendredi 22 mai à la presse au cours de la séance de restitution du voyage d’études de la délégation qu’il a conduite en Thaïlande du 4 au 12 avril 2009. Un voyage organisé par l’IITA, mais financé par l’USAJD et par l’Association des producteurs et transformateurs du manioc du Congo.
Le but visé par le gouvernement est dans le cadre de « Cinq chantiers de la République », de relever la production et la productivité dans dix ans. Car la RD Congo est encore en dessous de la potentialité du manioc, a-t-il fait remarquer.
Aussi la mécanisation de l’agriculture, en général et de la culture du manioc, en particulier, s’impose-t-elle. Cela pour faire du manioc à la fois une culture vivrière et industrielle, a noté Nzola-Meso Mahungu. Avant de poursuivre que c’est une réalité que la délégation congolaise en Thaïlande a vécue.
C’est ainsi qu’en voyant ce que les petites et moyennes entreprises (PME) font au Congo dans le secteur du manioc, l’IITA a trouvé qu’il faut aller en dehors du pays pour se rendre compte aussi de la manière dont les autres transforment le manioc. Et l’un des pays sélectionnés a été la Thaïlande ou le circuit du manioc est bien développé. Il y existe l’Association thaïlandaise de fabrication d’amidon tiré du manioc. La mécanisation des opérations champêtres a été l’une des leçons apprises, a-t-il laissé entendre.
Qu’il s’agisse de la préparation des terrains de la plantation de l’application des engrais du contrôle de mauvaises herbes de la récolte tout est mécanisé. Cela pour la réduction non seulement du temps de travail, mais aussi du coût et du prix de la production. Alors qu en RDC, tout se fait avec la main d’œuvre l’humaine.
En Thaïlande a relevé le coordonnateur de l’HTA/RDC, le rendement est de 23 millions par hectare contre 9 millions à 10 millions pour le Congo. Lequel par ailleurs produit plus ou moins 15 millions de tonnes de manioc par an sur une surface de deux millions d’hectares contre 30 millions pour la Thaïlande qui travaille sur la productivité en augmentant le rendement par hectare. Si nous arrivons à améliorer le rendement, l’initiative présidentielle sur le manioc, nous pouvons concurrencer la Thaïlande qui est le troisième producteur du monde après le Nigeria et le Brésil, a-t-il fait savoir rappelant qu’en 1990, la RD Congo était le premier producteur du manioc en Afrique.
Et que le Nigeria est passé de 18 millions de tonnes à 45 millions, dépassant même le Brésil. Parce que ce pays a su coupler la culture vivrière à l’industrialisation de cette denrée alimentaire. Par ailleurs, le coordonnateur Mahungu a fait observer que l’IITA a pu sélectionner dix variétés améliorées qui soit distribuées actuellement à travers le pays. Ses agents et partenaires travaillent avec les communautés rurales pour introduire ces nouvelles variétés. Le problème, s’est-il plaint, se situe au niveau de l’augmentation du rendement, ces communautés ne sachant pas écouler le surplus de production.
Aussi en appelle-t-il à la création des marchés pour absorber ce surplus. Ce en accompagnant ces marchés qui vont commencer à fonctionner. Mais cet accroissement du rendement, a-t-il souligné, n’est pas possible si on ne plante pas à temps, on ne sarcle pas et on ne sélectionne pas le matériel de plantation. Il faut pour cela, une grande campagne de sensibilisation pour que cela soit bien agencé.
(DN/Milor/GW/Yes)
Le Potentiel
Last edited: 23/05/2009 14:57:26