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Visite d’intérêt humanitaire évident de la présidente de la Fondation Mzee Laurent-Désiré Kabila auprès de nombreux handicapés physiques victimes d’une maladie mystérieuse appelée Konzo à Kahemba dans la province de Bandundu où cette maladie sévit en véritable catastrophe sociale

Jaynet & Gouv. BandunduC’est lors du passage le mois d’avril dernier à Bandundu, chef-lieu de province du même nom, à l’occasion de la campagne de sensibilisation à la solidarité nationale envers les compatriotes sinistrés de guerre à l’Est du pays, que Mme Jaynet Kabila, présidente de la Fondation Mzee Laurent-Désiré Kabila, avait décidé de se rendre dans la cité Kahemba vers la frontière avec l’Angola. Et pour cause : Mme Jaynet Kabila qui avait été informée de l’autre drame humanitaire sévissant dans cette cité et toute sa contrée environnante, et cela on eût dit à l’indifférence totale et de l’opinion nationale et de celle internationale, avait tenu à s’y rendre pour y voir de visu les tristes réalités de cette partie de la République.

Le programme de la campagne de sensibilisation et la difficulté de réunir à son temps les conditions matérielles requises n’avaient pas permis d’effectuer le déplacement de Kahemba que Mme Jaynet Kabila reporta à une date ultérieure. Exceptionnelle femme congolaise très engagée dans l’humanitaire, la présidente de la Fondation Mzee Laurent-Désiré n’avait pas oublié son projet et a fini par fixer cette date promise à mardi dernier, jour ainsi choisi pour effectuer la visite à Kahemba. Il n’a pas été surprenant de constater que le gouverneur de province de Bandundu, M. Richard Ndambu Wolang, fut de la partie dans ce déplacement.

Kahemba s’est en fait mobilisée exceptionnellement pour accueillir ses hôtes de marque. Déjà au petit aéroport de brousse où a atterri le bimoteur transportant le gouverneur et la présidente de la Fondation Mzee Laurent-Désiré Kabila, une foule euphorique ovationnait les visiteurs du jour qui furent peu à peu submergés par une marée humaine vivement enthousiasmée. On eût dit que tout Kahemba était sorti pour les saluer. Le bain de foule de cet accueil fut exceptionnel jusque devant la maison du territoire de Kahemba où fut organisé un palpitant meeting.

L’administrateur du territoire toujours du même nom Kahemba, ci-devant M. Kasongo Ngoy, ouvrit le bal de la fête populaire du meeting par un discours dans lequel l’orateur ne s’est pas interdit de déballer les maux réels qui rongent son entité et dont on peut retenir les points saillants que voici : abandon presque total du coin délaissé à vivoter de ses conditions de plus en plus éprouvantes de manque d’eau, d’appauvrissement accentué de la population, de continuels harcèlements policiers avec insécurité de proportion inquiétante puisque trois morts provoqués par des hommes en uniforme ont été signalés en l’espace de quelques mois.

Malades konzo La commissaire de District du Kwango, Mme Buka, qui a précédé le gouverneur sur les lieux, était aussi intervenue en se limitant aux commodités protocolaires de souhait de bienvenue aux hôtes de marque que Kahembe était fière d’accueillir. Elle saluera spécialement en Mme Jaynet Kabila, une providentielle médiatrice des victimes du fléau de la maladie Konzo en la baptisant même du nom de « Dorcas » de la Bible, ce qui souleva des vivats nourris de l’assistance toute reconnaissante envers la combattante humanitaire qui s’intéressait si particulièrement à ses problèmes locaux.

Pour sa part, outre la communication sur les questions administratives qui lui étaient publiquement soumis et sur lesquelles il annoncera sur le champ des mesures énergiques de solutions rapides aux problèmes posés, le gouverneur Richard Ndambu Wolang s’est adressé à la foule en présentant la présidente de la Fondation Mzee Laurent-Désiré Kabila dont il a spécifié le vif intérêt pour la population sinistrée par le fléau de la maladie Konzo. Mme Jaynet Kabila se donnera elle aussi un bref moment d’adresse à la foule qu’elle remerciera pour son chaleureux accueil, avant de se rendre ensuite auprès des malades qu’elle devait visiter.

