Le représentant de la CPI en RDC s’échine à Kinshasa à expliquer à l’opinion congolaise déroutée par les spéculations autour d’une éventuelle libération de J.P. Bemba que tant que les juges ne se sont pas encore prononcés le 24 juin prochain sur le dossier, rien ne doit laisser croire à quoi que ce soit sur son sort
Depuis que la défense de Jean-Pierre Bemba a déposé sa panoplie d’arguments à décharge de son client, les spéculations, un peu comme les cours à la bourse, jouent une sarabande endiablée. Des plus farfelues et saugrenues aux plus vraisemblables ou souhaitables, tout a été dit. Dans la première frange, une certaine opinion a même prétendu que le passeport du patron du MLC est en voie de restitution à La Haye. Dans la seconde, beaucoup sont ceux qui annoncent un non-lieu judiciaire dans le dossier opposant Moreno O’campo à Bemba.
Pour cette dernière catégorie, la libération de l’ancien vice-président de la Rdc est déjà chose acquise. Il devient dès lors difficile de savoir démêler le vrai du faux, le sensationnel du probable, voire du possible.
C’est justement pour remettre les pendules à l’heure que la CPI a décidé de briser son silence. Elle a apporté toutes les clarifications voulues sur le dossier Bemba durant le week-end dernier. C’est le porte-parole de son bureau à Kinshasa qui s’est prêté à l’exercice. Il a annoncé qu’il n’y a à ce jour aucune issue connue- favorable ou défavorable- au dossier Bemba. Les juges ne s’étant pas encore prononcés sur la question. Leur décision ne pourra intervenir qu’au plus tard le 24 juin prochain. En attendant cette échéance, tout ce qui circule et alimente l’opinion publique ne relève que de la pure spéculation.
Pour autant, explicite le porte-parole de la Cour pénale, que nul ne peut dire à l’avance ce que sera la décision des juges. Même pas lui. Il appartient à ces derniers et eux seuls de prendre la décision de libérer Bemba. Mais force est de reconnaître à tout le moins que le dossier du leader du MLC reste complètement ouvert. C’est-à-dire qu’il peut se boucler en sa faveur ou contre lui. Aucun élément en jeu ne permet d’écarter une possibilité au profit de l’autre.
Toutefois, il est intéressant pour l’opinion nationale de savoir ce qui pourrait se passer au cas où les charges retenues contre Bemba ne seraient pas confirmées. Contrairement à l’option unilatérale de libération immédiate que l’on avance assez souvent, trois options fondamentales s’imposent. La première voudrait que les juges demandent au Procureur d’apporter d’autres charges, tout en refusant la liberté provisoire au prévenu. Là, tout sera parti pour un long bail.
La deuxième option impose carrément la libération inconditionnelle du prévenu, pendant que Moreno O’campo sera invité à rebattre ses sentiers. Mais cette option ne va pas de soi. Elle peut être brisée par une troisième possibilité. Celle où le Procureur de la CPI interjette un appel contre la décision de la Cour. Dans ce cas de figure, le prévenu sera contraint de cuver sa détention jusqu’à ce que les juges prennent une décision finale. Voilà succinctement présenté la vision de la CPI via sa représentation à Kinshasa, sur le dossier Bemba. Qui vivra verra!
(DN/Th/Yes)
Le Palmarès
Last edited: 18/05/2009 18:44:43