Les banques ne sont pas toujours en mesure d’absorber toute l’offre de la Banque centrale du Congo. A la troisième opération de vente de devises par voie d’adjudication, les banques n’ont pu souscrire que pour 8,7 millions Usd sur les 10 millions proposés par l’Institut d’émission.
Dans sa troisième opération de vente de devises aux banques par voie d’adjudication hier lundi, organisée dans sa grande salle des réunions, la Banque centrale du Congo (BCC) se propose d’injecter plus de huit (8) millions de dollars américains pour calmer les tensions sur le marché de change. 8,7 millions Usd, c’est le montant total de souscriptions de sept (7) banques qui ont manifesté ouvertement leurs intentions d’achat en cette journée. Pourtant, la Banque espérait écouler en cette troisième journée d’adjudication dix (10) millions Usd. Malheureusement, les Banques présentes à cette cérémonie n’ont approché que de 8,7 millions l’offre leur soumise par l’Institut d’émission.
Preuve, une fois de plus, que les tensions qui perturbent le marché congolais de change ne relève nullement d’un déséquilibre entre l’offre et la demande des devises.
Maitre de céans, le directeur des services étrangers de la BCC, Mutombo Muana Nyembo, a, en introduction à cette séance, fixé le cadre de cette nouvelle intervention, troisième après les deux précédentes des 13 et 27 avril 2009.
« Nous espérons que cette fois-ci nous allons répondre aux attentes du marché », a-t-il déclaré dans son bref mot de circonstance.
Première étape de la séance d’adjudication, les représentants des banques ont, dès l’ouverture, présenté, à tour de rôle, le comportement des marchés le week-end. Après ce tour de table qui a nettement donné les grandes tendances du marché de change en cette journée du lundi 11 mai 2009, le directeur Mutombo a dégagé les points essentiels à prendre en compte lors de cette séance d’adjudication.
Cependant, il s’est inquiété du « comportement inadéquat » des opérateurs économiques qui tardent à s’ajuster aux différents mouvements du marché, surtout en cas de raffermissement de la monnaie nationale. Sans toutefois les incriminer, il a reconnu que « la solution à ce problème passe par une stabilité durable du Franc congolais pour permettre aux opérateurs économiques à mieux intégrer cette donne dans leur structure des prix ».
La deuxième phase de la séance a été le calcul de la fourchette de cotation. Après harmonisation de différentes tendances décrites par les banques pour la journée du lundi 11 mai, cette fourchette a été fixée à 784 Fc à l’achat et 815 Fc à la vente. Ainsi, le taux auquel la BCC s’est dit prête à vendre les devises en cette troisième séance a été de 784 Fc/Usd. Sur base du taux proposé par la BCC, sept banques se sont manifestées, soit la Raw Bank (4 millions), Solidaire Bank (1,8 million), BIAC (1 million), EcoBank (550.000 Usd), BCDC (500.000 Usd), FiBank (300.000 Usd), Afriland (300.000 Usd) et TMB (250.000 Usd).
Sur base des règles d’adjudication fixées par l’Institut d’émission, elles ont jusqu’au mercredi 13 mai pour verser en cash ou en scriptural la contrepartie des devises à mettre à leur disposition par l’autorité monétaire. Pourquoi le taux de change continue toujours à résister à ces différentes interventions de la Banque centrale ?
A cette question, le directeur Mutombo a fait observer que « ce n’est qu’après la date de valeur, soit le 13 mai, que l’on peut juger de la portée de cette mesure ». A ceux qui appellent la Banque centrale du Congo à diversifier ses moyens d’intervention sur le marché, il a déclaré que « la vente de devises par voie d’adjudication reste encore la voie la plus efficace, car elle met en concurrence les banques et permet d’instaurer la transparence ».
Ainsi, croit-il, tout en reconnaissant la vague de la spéculation qui risque de perturber les prévisions de la Banque centrale que « le taux finira par se stabiliser ». « A un moment, a-t-il poursuivi, il va s’établir un taux d’équilibre suivant l’évolution des forces du marché ».
Très confiant de la portée des actions de la Banque centrale, il n’a pas manqué d’appeler les banques qui hésitent encore à adhérer à cette vague. « C’est le moment pour les banques de prendre le train pour ne pas se retrouver en marge quand l’embellie s’installera ». Après l’optimisme du directeur des services étrangers de la BCC, place aux forces du marché pour corroborer la thèse de l’Institut d’émission.
(CL/PKF)
Le Potentiel
Last edited: 12/05/2009 13:06:47