Ces opérations, lancées par la Banque centrale du Congo depuis le 13 avril dernier, visent à éponger la surliquidité qui empoisonne le marché financier et déséquilibre le taux de change
Depuis le lancement de l’opération d’achat et de vente de devises, le 13 avril dernier, la volonté de l’autorité monétaire est de stabiliser le franc congolais qui avait enregistré en une semaine, on se le rappellera, une forte dépréciation. Cette stabilité du franc congolais devrait permettre non seulement de renforcer le pouvoir d’achat de la monnaie nationale, mais aussi de garantir la santé de l’économie nationale.
Pour y parvenir, la Banque centrale du Congo vise à éponger la surliquidité qui empoisonne le marché financier et déséquilibre le taux de change. On croit savoir qu’actuellement, il y a environ 53 milliards de FC en circulation hors banques. Comme on n’a cessé de le déplorer, les thésaurisateurs n’ont toujours pas baissé les bras. Ils profitent des besoins du marché pour réinjecter leurs masses d’argent gardées en dehors des circuits bancaires, et s’offrir des réserves en devises.
Ils prennent ainsi des risques majeurs de vol ou d’incendie qui peuvent entraîner pour leurs activités commerciales, des pertes importantes. Pour leur intérêt, la BCC avait lancé à une certaine époque, la campagne de lutte contre la thésaurisation des billets de banque qui rendaient les établissements bancaires non performants. Au cours de cette période, de nombreux opérateurs économiques, par crainte des sanctions de la justice, avaient renoué leurs relations d’affaires avec leurs banquiers. Avec la dernière dépréciation de la monnaie nationale, les banques commerciales sont fort intéressées par cette 3ème bouffée d’oxygène.
La 3ème séance s’annonce décisive
Même si la première séance- d’adjudication a suscité un réel espoir, le marché de change a été marqué par une attitude de prudence de la part aussi bien des cambistes et de certains banquiers, manifestant peu d’enthousiasme à l’ouverture de l’opération achat et de vente des devises. Aussi, lors de cette séance, face à l’offre de 10 millions de dollars de la BCC, les banques commerciales n’ont présenté qu’une demande de plus au moins 6 millions de dollars.
A la deuxième séance, l’Institut d’émission a relevé son offre avec 15 millions de dollars. Curieusement, sous l’effet de la méfiance, les banques commerciales n’ont souscrit que pour 11 millions de dollars. Toutefois, leur intérêt à acquérir enfin des devises, au taux de la BCC, était évident.
Le week-end dernier, le marché de change affichait un cours indicateur, à la clôture du 8 mai 2009, de 786,5856 FC le dollar, alors que la veille, il se situait à 801 FC le dollar, soit une appréciation de 1,87 %. Le volume des transactions donnait au 4 mai 2009, le montant de 3,563 millions de dollars et le 7 mai, il atteignait la barre de 4,950 millions de dollars, soit une diminution de 28,02 %.
Signalons que ces résultats ont été enregistrés le lendemain de la date des valeurs, grâce à l’opération BTR. La troisième opération d’achat et de vente des devises par la Banque Centrale du Congo s’ouvre ce lundi dans l’après-midi, dans la salle des conférences de la direction des services étrangers. Elle est exclusivement réservée aux banques commerciales de la place.
A cette occasion, leurs différentes offres seront soumises aux experts de l’Institut d’émission. Seule, l’offre la plus intéressante sera retenue pour lancer l’opération de vente des devises du jour. L’Institut d’émission tient ainsi à honorer ses engagements à travers cette série des séances d’adjudication, jusqu’à ce que soit atteint l’objectif de la stabilisation du taux de change sur le marché national. En retour, la BCC espère stériliser les liquidités qu’elle aura récupérées jusqu’au moment où il n’en restera que le volume acceptable dans le circuit.
(DN/Th/GW/Yes)
J.R.T./Le Phare