Le FMI continue d’exiger plus de garanties sur l’impact du contrat chinois dans le cycle de soutenabilité de la dette enclenchée au travers de l’initiative PPTE. La visite à Kinshasa de son Dg contribuera à faire toute la lumière sur cette question en écartant toute équivoque souvent à la base de mauvaises interprétations.
Le Directeur général du Fonds monétaire international (FMI), le Français Dominique Strauss Kahn séjournera à Kinshasa du 23 au 25 mai prochain dans le cadre d’une tournée africaine qui va le conduire également en Côte d’Ivoire. Pour la RD.Congo, cette visite confirmée par le représentant résident du FMI à Kinshasa au détour d’un point de presse, symbolise le regain de dynamisme qui caractérise la remise sur orbite de la RD Congo sur le plan international.
A peine la délégation du Conseil de sécurité de l’Onu conduite par le français Ripert partie après s’être suffisamment informée sur la situation sécuritaire en RD.Congo que cette dernière s’apprête à accueillir un nouvel hôte de marque.
Dans l’agenda de l’argentier du FMI figure des rencontrés avec les milieux politiques et financiers congolais aux fins de s’imprégner des réalités économiques de la RD.Congo avec laquelle cette institution financière internationale est en partenariat économique.
Plusieurs fois ajournée, la visite de Dominique Stauss-Kahn en RD Congo serait motivée, au-delà de la recherche des voies et moyens pour freiner l’élan dévastateur de la crise financière internationale, par le besoin de se faire une religion sur le contrat chinois quant à ses influences sur la dette extérieure de la RD.Congo. On le sait, le FMI a longtemps fait de cette question un préalable à l’évolution harmonieuse du partenariat qui le lie à la RD.Congo.
En effet, pour l’Occident dont le FMI est l’émanation, l’exécution du contrat chinois ne ferait qu’accroître de la dette extérieure de la RD.Congo. Dès lors que les dirigeants congolais luttent pour l’effacement de cette dette en signant des accords liés à son allégement, le contrat chinois apparaît de ce point de vue, comme une contradiction. Nonobstant toutes les explications fournies à ce sujet par les autorités congolaises pour rassurer le FMI, ce dernier est resté sur sa soif, cherchant à connaître les dessous du contrat dans l’espoir de découvrir le pot aux roses.
L’ombre du contrat chinois a encore plané sur les dernières discussions engagées entre le FMI et une délégation d’officiels congolais gérant les finances du pays. C’est dire toute l’importance que le FMI attache à ce partenariat financier conclu juste dans le sens d’aider la RD.Congo à améliorer ses infrastructures de base en contre partie d’une possibilité d’exploitation de ses minerais par la partie chinoise.
Contrat chinois et dette extérieure
En tout cas, on croit savoir qu’à la faveur de cette visite, toute la lumière sera faite sur cette question en écartant toute équivoque souvent à la base de mauvaises interprétations. La possibilité pour la RD.Congo de conclure un nouveau programme avec le FMI quoique en bonne voie - est à ce prix. En effet, la souténabilité et la viabilité de la dette congolaise en rapport avec le contrat chinois pose problème dans la perspective d’une conclusion heureuse pouvant sanctionner les discussions en cours. Le FMI, entend-on dire, continue d’exiger plus de garanties du gouvernement congolais sur l’impact du contrat chinois dans le cycle de soutenabilité de la dette enclenchée au travers de l’initiative PPTE.
Pour nombre d’observateurs, le séjour congolais de Dominique Strauss Khan pourra renseigner sur l’avenir du partenariat qui lie le FMI à la RD.Congo et surtout, sur la possibilité d’accéder au point d’achèvement de l’initiative PPTE, synonyme d’allègement de la dette. En tout cas, il nous revient que les experts congolais travaillent depuis quelques temps sur une étude de faisabilité à soumettre à l’approbation du FMI.
Aussi, avant d’envisager l’effacement de la dette extérieure de la RD Congo, Dominique Straus Khan et sa suite pensent que Kinshasa doit impérativement renégocier l’accord conclu avec la Chine. Mais à quel prix ? pourrait-on être tenté de s’interroger lorsqu’on sait que la délégation du Gouvernement en mission de travail récemment à Washington avait bouclé le volet technique du fameux programme triennal.
Le FMI a-t-il une idée derrière la tête en tentant de bloquer la machine mise en branle? Rien n’est moins sur. Car, théoriquement tout est sur la bonne voie. La signature d’un nouvel accord formel entre le Fonds monétaire international et la RD.Congo, mieux d’un programme triennal pour la période 2009-2011, ne pourra que produire ses effets, quoiqu’il en coûte. Même si en filigrane, cette institution financière internationale cherche à clarifier certains points devant conduire à l’effectivité du nouveau programme économique du gouvernement que le FMI pourra soutenir au titre de Facilité pour la Réduction de la Pauvreté et pour la Croissance (FRPC).
En fait, la RD.Congo est bien partie pour accrocher un nouvel accord avec le FMI qui, sur le principe, n’y voit aucun inconvénient. En attendant que le FMI ne donne pas son dernier quitus par le biais de son prochain conseil d’administration, La RD Congo doit davantage rassurer sur les contours du contrat chinois, si non, elle va hypothéquer ses chances de régénérescence économique.
L’exemple de la Côte d’Ivoire, un autre pays post-conflit ayant réussi à atteindre le point de décision du processus PPTE, devrait inspirer la RD.Congo. D’autant plus que le pays de Joseph Kabila, déjà en proie à la crise financière internationale, a plus que besoin de l’appui diversifié de ses partenaires et autres bailleurs de fonds pour entamer avec sérénité, son programme ambitieux de reconstruction conçu autour des cinq chantiers.
A l’ombre de la récession
L’autre volet du séjour congolais de Dominique Strauss Khan consistera à entrevoir avec les autorités congolaises la possibilité d’atténuer l’impact de la crise financière internationale et voir comment renforcer l’assistance technique du FMI vis-à-vis de la RD.Congo. Pays de l’Afrique subsaharienne, la RD. Congo n’échappe pas à l’environnement économique quelque peu délétère caractérisé notamment par la forte baisse de la demande d’exportation de certains minerais et des produits de base tels le cuivre, le cobalt, le pétrole, etc.
En outre, les échanges mondiaux ayant chuté de 10%, l’Afrique en général et la RD.Congo en particulier ne peut pas échapper à ce choc. Avec une perspective de détérioration des termes de l’échange, de diminution des flux des capitaux et d’investissements consécutifs à l’assèchement du marché international, sans parler de la dégradation des finances publiques suite à la baisse des recettes, l’Afrique est mal partie.
De sombres perspectives qui ne sont pas pour rassurer les Congolais qui verront certainement l’enveloppe destinée à l’aide au développement se rétrécir considérablement. Pour contourner les effets de la récession mondiale, le FMI avait déjà édicté un certain nombre de principes, quitte à les adapter en fonction des réalités de chaque pays.
Mais à tout prendre, la RD.Congo a encore des raisons d’espérer. Le cordon ombilical qui le lie aux institutions de Bretton woods ne sera pas coupé de sitôt. Le partenariat avec le FMI a encore de beaux jours devant lui. Notons à ce sujet que le FMI avait récemment fait savoir qu’il avait assoupli ses conditions et révisé ses instruments de prêt de façon à les rendre plus souples. Cette institution financière internationale a pris l’option de doubler ses prêts concessionnels en faveur des pays à faible revenu à travers la FRPC. Dans l’attente, bienvenue Dominique Strauss Khan.
(TN/Ern./GW/Yes)
AD/Uhuru
Last edited: 23/05/2009 18:37:30