Grave tragédie oubliée de dépérissement de population

Les cruelles réalités du fléau de la maladie dite Konzo seront découvertes au Centre de santé Guy Homery où les religieuses de la Congrégation de la Divine Providence de Kahemba, avec maison mère à Créhen en France, assurent le suivi des handicapés qui s’y sont fait identifier. Mme Jaynet Kabila a été accueillie à ce centre par une autre et chaleureuse effusion de joie des pensionnaires visiblement confiantes en leur hôte.

Près de 200 personnes de tous âges, enfants, jeunes et adultes touchées par le fléau se sont fait identifier au Centre de santé Guy Homery pour y être suivis par les religieuses assurant plus un contrôle qu’un traitement. C’est un spectacle écœurant qui s’offrait devant les yeux en voyant se bousculer au sol tant d’estropiés et d’handicapés. On disait que les malheureux de tous âges se retrouver pratiquement dans toutes les familles à Kahemba. Un responsable administratif a confié que l’année dernière il avait été dénombré près de 2.000 cas de ces malades. « Le dixième de la population de Kahemba souffre de cette maladie ! », clame sans ambages le responsable concerné qui expliquera la mystérieuse apparition de la sinistre pandémie.

C’est depuis plus d’une vingtaine d’années, confiera-t-il, qu’il a été remarqué l’ampleur des cas des paralysies frappant autant les enfants que les personnes adultes de Kahemba et des environs. Un matin, on constate subitement le cas d’une personne dont les membres locomoteurs se retrouvent bbrusquement flageolants et débiles. Le patient bloqué devient incapable de se mouvoir et au fil du temps le membre bloqué sèche et se durcit entrainant sur une paralysie irrévocable.

Soeur Ibanda Les cas de ces paralysies se sont multipliés à une ampleur vertigineuse. Sœur Françoise Nyoka, une des religieuses infirmières du Centre Guy Homery a signalé le nombre exact de 179 patients enregistrés pour suivre le traitement que le centre arrive à assurer, en signalant que presque la moitié de la population de la cité de Kahemba souffre de la pandémie. Elle précise que les patients adultes dont les membres ont durci sont des cas désespérés, tandis que les enfants de moins de cinq ans arrivent parfois à être sauvés après plusieurs exercices de kinésithérapie. Il est arrivé de rares cas d’enfants qui s’étaient remis à marcher.

Selon certaines Ong locales qui se sont penchées sur ces cas de paralysie, une des causés suspectées du fléau serait la consommation d’une variété de manioc à forte teneur de substance toxique, en l’occurrence du cyanure avéré un poison mortel irrévocable. La mauvaise préparation de ce manioc dans la confection de la bouillie communément appelée « Fufu » à base de sa farine serait la cause de la maladie. A cause de la carence d’eau dans la contrée de Kahemba, les ménagères ne plongent pas leur manioc dans les cours d’eau qui peuvent tant soit peu mitiger la toxicité du cyanure. En recourant seulement aux réserves d’eau stagnante dans des seaux d’eau, elles ne peuvent que favoriser le maintien des substances toxiques.

 De ce fait le cyanure demeure dans la farine de manioc consommé du reste comme principal aliment de base de la nourriture locale. A la longue le cyanure atteint le cerveau et bloque les nerfs stimulant les facultés motrices des membres du corps humain. Face au danger ainsi expliqué, une campagne est menée par plusieurs Ong pour flétrir les risques de toxicité du manioc suspecté, en suggérant une fabrication de sa farine à base des cossettes plongés dans de l’eau courante de rivière pour en diminuer le risque de retenue de cyanure. Il a même été proposé d’abandonner dans les habitudes alimentaires locales la variété de manioc répandu dans la région. En vain ! Les paysans qui considèrent que la variété attestée nocive produit plus de tubercules, ils y tiennent mordicus.     

