La fin du conflit armé à l’Est augure de lendemains meilleurs pour ces deux Parcs nationaux, patrimoine mondial, où grâce à la paix revenue, les visiteurs peuvent désormais admirer les gorilles de montagne, les éléphants, les rhinocéros et les hippopotames…
Le Parc national de Garamba (PNG) dans la Province Orientale et le Parc national de Virunga (PNV) au Nord- Kivu vont bientôt recevoir la première vague de touristes après une longue période de rupture pour des raisons bien connues.
L’information confirmée, du reste, par Pasteur Cosma Wilungula, l’Administrateur délégué général de l’Iccn ( Institut congolais pour la conservation de la nature), a été livrée à la presse par les directeurs de ces Parcs à l’issue du 3ème Comité technique régional de suivi de l’Efocac IV tenu à Kinshasa et Kisantu du 13 au 16 mai dernier.
L’Ecofac ( Conservation et valorisation des écosystèmes forestiers en Afrique centrale est un programme régional financé par l’Union européenne (UE) depuis 1992. Son ambition est, notamment, d’accroître l’apport des aires protégées au développement local des populations qui vivent à proximité, par la valorisation des biens et services qu’elles peuvent espérer en tirer.
Ce programme poursuit inlassablement les activités de conservation des écosystèmes forestiers et œuvre pour le renforcement institutionnel (Etat, communautés, société civile) pour une implication durable dans la protection de la faune, flore et autres bio diversités.
La Rdc, qui a intégré ce programme depuis deux ans à peine, a vu récompenser ses efforts dans la conservation de la nature malgré les multiples difficultés occasionnées par des conflit armés qui ont eus aussi des conséquences écologiques.
Composante de l’Ecofac, elle va pouvoir bénéficier de 30 millions d’euros de l’UE. Ce montant permettra, entre autres, de réhabiliter les infrastructures de quatre sites naturels d’importance planétaire : les Parcs de Virunga, de Garamba, de la Salonga et de l’Upemba.
Selon Luis Arranz, directeur du Parc national de Garamba au Nord- Est de la Province Orientale, la grande préoccupation à ce jour reste les éléments LRA, cette rébellion ougandaise qui infeste la région. Ces rebelles attaques les villages, détruisent les champs, volent et violent. Le Parc a perdu 17 éco- gardes abattus froidement par les éléments LRA. Comme si cela ne suffisait pas, le personnel du Parc doivent faire face aux braconniers ainsi qu’aux éléments incontrôlés Fardc en quête de la viande de brousse.
M. Arranz, qui est déterminé à relancer le tourisme très prochainement, affirme que les infrastructures du Parc ont été réhabilitées. Des efforts sont entrepris pour localiser le rhinocéros blanc, animal phare du Parc. Il plaide pour que le Parc bénéficie des exonérations afin de dédouaner un lot de matériels bloqués par les services douaniers.
Il reconnaît que grâce à l’opération militaire conjointe Rdc- Ouganda, la nuisance des éléments LRA est atténuée. Et l’opération Kimia II lancée par l’état-major des Fardc et la Monuc va pacifier la région.
Par ailleurs, le contrat de partenariat signé avec l’Ong African Parks Network va permettre de redynamiser les activités du Parc national de Garamba.
Le directeur du Parc de Virunga, Emmanuel de Merode, a déploré l’invasion du Parc par la population environnante qui y exploite la braise bien connu sous le nom de Makala. Suite au déficit de l’énergie, le commerce de ce produit est devenu très lucratif si bien que certains officiers des Fardc se sont embarqués dans l’affaire.
Conséquence : le Parc risque de voir la flore disparaître et l’habitation naturelle des gorilles de montagne détruite. Pour résoudre cette équation, le Parc a lancé une énergie de substitution dont l’exploitation donne déjà de bons résultats.
(TN/Yes)
Théodore Ngangu