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C’est le résultat obtenu hier par l’argentier national présent aux assemblées annuelles du Conseil des gouverneurs de la Banque africaine de développement (Bad). Après avoir raflé le succès à Washington au Fmi, le ministre des Finances cartonne au Sénégal.

La RDC vient de voir couronnés ses efforts de stabilisation économique et financière, mais aussi sa lutte contre la crise financière. Hier, en effet, Athanase Matenda Kyelu, qui conduit une délégation congolaise aux assises annuelles de la BAD a signé un accord pour des facilités dans la lutte contre la crise financière, facilités qui vont profiter à la Banque centrale, notamment pour aider aux importations, aux secteurs de l'éducation par la paie des enseignants, mais aussi à celui de l'énergie et du transport ferroviaire.

Ces facilités découlent des actions de plaidoyer continu de l’argentier national rd congolais auprès des partenaires au développement pour trouver des moyens à court terme visant à l'atténuation des effets de la crise financière. Film de l'évènement.

Retombées des assemblées annuelles de la Bad

Dakar, capitale du Sénégal, abrite depuis le 13 mai 2004, la 44ème assemblée annuelle du Conseil des Gouverneurs de la Banque africaine de développement et la " 33 ème assemblée annuelle du conseil des Gouverneurs du Fonds Africain de Développement sous le thème : " l'Afrique face à la crise financière internationale : un plan d'action ". La délégation congolaise qui prend part à ces forums est conduite par le ministre des Finances Athanase Matenda Kyelu, en sa qualité de Gouverneur pour la RDC auprès de la BAD.

Profitant de ces assises, le ministre des Finances a signé, hier mercredi 13 mai 2009, avec Mme Zeinab EL BAKRI, Vice-Présidente de la Banque Africaine de Développement (BAD), un accord de don d'un montant de 65 millions d'unités de compte, soit l'équivalent de 97,18 millions de dollars américains au titre de la Facilité de la BAD visant à atténuer les effets pervers de la crise financière.

Ce financement couvrira quatre volets essentiels, à savoir le renforcement des réserves internationales de la Banque Centrale du Congo et un appui substantiel aux importations de biens, le règlement de quelques mois de rémunération des enseignants, la prise en charge des factures de consommation d'eau et d'électricité de l'Etat en faveur de la REGIDESO et de la SNEL, le soutien au plan de relance de la SNCC.

Cette facilité, il convient de le signaler, découle des actions de plaidoyer continu d'Athanase MATENDA auprès des partenaires au développement pour trouver des moyens à court terme visant à l'atténuation des effets de la crise financière. L'on se souviendra, en effet, qu'à l'invitation du Gouvernement, les membres du Conseil d'Administration de la BAD avaient séjourné à Kinshasa au mois de février dernier, palpant du doigt les réalités sur terrain. Ce qui a certainement facilité l'approbation urgente de l'octroi de ces ressources à la RDC.

L'appui de la BAD, faut il le rappeler, s'ajoute à celui de la Banque mondiale d'un montant de 100 millions conclus en février, et ceux du Fonds monétaire international d'un montant de 200 millions, toujours au titre de dons dans le cadre de la crise financière. Mais, il est vrai que les besoins de la RDC vont au-delà de ces ressources. Cependant, bien canalisées, elles devraient permettre une certaine reprise, surtout en faveur des entreprises directement bénéficiaires, sans compter l'assouplissement des pressions sur le budget de l'Etat.

Pour ce qui est de la REGIDESO et la SNEL, ces deux entreprises devraient bénéficier d'une amélioration substantielle de leur trésorerie qui pourrait, dans un contexte adéquat, leur doter de moyens pour mieux desservir la population. Quant à la SNCC, l'initiative du ministre des Finances est nettement salutaire, car elle a fini d'inscrire cette entreprise sur les ressources de la BAD pour contribuer au renforcement de l'intégration économique interne de la RDC par le chemin de fer qui cesse ainsi d'être un slogan. Il revient à présent à la nouvelle administration de cette entreprise de faire preuve de pragmatisme pour tirer le maximum de cette facilité.

