Suspecte infiltration des services de sécurité du pays par des réseaux hostiles à la RDC : la journaliste Ghislaine Dupont de RFI est revenue dans son acharnement à supputer les zizanies déstabilisatrices avec des dossiers scabreux telle l’affaire Bahizire exhumée dans les services sensibles du pays
Dimanche 17 mai, les Congolais ont commémoré le douzième anniversaire de la libération du pays par Laurent Désiré Kabila. Plus que l’entrée, le 17 mai 1997, des troupes de l’Afdl dans la capitale, les commémorations ont pris les allures d’une méditation sur la disparition tragique du héros de cette libération. A la Cathédrale Notre Dame et surtout au mausolée situé sur le parvis du Palais de la Nation, l’ombre du destin de M’Zee a plané sur tout le cérémonial.
Et comme en écho à l’évocation du souvenir de ce grand homme, les derniers sujets d’actualité montrent que les démons de la déstabilisation de la RD Congo n’ont pas fini de hanter le pays. La patrie de Lumumba est toujours en danger. Et lorsque le Chef de l’Etat évoque, dans l’interview qu’il a accordée au journal le Soir de Bruxelles, les destins tragiques de son arrière grand-père, de son grand-père, et de son père, il ne s’agit nullement de simples rappels historiques. Garant constitutionnel de la Nation et des institutions, continuateur du combat nationaliste, Joseph Kabila sait de quoi il parle.
Les propos présidentiels ont valeur d’alerte, de coup de semonce. Les Congolais sont prévenus. Eux dont on sait qu’ils sont étrangers à la culture de sang, ont vu M’Zee Kabila assassiné en plein exercice de ses fonctions.
Pour qui a écouté Radio France Internationale le 15 mai dernier dans ses éditions africaines du matin et de la mi-journée, le danger qui guette le pays ne relève pas d’une vue de l’esprit. La légendaire Ghislaine Dupont a revisité l’Agence nationale de renseignements avec moults détails. Partant de l’affaire Bahizire du nom du pasteur arrêté à l’Equateur, la journaliste de Rfi a fait une véritable plongée dans le saint de saints de la sûreté nationale en rendant public le fonctionnement de celle-ci, les mesures prises récemment et en livrant en holocauste le patron de la sécurité intérieure! Les auditeurs avertis n’en ont pas cru leurs oreilles.
D’où cette terrible question: Est-il normal que des situations internes d’un service secret soient étalées sur la place publique ? Quand un service secret n’est plus à l’abri du secret, c’est que le pays est vraiment en danger. La première interrogation appelle une deuxième tout aussi cruciale: D’où ou de qui Ghislaine Dupont peut-elle tirer des informations aussi sensibles ?
Visiblement, la spécialiste RDC de Rfi paraît disposer des sources au sein même de l’Anr. Faut-il en déduire par extension que les sources de Rfi sont logées à la Centrale d’intelligence congolaise ? D’avoir suivi Ghislaine Dupont dans ses révélations du vendredi 15 mai, il semble n’y avoir guère de doute. Et la conclusion de l’intervention de la consœur Dupont laisse entrevoir un coup fourré contre l’administrateur principal de l’Anr en charge de la sécurité intérieure. C’est que visiblement les taupes de Ghislaine Dupont chercheraient aussi la tête d’un de piliers des services, et donc de la sécurité du pays.
Quelles sont les visées réelles de ceux des cadres d’une institution, par définition secrète, quand ils s’évertuent a régler des comptes à un autre cadre via les médias ? Et puisqu’on est tous sur terre, comment expliquer qu’une journaliste estampillée hostile au régime puisse paraître disposer des réseaux au sein même de l’Anr ? Y aurait-il donc des loups dans la bergerie ? Devons-nous conclure que la campagne médiatique contre les institutions du pays est alimentée par certains agents de renseignements ?
Garant de la sécurité du pays et de tous les congolais, le Chef de l’Etat devrait nettoyer au archers les écuries d’Augias. Les complicités internes au sein même des services qui transparaissent du traitement par Mme Dupont de l’affaire Bahizire, illustre l’étendue du danger. La souveraineté du pays, sa stabilité, la bonne marche des institutions, et la vie de plus de 60 millions de congolais sont menacées. Comme un remake du vaste complot contre M’zee, les ennemis de la Rd-Congo infiltrent le cœur du système, achètent des consciences, entretiennent des contradictions tribales au sein même de la province d’origine du Président. Ce travail de sape, que l’affaire Bahizire illustre jusqu’à la caricature a, au moins, un triple mérite.
D’abord, elle aura permis d’édifier l’opinion sur l’une des sources de la déstabilisation médiatique du pays avec en prime cette question : entre Ghislaine Dupont et certains agents de l’Anr, qui manipule qui ? Ensuite, le feuilleton Bahizire paraît indiquer que la tête du patron de la sécurité intérieure est mise à prix. Pourquoi la journaliste de Rfi conclu-t-elle son commentaire par le responsable de la sécurité intérieure dont on réclamerait le départ ?
