RouteLes chinois disent que les occidentaux, qui ont été présents au Congo 50 ans durant sans résultat, doivent apprendre à se taire désormais. Ce n’est pas demain. Que les compatriotes de Mao vont réserver une fin favorable aux exigences de l’occident. Et comme  pour leur faciliter les choses, la RDC a   tranché en faveur de la Chine qui a conclu un marché gagnant-gagant avec notre pays. Au FMI où l’on croyait que pressions exercées sur la RDC feraient réfléchir puis reculer les chinois, on apprend que le monde a cessé d’être unipolaire.

Dans le bras de fer engagé entre l’Occident et les Chinois à travers le feuilleton Rdc-FMI, les dragons asiatiques se sont montrés peu bavards. Ils ne se sont jamais signalés par la moindre déclaration sur le dossier. C’est à croire qu’ils plaident coupables ou n’ont guère envie des jérémiades occidentales. La dernière option est plus vraisemblable. Et c’est en observant la réalité pratique sur le terrain que l’évidence saute aux yeux. On ne sent aucun signe de panique parmi les compatriotes de Mao Tsé Toung en pleins chantiers au Congo. On ne les sent pas davantage sur leurs gardes. Au contraire, ils travaillent résolument, méthodiquement et de manière imperturbable. A les voir à l’ouvrage, tout le monde à l’impression qu’ils ont un dos de canard. Des menaces du FMI viennent y mourir pitoyablement. Ainsi, chaque jour qui passe, toute nouvelle pelletée chinoise le long du Boulevard du 30 juin par exemple, toute excavation le long de cette artère comme un défi contre l’Occident.

Au FMI où l’on croyait que les pressions exercées sur la Rdc feraient réfléchir, puis reculer les Chinois, on est servi. Très pleinement. Au club de Paris comme dans toutes les officines financières occidentales, l’attitude des Chinois intrigue. On veut savoir ce que pensent ces derniers. Ce qu’ils se disent concernant les exigences occidentales de révision des contrats conclus avec la Rdc. Difficile de le savoir. Mais heureusement pas pour tout le monde. Un haut fonctionnaire africain a dernièrement éclairé la lanterne de l’Occident.

A ceux-ci, il a clairement fait savoir ce qui suit: « Le desaccord est qu’à l’état actuel, c’est un mauvais accord pour les Congolais. Mais vous pouvez aussi comprendre les Chinois. Ils se disent que vous autres Occidentaux avez été ici pendant 50 ans et il y a eu peu de résultats. Il n’y a même pas une route reliant Kinshasa à Goma. Le haut fonctionnaire africain n’a pas parlé en l’air. Il lui est arrivé de tomber incidemment sur quelques indiscrétions d’officiels chinois. Partant, la tournure indirecte « ils se disent … » apparaît comme une simple circonlocution visant à éviter un compte-rendu cru et direct.

D’ailleurs, l’attitude des Chinois est explicite. Dans les rencontres officieuses, chaque fois que l’occasion leur en est offerte, les officiels du pays de Hu Jintao ne ratent pas l’occasion de lancer cette lapalissade aux visages des acteurs du révisionnisme. Pour sûr, ce n’est pas demain que les Chinois vont accéder aux demandes pressantes du FMI. Et comme pour leur faciliter les choses, le Chef de l’Etat refuse d’offrir son dos aux velléités révisionnistes de l’Occident. Dans sa dernière interview au quotidien Le Soir de la Belgique, Joseph Kabila s’est montré très tranchant sur la question. Il a affirmé à Colette Braeckman qu’avec la Chine, le Congo traite d’égal à égal et a conclu un marché gagnant-­gagnant.

Comment se faire encore la moindre illusion face à tant de détermination ? Même dans l’entourage du numéro un congolais, des lobbies puissants sont tout autant opposés à toute modification des contrats chinois. Elle est vraiment loin, la période où les Cabinets présidentiels étaient exclusivement pro occidentaux au Congo. La situation remonte au Zaïre de Mobutu. Depuis le 17 mai 1997, les choses ont radicalement changé. A cela s’ajoute les bouleversements irrémédiables survenus à travers le monde. Celui-ci est devenu multipolaire en ce début de 21ème siècle. Les Chinois savent donc qu’ils tiennent le bon bout.

Surtout que le Congo a appris à qui s’adresser pour résoudre sa crise. Face à la condescendance improductive de l’Occident. Ce pays n’avait guère de choix. Il a recouru à un pays émergent. Ce nouveau type de nations s’illustre par un pragmatisme presque échevelé. Le genre d’engagement dont a urgemment besoin les pays pauvres très endettés. Car, pour dire vrai, comment le FMI continuait-il à prêter de l’argent à un régime peu orthodoxe dans la gestion comme le fût celui de Mobutu ?

L’institution financière internationale est complice d’un endettement aveugle et préjudiciable pour le développement de tout un peuple. Comment comprendre que ces financiers inconséquents et peu responsables s’acharnent à faire aujourd’hui la morale à la victime de leur inconséquence.

(DN/Th/GW/Yes)

Le Palmarès