Pont Kin-Brazza et programme avec le Fmi au menu

En plus de ces actions d'intérêt socio-économique national, Matenda Kyelu a également signé, toujours hier, un autre accord de financement de l'étude de faisabilité du projet pont-route-rail entre Kinshasa et Brazzaville pour un montant de 5millions d'unités de compte soit USD 7,5 millions, accord signé conjointement avec son collègue du Congo Brazzaville Pacifique ISSOIBEKA.
Athanase MATENDA a, par ailleurs, eu un tête-à-tête avec le Président de la BAD, Donald KABERUKA, au sujet de l'évolution des négociations avec le FMI sur la conclusion d'un programme triennal et sur l'état des rapports avec son institution. Il est également intervenu au cours d'un séminaire de haut niveau au sujet de la crise financière internationale et les Etats fragiles, particulièrement sur le cas de la RDC.

En cette période de grave crise économique et financière, le tour de force que vient de réaliser Matenda Kyelu est une véritable bouée de sauvetage pour la RDC, une bouée qui couronne les multiples efforts que n'a cessé de multiplier le ministre des Finances pour sortir le pays du gouffre avec le concours de tous ses partenaires bilatéraux et multilatéraux. L'essentiel étant de faire usage efficient des instruments financiers à sa disposition.

Les assises de Dakar se tiennent en raison des effets pervers de la crise financière mondiale sur les économies africaines en général et celle de la RDC en particulier qui, du fait de la faible diversification de son économie, est fortement dépendante de son secteur minier, du reste tributaire des fluctuations de la demande de l'économie mondiale. Cette situation fait qu'en dépit des efforts déployés par le Gouvernement pour la stabilité du cadre macroéconomique, la crise financière, qui a été précédée des crises énergétique et alimentaire, a fini par saper les acquis des politiques orthodoxes que le Gouvernement avait commencé à mettre en place.

Dès le dernier trimestre 2008 déjà, cette crise va se manifester avec une virulence particulière, notamment à travers le taux d'inflation mensuel qui va culminer à 8,9% en janvier 2009 après s'être stabilisé à moins de 1% fin 2007. Idem pour le taux de change qui fluctuait à moins de 500 FC contre 1 dollar américain, et qui, suite aux chocs exogènes principalement, a fait un pic jusqu'à 800 FC en mars 2009. Et malgré les efforts d'une gestion budgétaire base caisse, le déficit public s'est soldé à 60 milliards en décembre 2008. Le niveau de réserves internationales avait aussi sensiblement baissé pour toucher le fond de 33 millions de dollars américains en février 2009.

Par la suite, si le secteur de l'économie monétaire a accusé un relâchement remarquable dès le début 2009, l'économie réelle a consécutivement souffert d'un renversement des tendances aux conséquences sociales dramatiques. En effet, de nombreux emplois, surtout dans le secteur minier, ont été supprimés dès le dernier trimestre 2008. Cette tendance s'est non seulement propagée en effets boule de neige, mais a surtout contribué à exacerber la situation déjà précaire des entreprises publiques inscrites au programme d'urgence de relance mis en place par le Gouvernement.

C'est dans ce contexte que le Gouvernement, au travers du ministère des Finances, a mobilisé les partenaires multilatéraux pour appuyer un programme minimum de redynamisation de ces entreprises. Ce programme dont les financements sont disponibles à ce jour touche actuellement la SNCC, la REGIDESO et la SNEL. Motif valable pour pousser un happy end, tout en maintenant les efforts fructueux à ce jour pour la maîtrise du cadre macro-économique dans l'objectif ultime d'entrer en programme avec le FMI et d'atteindre, enfin, le fameux point d'achèvement qui donne accès à l'Initiative PPTE.

(CL/PKF)

Célestin Lutete/MMC/Dakar



Last edited: 16/05/2009 15:43:22

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