L’entendement de la population est d’ailleurs différent de cette explication des Ong autour du fléau. Une bonne partie de l’opinion croit à une cause mystérieuse de la maladie. Elle ne s’explique pas autrement le mauvais sort qui semble s’être abattue uniquement dans la contrée de Kahemba. En réaction à ce sort fatidique, la population implore plus d’assistance et d’attention de la communauté tant nationale qu’internationale pour être secouru dans ce malheur qui la frappe.

Malade Les personnes qui se considèrent les plus averties de cette population trouvent une autre compréhension de la situation. Il s’agirait, selon elles, d’un crucial problème de malnutrition. La consommation exclusive du manioc et de ses feuilles, sans une autre alimentation beaucoup plus riche en protéines serait à la base de la maladie. Les conditions de vie sociale se sont tellement dégradées à Kahemba qu’il est pratiquement impossible à la population de se nourrir autrement et d’avoir les meilleures protéines garantissant l’épanouissement sanitaire.

Pathétiques messages

 On va plus loin dans la présentation de la catastrophe humanitaire que l’on dit inconnue auparavant dans les années passées au temps où Kahemba prospérait tant soit peu de sa situation de carrefour de la route du diamant en Angola. La grande majorité de la population active de la contrée dont les jeunes s’adonnaient dans l’eldorado du diamant de Kafufu en Angola. Surtout au temps de l’occupation de cette partie du territoire angolais par les partisans de l’Unita de Savimbi. Kahemba vibrait alors réellement des activités du diamant, mais depuis que la belle époque de cet essor s’est envolée avec la fin de Savimbi, tout a basculé, se raconte-t-on.

Les ressortissants de Kahemba dont la vie est naturellement tournée du côté angolais font durement les frais des changements opérés à cet après-Savimbi. La frontière avec l’Angola est, comme on le sait, officiellement fermée avec refoulement des Congolais qui n’arrivent plus à trouver les revenus pouvant les mettre à l’abri du besoin. Ce sont d’ailleurs toutes ces préoccupations qui ont été formulées dans les doléances présentées à la présidente de la Fondation Mzee Laurent-Désiré Kabila.   

 La Sœur supérieure Balbine Ibanda avait signifié ces préoccupations dons son adresse de circonstance à la présidente de la Fondation Mzee Laurent-Désiré Kabila qui avait une oreille toute attentive au propos de l’oratrice et avocate des malades qui sont consulté au Centre de santé Guy Homery. Selon cette responsable, les besoins urgents sont présentés succinctement comme suit :

  • Accélérer le changement de variétés de manioc moins toxiques ;
  • Multiplier les réserves d’eau de pluie ;
  • Faire une canalisation d’eau potable à partir de la rivière la plus proche (3 km)
  • Amélioration de l’alimentation ;
  • Formation d’un personnel pour animer les parents et les enfants malades, pour travailler dans le Centre de santé ;
  • Agrandir le Centre et pourvoir à son équipement pour assurer l’accueil de plus d’enfants malades en vue des soins appropriés et du suivi ;
  • Créer des ateliers d’apprentissage de métiers pour les enfants récupérés.

JaynetS’adressant plus directement à la présidente de la Fondation Mzee Laurent-Désiré Kabila, la Sœur Balbine Ibanda a eu les propos ci-après témoignant de l’espoir escompté sur l’implication de la Fondation dans la recherche des voies et moyens de parer au fléau déploré. « Nous vous assurons, a déclaré en substance la responsable du Centre de santé, de notre franche collaboration dans cette œuvre sociale à l’endroit de laquelle Mzee Laurent-Désiré ne resterait pas indifférent, et votre présence en ce lointain Kahemba est la preuve de cette préoccupation que vous portez au sein de la Fondation ».

La Sœur Blandine Ibanda renchérira : « Nous vous serons reconnaissantes d’être notre interprète auprès du Président de la république Joseph Kabila Kabange, aux organisations gouvernementales et non gouvernementales pour une intervention qui nous aiderait tous à arrêter sans trop tarder l’évolution de ce fléau qui risque de pénaliser toute une frange de la population. Que le Seigneur, notre Dieu, vous protège dans vos différentes initiatives et vous donne la grâce de les accomplir dans la joie et l’amour ».