« Que cache cette insinuation de la part d’une journaliste aux positions politiques trempées », fait remarquer un observateur. Que gagnerait-on en déstabilisant le numéro un de la sécurité intérieure. Etonnante chute qui, d’après nombre d’observateurs, achèvent de mettre à nues les visées des informateurs Anr de Ghislaine Dupont.
Enfin, l’intervention de l’experte Rfi de la RD.congo permet de mieux lire en homme averti l’interview que le Raïs a accordée à Colette Braekman du quotidien bruxellois Le Soir.
Inquiétantes présomptions d’espionnage à l’ANR !
Où que l’on aille présentement, cette question d’apparence banale, est curieusement sur toutes les lèvres. Tant ce qui se raconte ici et là au sujet de l’ANR dépasse tout entendement. Personne de bonne foi ne pouvait croire que le temple de la bouche cousue avait en son sein, parce que c’est le cas visiblement, des gens prêts à tout, c’est-à-dire incapables de se taire.
Des gens qui prennent un malin, et funeste plaisir à parler avec légèreté, partout et à tout le monde, d’un service sans lequel il n’est pas de pouvoir qui tienne. On parle tellement de l’ANR ces temps-ci, et de plus en en plus en mal, qu’on est en droit de se demander si cette grosse machine du renseignement n’est pas infiltrée par des éléments qui veulent la déstabiliser, ou le déstabilise à tout le moins, l’affaiblir notablement. A cette préoccupation, on n’a pas encore de réponse satisfaisante.
D’après ce qui se raconte, et que personne n’a encore démenti jusqu’ici, la prestigieuse Agence nationale de l’enseignement (ANR) service secret par excellence n’aurait plus de secret. Ce qui s’y passe se sait à la minute même, ici et au-delà des frontières de la République. Comment en est-on arrivé là pour que le temple de la discrétion, qui fait son efficacité, et du secret absolu, qui est sa ligne de conduite, ressemble subitement à une calebasse trouée ?
Qu’est-ce qui s’est passé pour que la grande muette se mette elle-même ou par personne interposée à parler à haute et intelligible voix des matières qu’elle traite, et qui ne sont censées être connues que des seuls initiés ?
Aujourd’hui, ce que fait l’ANR est connu et mis, sans précaution préalable sur la place publique. Ses moindres faits et gestes sont rapportés par des médias avec une précision qui donne froid au dos. Au point où l’opinion, ulcérée, en arrive à se demander ce qui va encore se produire dans ce pays dans les jours qui viennent. En effet, quiconque veut mettre un pouvoir à genoux, déstabiliser son service de renseignement est le raccourci le plus sûr.
On en est là. En tout cas on n’est pas très loin de là. Et comme par hasard, tout ça arrive au moment où Kabila promet un séisme sans précédent dans toutes les structures dirigeantes du pays. Serait-ce une simple coïncidence ? Pas évident, à mon avis. En attendant, les choses se passent comme si le feu incandescent qui couve au sein de l’ANR était le bienvenu.
Pour éviter au pays des surprises hautement désagréables, Kabila doit taper du point sur la table pour ramener cette piscine de la République à l’orthodoxie propre aux exigences de sa mission. Une éventuelle guerre de positionnement n’autorise pas qu’un service aussi délicat que le renseignement soit livré aux caprices des intérêts des individus.
En fait, que se passe-t-il ? Ou, que s’est-il passé pour que nous nous sentions dans l’obligation de tirer cette sonnette d’alarme ? Quelque chose de très grave et de très inattendu, que voici. Le vendredi 15 mai 2009, ce n’est pas loin, la Radio France Internationale a parlé de ce qui se passe présentement à l’ANR avec un sens de détail qui a troublé plus d’un Congolais. Le grand tam-tam français a parlé avec force détail des arrestations, des libérations, des changements intervenus ou en cours dans certains services de l’ANR.
La RFI a donc rapporté des choses de nature à secouer le cocotier. Maintenant la question comment elle a pu être informée de manière aussi détaillée des faits que nombre de responsables politiques du pays ne connaissent même pas ? Même si tout ce qu’elle a dit n’est pas forcément vrai, tout porte à croire que RFI a rapporté des faits qui ne sont pas nécessairement faux.
Parce que c’est ainsi, comment des agents d’un service aussi important que capital pour le pays, ont pu s’autoriser à livrer aux médias, d’ici ou d’ailleurs, des informations destinées à la consommation essentiellement interne ?
Maintenant la crainte de l’opinion qu’est-ce qui se cache derrière ce mauvais vent qui souffle sur l’ANR ? On ne le sait pas encore. Mais il ne serait pas étonnant que ce soit quelque chose de pas du tout bon pour la République.
(DN/Milor/GW/Yes)
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