Après le passage de la délégation du Conseil de sécurité, c’est le tour du DG du FMI d’être reçu par les autorités congolaises dans le cadre cette fois de faire le point décisif sur la coopération entre la RDC et le FMI dans le cadre du programme FRPC appelé à faire accéder le Congo à l’achèvement de l’initiative PPTE
Le directeur général du FMI, Dominique Strauss-Kahn, arrive à Kinshasa samedi 23 mai. Officiellement, il s’agit pour lui de mesurer l’impact en RDC, Etat fragile, de la crise financière internationale. Mais d’autres questions, comme les contrats chinois, devaient inévitablement être abordées.
L’impact de la crise financière internationale sera au centre de la visite qu’effectue, à partir de ce samedi 23 mai en République démocratique du Congo, le directeur général du Fonds monétaire international, Dominique Strauss-Kahn (DSK). L’information a été confirmée hier mardi au siège du FMI en RDC au cours de la conférence de presse animée par Samir Jahjah, représentant résident principal du FMI en RDC.
Selon lui, seul l’impact de la crise financière en RDC devait dominer divers échanges que DSK projette d’avoir à Kinshasa, et ce, jusqu’à son départ pour la Côte d’Ivoire le lundi 25 mai. Mais, l’on croit savoir que les points laissés en suspens à Washington lors de récentes discussions entre les experts congolais et ceux du département Afrique du FMI sur un nouvel accord formel avec le FMI devaient également être abordés par le directeur général du FMI. Mais l’invité surprise des débats promet d’être le partenariat conclu entre la RDC et la Chine.
« Nous sommes confiant que les discussions pourront bien évoluer », a dit Samir Jahjah, évoquant l’agenda de la visite de DSK. Evoquant le point sensible des contrats chinois, il a fait savoir que : « L’essentiel pour nous (Ndlr : FMI) est que les contrats chinois ne mettent pas en péril la soutenabilité de la dette, processus dans lequel est engagé la RDC ».
Premier contact avec la presse
Pour son premier contact avec la presse congolaise, Samir Jahjah s’est appesanti sur l’impact de la crise financière mondiale en Afrique subsaharienne. Il s’est, à cet effet, appuyé sur les perspectives économiques régionales pour l’Afrique subsaharienne publiées par les services du FMI, en marge des assemblées d’avril dernier.
Même si les effets de la crise mondiale (alimentaire, énergétique et financière) ont été ressentis avec un léger décalage en Afrique subsaharienne, le représentant résident du FMI a reconnu qu’à l’instar d’autres coins de la planète l’Afrique n’a pas été en marge de ce phénomène.
Il s’est toutefois félicité de progrès remarquables accomplis par les économies africaines au cours de dix dernières années aussi bien en termes de croissance économique que de mise en œuvre de réformes structurelles pour donner un nouveau dynamisme à l’économie. Selon lui, le succès de ces dix dernières années est la résultante des politiques macro-économiques cohérentes et courageuses ainsi que de l’allégement de la dette.
L’appui salvateur de l’extérieur
Par contre, au regard de graves déséquilibres suscités par la crise financière internationale, il a fait savoir que l’Afrique a plus que besoin d’un large soutien de la communauté financière internationale pour l’aider notamment à consolider la croissance économique, en fort recul en 2009, selon les dernières prévisions, et contenir les pressions sur le taux d’inflation et la balance des opérations courantes.
« En Afrique subsaharienne, la croissance économique devait ralentir en 2009 avant une légère reprise en 2010. Mais, la reprise dépendra en grande partie de la réaction des partenaires extérieurs et de l’élan de croissance dans les pays pilotes comme l’Afrique du Sud et le Nigeria », a indiqué Samir Jahjah.
Au cours de son intervention, le représentant du FMI n’a pas manqué de relever le cas spécifique de la RDC, confrontée aux mêmes difficultés que la plupart des pays de la région.
En effet, a-t-il dit, en RDC, la crise financière internationale a eu de répercussions sur le rythme de la croissance, en hausse depuis 2002, et le niveau des réserves internationales qui ont été sérieusement périclitées en raison de l’amenuisement des revenus d’exportations.
Ainsi, au-delà de l’arsenal de facilités aménagées par le FMI pour aider ses pays membres, particulièrement les Etats fragiles à l’instar de la RDC, Samir Jahjah a fait remarquer que pour mieux répondre à la crise, les pays devaient utiliser la marge de manœuvre budgétaire disponible ; autant que possible assouplir la politique monétaire et laisser le taux de change s’adapter à la conjoncture externe ; surveiller de près les facteurs de vulnérabilité des investissements et s’y adapter rapidement ; et maintenir la ligne des objectifs moyen terme par une gestion rationnelle des finances publiques, un dispositif de protection sociale et une nette amélioration de l’environnement des affaires.
Ne se doutant aucunement de la portée réelle de ses mesures sur la conjoncture des pays de l’Afrique subsaharienne, Samir Jahjah est convaincu que « toutes ces mesures requièrent un soutien conséquent de la communauté internationale ».
(DN/Ern./GW/Yes)
Le Potentiel
Last edited: 20/05/2009 16:51:32