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Conçues visiblement pour ébranler moralement et politiquement la Majorité – et donc – théoriquement son chef moral qui est le président Joseph Kabila Kabange, l’interpellation du Premier ministre Adolphe Muzito et les deux motions de défiance lancées à l’endroit de deux membres en vue du gouvernement, Alexis Thambwe Mwamba ( Affaires étrangères) et Lambert Mende Omalanga (Communications et Médias) ont connu vendredi 22 mai une piteuse issue, bien que l’interpellation de Adolphe Muzito a été renvoyée sine die.

Assemblée NationaleSoumises aux voix au cours de la plénière de vendredi 22 mai, les deux motions ont donné des résultats qui ont une fois de plus renvoyé l’Opposition à ses illusions : 199 députés ont rejeté la motion contre Thambwe Mwamba contre 1994. Tandis que, en ce qui concerne le ministre Lambert Mende Omalanga, c’est une très large majorité qui a exprimé des suffrages on ne peut plus significatifs, signe sans aucun doute de l’appréciation du travail qu’il abat au ministère de la Communication et des Médias : 241 contre la motion et 134 l’ont voté.
          
Comment ne pas dire qu’à la suite de ces deux dernières vestes l’Opposition est véritablement passé à côté de la plaque avec ses deux initiatives. C’est la preuve qu’elle comprend aujourd’hui plus qu’hier que quand on s’y frotte, on s’y pique forcément : puisqu’elle veut jouer la règle du jeu démocratique, pour la énième fois, elle n’a plus qu’à remettre le métier à l’ouvrage.

Néanmoins, l’activisme  effréné qu’il a déployé à élaborer et à présenter les deux motions de défiance laissent entrevoir, comme le ferait un verre dépoli la substance motivante des actions envisagées par cette Opposition pour ébranler les fondements de la Majorité présidentielle. Il n’y a guère d’autres explications qui rendent compréhensibles l’usage abusif des règles de la démocratie qu’utilisent les ténors de cette Opposition, constamment à l’affût des erreurs des membres de l’Exécutif, quand bien même cela est de bonne guerre, nous en convenons.

Dans le cas d’espèce, les deux motions de défiance en question il n’étonne personne que Alexis Thambwe Mwamba et Lambert Mende aient essuyé à proprement parlé les rebuffades des députés de l’Opposition qui a décidé à tordre le cou à ce tandem qui fait figure, avec l’argentier de la République Athanase Matenda d’hommes qui savent tirer efficacement leur épingle du jeu dans les missions gouvernementales qu’ils accomplissent dans la satisfaction du Raïs. On peut, sans peur de nous tromper de jugement, penser à bon droit que le passage d’épreuve réussi qu’ils ont effectué vendredi leur donne des coudées franches pour poursuivre les programmes qu’ils appliquent dans leur ministère respectifs.

Pour Alexis Thambwe Mwamba, c’est un quitus indiscutable qu’il a reçu pour poursuivre les efforts du gouvernement de normaliser  et d’améliorer le climat de bon voisinage dont il a fait son cheval de bataille depuis qu’il est pris en main la diplomatie congolaise.

Et pour Lambert Mende Omalanga, la politique de fermeté et d’affirmation de la souveraineté menée à l’endroit de la chaîne publique française RFI a reçu la bénédiction de la représentation nationale. Cette fermeté doit se durcir au besoin, en cas de récidive.

Que l’Opposition mène des attaques en règle contre ce tandem en ce moment précis n’a  donc rien d’étonnant. Ce qui est sûr par contre, c’est le fait que l’objectif inavoué des motionnaires n’est ni plus ni moins que de forcer la main au président de la République pour que s’accélère le processus visant à provoquer le remaniement – un de plus en moins d’un an - du gouvernement. Pour quelle raison ? Pour donner une nouvelle impulsion à l’action gouvernementale, rétorque-t-on de ce côté-ci d’où proviennent les deux motions, alors qu’en réalité on voudrait plutôt pousser le chef de l’Etat à se séparer de ses meilleurs collaborateurs.

