La situation carcérale des 8 étudiants de l'UNIKIN internés depuis 60 jours, c'est-ŕ-dire depuis le 13 décembre 2001, au CPRK, suscite beaucoup d'inquiétude tant dans leurs familles respectives que dans l'opinion nationale. Selon M. Papy Kuzinga Masotuka, étudiant ŕ l'université Kongo et jeune frčre de l'étudiant Serge Mayamba dit Lumumba de la deuxičme licence en droit les étudiants ne sont pas encore jugés ils sont toujours en chambre du Conseil. Le juge n'a pas tenu sa promesse de les juger au plus tard le 12 février dernier.

Par ailleurs, apprend-t-on, ces étudiants sont presque toujours malades. Certains sont soignés au paracétamol tandis que d'autres ont été perfusés. C'est le cas de Mayamba qui a été perfusé du 14 au 16 janvier 2002, avant d'ętre acheminé ŕ la Clinique Ngailema dans la nuit du 16 au 17 janvier. Martin Tshibwabwa et Rolly Mbo ont ŕ leur tour été perfusés les 16, 17 et 18 janvier 2002. Constat: la santé de tous ces détenus se dégradent ŕ vue d'oeil selon leurs parents et amis.

Pourtant, rappelle-t-on, un mémo signé par les mamans des étudiants détenus (Marie-Cécile Nsele, Adčle Nakiba, Marie-Madeleine Ntumba, Georgette Mulanga, Colette Makayabu et Godelive Ntumba) a été adressé au président Joseph Kabila le 8 février 2002. Pour justifier leur \"demande de votre clémence en vue de la libération de nos enfants (étudiants de l'Unikin) détenus au CPRK\", les bonnes mčres rappellent ŕ Joseph Kabila qu'ils sont également vos frčres, arrętés voilŕ déjŕ prčs de soixante (60) jours, simplement parce qu'ils sont signataires d'un mémorandum des étudiants adressé ŕ votre Ministre de l'Education, réclamant la réduction des frais académiques, ŕ l'instar de leurs camarades de l'université de Lubumbashi.

Compatissantes et attristées, elles attirent également l'attention du chef de l'Etat que \"ces enfants sont aujourd'hui, pour la plupart, souffrants de plusieurs maux des douleurs aiguës au niveau du thorax, perte de mémoire, crampes abdominales fréquentes, écoulement des yeux, abcčs fréquents, fičvres chroniques, etc\". Ce n'est pas tout. Car, elles déplorent que cette situation d'incarcération de leurs enfants a davantage exacerbé leur condition de misčre et de pauvreté, étant donné que nous sommes pour la plupart veuves et dépourvues d'un quelconque appui financier. Dommage qu'ainsi sollicité, le Général Major président n'ait pas daigné accepté de leur accorder une audience, \"afin de nous permettre de vous exprimer de vive voix notre désarroi\". Mais il n'est pas encore tard pour bien faire. Car les cours n'ont repris que le 4 février dernier ŕ l'Unikin.