Programme Amani au Sud-Kivu : Les groupes armés menacent de suspendre leur participation
Kinshasa, 12/05/2009 / Politique
Dans la province du Sud-Kivu, le Programme Amani se trouve dans la tourmente après une lettre sulfureuse des responsables de groupes armés adressées au coordonnateur national du Programme, l’abbé Apollinaire Malu Malu.
Des copies de cette correspondance sont réservées aux autorités nationales et provinciales leur annonçant la suspension de leur participation au processus de désengagement et d’intégration. Il s’agit en fait de l’expression de mécontentement et de revendications sur certaines promesses non honorées par le gouvernement. C’est ce que rapporte une dépêche de radiookapi.net.
A en croire cette source, il est observé une cacophonie au sein des groupes armés du Sud-Kivu, partie prenante dans le processus de désengagement et d’intégration. D’autant plus que les revendications formulées ne vont pas toutes dans le même sens. Pire, il y a même un des responsables signataires de cette lettre qui ni avoir apposé sa signature, même s’il reconnaît être au courant du contenu. D’autres responsables nient aussi avoir apposé leur signature sur cette lettre. Ceux-ci réaffirment leur volonté de continuer à respecter leur engagement, « mais du bout des pieds, tant que certaines revendications ne sont acceptées », souligne radiookapi. net.
S’exprimant sur ces revendications, des commandants des camps de groupement et d’intégration de Luberizi et de Kalehe se sont voulus rassurants. Ils soutiennent n’avoir constaté aucune désertion dans les rangs des éléments placés dans leurs camps respectifs. En ce qui le concerne, le responsable du programme Amani au Sud-Kivu relativise la portée de cette lettre de revendication. Pour lui, les signataires de cette correspondance ne sont pas représentatifs du commandement de différents groupes armés. Il renchérit que le processus de regroupement et d’intégration poursuit son bonhomme de chemin dans les centres de regroupements du Sud-Kivu.
Selon la source, les signataires de cette lettre ont voulu ainsi exprimer leur mécontentement sur un certain nombre de question. Il est fait allusion notamment à la non-libération de leurs prisonniers, au non octroi des frais de désengagement et de certaines primes, de la discrimination dans la représentation des groupes armés au Comité national de suivi et dans la hiérarchie militaire des opérations en cours dans le Sud-Kivu. Par ailleurs, les signataires poussent leur troupes à suspendre leur entrée dans le processus de désengagement et rappellent en brousse ceux qui y sont déjà.
Dans tous les cas, il s’agit d’une situation que les autorités nationales et provinciales doivent traiter avec diligence. Il y a urgence de consolider le processus de désengagement et d’intégration en cours dans un contexte où les populations commencent à bénéficier des dividendes de la paix. Il serait lamentable de remettre en question les avancées réalisées sur cette voie grâce au Programme Amani. Ce programme soutenu par la communauté des bailleurs et les communautés locales doit être mené jusqu’à son aboutissement. Les groupes armés n’ont pas de place dans une société qui se reconstruit.
(TN/Milor/GW/Yes)
Didier Munsala Buakasa/L’Observateur
Last edited: 12/05/2009 16:01:08