Une stratégie non dépourvue d’allures manichéiste, si l’on veut voir les choses plus froidement. Car si le rôle d’une Opposition est de servir de contre-poids à la Majorité dans la conduite des affaires de l’Etat, il exclut cependant toute idée de prolonger sa démarche jusqu’à postuler des postes ministériels. L’Opposition ne nous a-t-elle pas surpris lors de l’élection du renouvellement du bureau de l’Assemblée nationale, lorsqu’elle a présenté des candidats, au mépris des règles de morale et d’éthique politique ?

Laissons-là cette Opposition écrire son histoire d’aussi piteuse façon, et revenons à nos moutons.

A  l’origine de ces motions, des griefs formulés contre les deux ministres, dans l’exercice de leurs fonctions. Rien de plus normal ; la procédure étant parfaitement légale, parce que constitutionnelle.

En revanche, la substance de la motivation accuse une vacuité qui sent la veulerie à vue de nez dans la mesure où à Alexis Thambwe Mwamba, il est reproché d’avoir tenu des propos discourtois à l’endroit de l’institution parlementaire en présence des étrangers.  Ce que ses accusateurs assimilent à un casus belli. Dans une Opposition congolaise qui se complait dans la pratique de la culture de l’intolérance politique, cela est impardonnable. D’autant plus impardonnable que le ministre des Affaires étrangères aurait ensuite comparé le salaire d’un Député à celui de 10 enseignants de Goma.

A   la vérité, ce second cas de casus belli à charge du ministre Thambwe Mwamba ne devrait pas en être un : il n’est un secret pour personne – sauf pour Polichinelle - qu’un Député rentre chaque mois chez lui avec une bourse garnie de 6.000 dollars Us, alors qu’un enseignant du secondaire peine à nouer les deux bouts du mois avec plus ou moins 30 – trente dollars. Le contexte dans lequel a été révélé ces chiffres importe peu que la réalité des chiffres elle-même. Représentants du peuple comme ils aiment à le dire eux-mêmes, nous ne pouvons que nous étonner que la représentation nationale se soit sentie offusquée de ce que le secret des énormes prébendes qu’ils tirent de leurs fonctions parlementaires soit étalé sur la place publique. Parce que, comparé au montant du salaire mensuel de ceux qui ont pour mission de former la jeunesse à ses tâches de demain, ce chiffre fait effectivement scandale. Mais le scandale est moins dans le dire d’Alexis Thambwe Mwamba que dans la hantise des membres de la chambre basse à briguer un nouveau mandat électoral auprès de ces gens. Le leur donnera-t- aussi plus aisément que la première fois ? Rien n’est moins sûr.

Le vrai grief pour lequel Alexis Thambwe Mwamba est monté à Golgotha est ailleurs.

Quant à Lambert Mende Omalanga, ses crimes – aux yeux de l’Opposition, cela s’entend – vont de sa décision d’avoir mis une sourdine au signal sonore de Radio France Internationale – RFI  -  à l’interdiction d’antenne aux médias officiels qui frapperait les Députés de l’Opposition. Aucun Congolais n’ignore que Ghislaine Dupond de RFI dispose des numéros d’appel de tous les députés congolais et, pourquoi pas, de tous les pseudos Opposants. Entre elle et l’Opposition, c’est un mariage de raison qui a été scellé, qui alimente le service de la désinformation dans le  but d’asséner des coups tordus au programme des 5 chantiers de la République de la reconstruction nationale.

Si les prédécesseurs de Lambert Mende ont  fermé les yeux sur ce pacte anti-patriotique et laissé braire l’âne, cela n’est plus le cas aujourd’hui, et avec sa détermination affichée,  il y a gros à parier que cela ne se répètera pas sans que RFI s’en morde les doigts.

(CL/Yes)

Clément Vidibio/MMC



Last edited: 22/05/2009 19:37:04

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