 Un autre message particulièrement pathétique celui-là est venu des malades eux-mêmes représentés par un jeune garçon de douze ans qui s’est trouvé fauché par le sinistre fléau de Kahemba et dont les séquelles de la maladie se sont ressenties même dans la lecture de son adresse de circonstance dont voici la teneur.

« Maman Jaynet. Soyez la bienvenue. Mère de miséricorde, de tendresse et de pitié, nous vous remercions pour votre visite combien humble te maternelle pour nous, enfants handicapés de Kahemba ! Ainsi, pour cette visite, nous espérons que vous nous remettrez nos jambes, et nous saurons désormais nous déplacer comme les autres enfants normaux. Et soyez très sûre qu’après cette remise des jambes, nous serons de bons citoyens pour notre beau pays, la République démocratique du congo ».

« Très chère maman, ne nous oubliez pas, ayez pitié de nous, handicapés du Centre Guy Homery de Kahemba. Encore une fois, soyez donc la bienvenue parmi nous ! Enfants du Centre Guy Homery de Kahemba ».

Implication de la Fondation Mzee Laurent-Désiré Kabila

La présidente de la Fondation Mzee Laurent-Désiré Kabila était visiblement émue par les messages si touchants qui lui ont été adressés. Dans un élan de compassion, elle prendra la parole à son tour pour s’adresser à l’assistance comprenant et les malades et leurs encadreurs du Centre en leur disant combien elle était touchée par le drame du fléau de maladie Konzo. Mme Jaynet Kabila a expliqué ensuite qu’il était un devoir pour chacun de tout mettre en œuvre pour secourir les compatriotes ainsi éprouvés par la mystérieuse maladie. Une vaste campagne de sensibilisation et des actions concrètes doivent être menées pour au moins prévenir le mal tout en s’occupant des malades à soulager.

Jaynet Pour ce qui est attendu comme contribution de la Fondation, Mme Jaynet a promis d’intervenir dans la mesure des moyens disponibles et à réunir pour participer au programme qui s’impose de secours aux victimes de la maladie de Konzo. La Fondation Mzee Laurent-Désiré Kabila se dispose de travailler dans ce cadre en collaboration autant avec les autorités du gouvernement provincial de Bandundu, celles du gouvernement central à Kinshasa, que toutes les structures de bonne volonté qui sont également sollicitées et peuvent parvenir à apporter leur contribution vivement attendu.

C’est dans cette ambiance empreinte de communion et de sollicitude envers les compatriotes éprouvés par la maladie que la présidente de la Fondation Mzee Laurent-Désiré Kabila a visité les services médicaux du Centre où les explications lui ont été fournies sur le genre de traitement que les sœurs infirmières assurent aux patients pour soulager tant soit peu leur mal. Une attention particulière de Mme Jaynet Kabila a été portée sur les prothèses réalisés au centre et démontrant les malformations auxquelles les malades parviennent de même que sur la présentation à titre démonstratif d’une séance d’exercice de redressement d’un petit enfant en début d’affection de la maladie.

Après ce tour d’observation, la présidente de la Fondation Mzee Laurent-Désiré Kabila a eu au centre une séance de travail avec les responsables encadreurs, de même qu’un connaisseur de la pandémie qui a fait partie de sa délégation, en la personne de Dr. Tshiala dont la thèse de doctorat a porté sur la pandémie de Kahemba. C’est avec ces connaisseurs que Mme Jaynet Kabila a fait une prospection des actions envisageables en vue de convenir un programme de prévention efficace pour contrer le mal.

Encore une fois un tel programme a été envisagé en collaboration avec les autorités tant provinciales que nationales et toutes autres organisations à caractère scientifico-médical, social et humanitaire. La présidente de la Fondation Mzee Laurent-Désiré Kabila a insisté sur l’aspect de recherche et d’analyse scientifique qu’il importe d’approfondir pour bien circonscrire le mal et éviter d’en aborder le problème sans la rigueur qui s’impose. Elle a promis de souscrire totalement dans cette voie qui pourra peut-être mieux sauver les compatriotes victimes du fléau.

(DN/Yes/PKF)

Daniel Nzuzi/MMC



Last edited: 18/05/2009 17:04:15

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