L’Equateur, le Maniema et les deux Kivu sont des provinces les plus touchées par cette situation, démontre une étude menée de mars à août de l’année dernière sur la pauvreté de l’enfant et les disparités en Rdc.
En partenariat avec l’Unicef, le ministère du Plan a organisé, mardi en la salle des conférences du ministère des Affaires Etrangères, un atelier de restitution de l’étude sur la pauvreté des enfants et les disparités en Rdc.
L’objectif général poursuivi par cette étude est de contribuer à la reconnaissance de privation dont souffrent les enfants et à la détermination des atouts qui permettent de les supprimer.
De façon spécifique, cette étude consiste à établir le niveau de pauvreté des enfants, à identifier leurs profils les plus affectés, à déterminer les gaps des plans de développement pour la lutte contre la pauvreté, ainsi qu’à déterminer les pistes d’intervention pour la lutte contre la pauvreté et la protection accrue de l’enfant.
Elle a pour but de rendre routinière la prise en compte prioritaire des besoins de l’enfant dans la répartition des ressources et dans l’élaboration des programmes de lutte contre la pauvreté en renforçant la capacité des décideurs et du grand public à identifier et à combler les lacunes des stratégies actuelles.
Cette étude menée précise que le niveau de pauvreté des enfants est supérieur à celui des ménages, soit 76, 6 % contre 71, 3 %, révélant que l’incidence de la pauvreté des ménages ayant au moins un enfant de moins de 18 ans est supérieure à celle de l’ensemble des ménages enquêtés soit 73, 6% contre 71, 3 %.
Le même document d’étude laisse découvrir, en outre, que le niveau de pauvreté non monétaire des ménages est plus important que celui de leur pauvreté monétaire (soit 80 % pour les privations contre 71, 3% pour la pauvreté monétaire).
De ce fait, suggère le document, une plus grande priorité doit être donnée à la lutte contre la pauvreté non monétaire, même dans les ménages qui se trouvent au dessus de la ligne de pauvreté monétaire.
« Des enfants qui souffrent de privations dont 60,5 % sont affectés par une privation sévère dont 91, 6% (soit presque tous) ont au moins une privation modérée. Les privations modérées qui affectent plus les enfants, sont celles relatives à l’accès à l’information, aux toilettes et à l’eau », ressort de cette étude.
Equateur, Maniema, Nord-Kivu et Sud-Kivu méritent une attention particulière
Au regard de cette pauvreté, l’expert Nzuzi Kikhele qui a dirigé cette étude, a expliqué que la situation dans des provinces les plus touchées est variable par pilier du bien-être de l’enfant.
Il a, ce pendant, souligné que la pauvreté est plus importante en milieu rural qu’en milieu urbain, contrairement aux enfants de Kinshasa qui ont presque le même niveau de bien-être le plus élevé.
En ce qui concerne les provinces de résidence des enfants qui connaissent la situation la plus difficile, l’expert a fait savoir que la situation varie suivant le pilier du bien-être considéré.
Pour la nutrition, il s’agit des enfants du Bas-Congo, Maniema, Nord- Kivu et Sud Kivu. Sont concernés pour l’éducation ceux du Nord-Kivu, Equateur, Sud-Kivu et Katanga. Mais, pour la mortalité, l’on note le Bas-Congo, l’Equateur, le Maniema, le Sud-Kivu et la Province Orientale.
Ainsi, a-t-il dit, les enfants des provinces de l’Equateur, Maniema, Nord-Kivu et Sud-Kivu méritent une attention particulière dans la mesure où ils semblent être les plus affectés, cela résulterait non seulement du niveau de pauvreté monétaire des parents, mais aussi de plusieurs privations dont ils souffrent et qui portent sur leur cadre de vie, notamment en matière d’éducation, d’information…
Le ministre du Plan, Olivier Kamitatu, a indiqué que, compte tenu du niveau le plus élevé de la pauvreté non monétaire, « la lutte contre les disparités et les privations devrait dorénavant être privilégiée en matière d’actions à mener ».
Pour y parvenir, il a passé en revue 5 orientations importantes à explorer et à intégrer dans le programme d’Action prioritaire (PAP) du gouvernement.
Pour Pierrette VuThi, la représentante de l'Unicef, « la pauvreté en Rdc affecte près de 7 enfants sur 10. Le peu de progrès observés depuis 1995 dans l’amélioration de la situation de l’enfant congolais compromet les chances d’atteintes des objectifs millénaires pour le développement (OMD) en 2015 ».
Elle a également indiqué que la Banque Mondiale, dans son apport publié en 2008, a révélé des faibles niveaux de ressources publiques allouées aux secteurs sociaux respectivement 8% et 4 % en 2009 dans l’éducation et la santé.
(SL/PKF)
Sylvie Meta/MMC