KombiArrêt sur images d’une journée de grève commentée par les acteurs de terrain

Pénible, la matinée de lundi 18 mai 2009 l’a été pour les Kinois qui ont dû faire usage de leurs moyens de locomotion pédestres pour se rendre à leurs lieux de service, faute des transports privés qui n’ont pas été au rendez-vous à la suite d’un mot d’ordre de grève que les chauffeurs et les receveurs se sont communiqués de bouches à oreilles en fin de semaine dernière.

Soucieux d’être l’église au milieu du village en pareille occasion, MMC a laissé parler les acteurs de terrains qui ont donné libre cours aux arguments qui sous-tendent le mouvement qu’ils ont observé au cours de cette journée et qui a pénalisé des centaines de milliers d’hommes.
       
Voici comment ils s’expliquent :

Fr. - Xavier N’landu (chausseur du taxi-bus Hiace, Selembao) : « Nous sommes habitués avec les tracasseries habituelles que nous rencontrons chaque jour  chez les agents de la Police routière. Je dois reconnaître qu’ils nous prennent chaque jour pas mal d’argent mais au moins ils ne nous maltraitent pas comme le font les éléments de la police que l’on appelle les « robots ». Les « robots » qu’on a mis sur les grandes artères nous en ont fait voir de toutes les couleurs toute la semaine passée. Ils nous ont administré des coups de fouet publics pour des manquements minimes au Code de la route, et ce parfois devant de dizaines de badauds qui ont assisté à ces scènes atroces. En organisant le mouvement d’hier, nous avons voulu exprimer notre ras-le-bol pour que ça cesse. Nous espérons que l’autorité comprendra le bien-fondé de notre réaction somme toute légitime ».

Jean Nguizani ( Receveur Taxi-bus Kombi ligne Ezo-Marché ) : Les « robots » se sont acharnés contre nous la semaine passée en nous donnant la bastonnade publiquement. Une punition sans égale mesure avec les infractions qu’ils nous reprochaient. 20 cous de fouet ! Vous n’imaginez pas les souffrances que cela nous a causé. Alors nous avons pensé qu’il fallait réagir à notre manière. Et nous sommes restés à la maison lundi ».

Tshilombo Jean de Dieu (Chauffeur sur la ligne Ozone – Kintambo Magasin) : « Monsieur le journaliste, je n’ai pas été victime des excès  des « robots », mais c’est pour moi m’occasion de dire le ras-le-bol de tous mes confrères du secteur des transports privés. Comment voulez-vous que l’autorité urbaine nous oblige de n’accepter que des passagers assis alors qu’il autorise les passagers debout dans les bus de l’Etat ?

Comment expliquez-vous que nous soyons astreints à pratiquer un tarif de 33 Fc contre 500 Fc aux transporteurs publics sur la même ligne, alors que nous, les privés, nous sommes de ceux qui souffrent le plus de la décote quotidienne de notre monnaie nationale, notamment pour l’achat des pièces de rechange ?

Alors que nous ne sommes pas encore au bout de nos peines avec tout ce que nous impose l’administration c’est-à-dire : vignette, autorisation de transport, couleurs du véhicule, assurance, voici qu’on vient de nous jeter encore une grosse pierre sur nos têtes avec la sortie de la nouvelle plaque d’immatriculation. Vous vous rendez compte : tout cela grève nos charges et l’on ne s’en sort plus. Tout ça coûte cher, très cher.

Et quand on voit comment les « Roulages » nous malmènent chaque jour, nous nous posons la question de savoir si on ne veut pas en fin de compte nous empêcher de rendre service à la population. Parce que, à l’allure où cela va, il y a à craindre que nous ne puissions plus suivre. On risque d’assister à la mort programmée des transporteurs privés. Je vous laisse l’occasion de méditer sur ce qu’en seront les conséquences pour la population ».

En résumé : tracasseries policières, inégalité de traitement de faveur entre les transporteurs privés et publics et multiplicités des taxes constituent les grandes tourmentes des transporteurs privés. Comment trancher ce nœud gordien qui empeste ce climat délétère qui secoue les milieux des transporteurs ?

(CV/Yes)

Cl. Vdb / MMC