Thambwe MwambaDe 17 mai 1997 au 17 mai 2009, ça fait douze ans depuis que l’Alliance des forces démocratiques pour la libération du Congo (AFDL) prenaient les rênes du pouvoir en République démocratique du Congo. Dès lors, la diplomatie congolaise est moins performante pendant que sous d’autres cieux elle est utilisée comme un outil au service de développement.

La date du 17 mai 1997 restera longtemps gravée dans la mémoire collective des Congolais. C’est le jour où l’Alliance des Forces démocratiques a fait son entrée triomphale à Kinshasa pour sonner le glas du régime dictatorial du maréchal Mobutu Sese Seko qui a clochardisé les Zaïrois devenus Congolais, durant trente-deux ans.

Autre temps, autres mœurs, pouvait-on lire entre les lignes dans la pensée des Congolais qui aspiraient au changement total et radical, et cela dans tous les secteurs de la vie. Sur le plan diplomatique, le premier changement intervenu était sans nul doute la nomination de Bizima Kahara, un pro-rwandais, au poste de ministre des Affaires étrangères.

A l’usure du temps, ce chef de la diplomatie congolaise s’est révélé comme un agent qu’on a collé à la peau du président M’zée Kabila pour le pousser à l’erreur. Bizima Kahara et ses collaborateurs aux ambitions floues ont par exemple, conseillé le président de la République de ne pas recevoir le pasteur Jessy Jackson, envoyé spécial de l’ancien président américain Bill Clinton. Ils ont, par ailleurs, attisé le feu entre le régime du président Kabila et les puissances occidentales avec les Etats–unis d’Amérique en tête.

Autre changement intervenu dans la diplomatie congolaise, c’était la nomination de plusieurs diplomates, pour la plupart, des membres de l’AFDL issu de la diaspora. Ces nouveaux diplomates qui ont rejoint la carrière diplomatique grâce à leurs affinités avec les nouveaux dirigeants étaient essentiellement des ambassadeurs politiques.

C’était donc une sorte de redistribution des cartes entre les membres influents de l’AFDL, plus précisément ceux de la diaspora qui ont été accrédités dans plusieurs représentations diplomatiques de la RDC à l’étranger.

Outil de développement

Au courant de cinq premières années du régime de l’AFDL, la diplomatie congolaise avait pratiqué la politique de la chaise vide lors de plusieurs forums internationaux. Ce qui a donné l’occasion au Rwanda de prendre le dessus sur le Congo parce qu’il pouvait facilement convaincre les partenaires étrangers là où le Congo était absent.

Mais, à l’usure du temps et plus précisément à partir du 2 août 1998, la vérité avait éclaté au grand jour, prouvant que Bizima Kahara et les autres avaient pour missions d’enfoncer le président Kabila. Dès lors, la RDC a fait face à une guerre d’agression injuste.

En 2001, après la mort de M’zee Laurent-Désiré Kabila, le nouveau président Joseph Kabila a pratiqué une diplomatie d’ouverture et aplani les différends avec les puissances occidentales. A noter que le régime de Joseph Kabila a, à son actif, la relance des activités de l’Académie diplomatique de Kinshasa qui contribue énormément au renforcement des capacités des agents et fonctionnaires du ministère des Affaires étrangères.

En dépit de cette approche d’ouverture et de dynamisme, l’appareil diplomatique congolais est demeuré très lourd à cause de la présence des diplomates inexpérimentés, accrédités sur base des clientélismes politiques et des amitiés. Autre obstacle, c’est la gouvernance basée sur la formule 1+4 qui a beaucoup plus alourdi la conduite des affaires diplomatiques.

Douze ans après l’entrée de l’AFDL, le constat est amer parce que la diplomatie congolaise continue à trébucher. Et pour preuve, l’actuel ministre des Affaires étrangères, Alexis Thambwe Mwamba a, selon ACP/MCN et mediacongo.net, qualifié de « catastrophique», l’évaluation des missions diplomatiques de la RDC où on note la présence des diplomates «illettrés», ne sachant même pas rédiger une correspondance diplomatique.

M. Alexis Thambwe Mwamba a fait ce constat le vendredi 17 avril 2009, au Salon rouge du ministère des Affaires étrangères, à l’occasion de la double cérémonie officielle de clôture de la 5ème session ordinaire de formation et d’ouverture de la 6ème session ordinaire de formation des diplomates congolais. Cependant, si les indicateurs diplomatiques de la RDC sont au rouge vif, les autres pays de par le monde s’efforcent pour utiliser la diplomatie comme un outil au service du développement.

A cet effet, tirant les leçons du fiasco de la diplomatie de l’AFDL, un spécialiste des Relations Internationales estime que le gouvernement congolais ferait mieux d’accréditer dans les missions diplomatiques, des intellectuels formés dans des écoles diplomatiques ou des institutions universitaires des Relations Internationales.

Une façon de souligner qu’il faudra privilégier les diplomates des carrières et des Internationalistes au détriment des ambassadeurs politiques qui excellent par l’amateurisme. Car, l’avenir politique et économique du Congo en dépend.

(CL/Th/GW/Yes)

Pierre Emangongo/Le Potentiel