KinshasaLes Ambassadeurs des pays membres de l’Union Européenne accrédités en République Démocratique du Congo se sont réunis jeudi 7 mai 2009 à l’Ambassade de la République Tchèque sise avenue des Forces Armées Congolaises à Kinshasa/ Gombe.

Le Ministre congolais des Affaires Etrangères, Alexis Thambwe Mwamba, a été convié à participer à cette réunion de grande importance. Il devrait accompagner le Vice-premier ministre, chargé de la Défense et Sécurité, Me Mutombo Bakafwa Nsenda qui, malheureusement, a été empêché. Ces concertations s’inscrivent dans le cadre des accords de Cotonou en son article 8 qui exige un dialogue d’un côté, entre les membres du groupe des Etats d’Afrique, des Caraïbes et  pacifique, et de l’autre, entre la communauté européenne et ses Etats membres.

Au cours de cette réunion, les Ambassadeurs ont réfléchi sur la situation politique en République Démocratique du Congo, notamment à propos des élections municipales, urbaines et locales qui se pointent à l’horizon.

Déjà, la Commission Electorale Indépendante (CEI) a procédé jeudi à Kinshasa au lancement officiel de l’opération de la révision du fichier électoral. Une opération qui devrait s’étendre dans les jours à venir sur toute l’étendue du pays.

Ce n’est pas tout. Les diplomates européens ont également échangé sur la situation militaire et sécuritaire à l’Est de la RDC, et aussi de l’exploitation illégale et commerce des ressources naturelles dans la Région des Grands Lacs.

Au sortir de la réunion, Alexis Thambwe Mwamba a indiqué qu’ils ont échangé de manière très amicale, et le débat a été focalisé sur deux priorités, à savoir: la reforme du secteur sécuritaire de la RDC, particulièrement au sein de l’armée, et la Coopération régionale par le CPGL, CADEC, CEEAC.

Signalons par ailleurs que l’Ambassade de la République tchèque procédera le lundi 11 mai prochain, à l’ouverture officielle du « Festival du film européen » au Centre Wallonie Bruxelles dans la commune de la Gombe. La cérémonie d’ouverture sera suivie de la projection des films à 19 heures. Les activités marquant ce festival se tendront un peu partout à Kinshasa. Du 12 au 16 mai, les activités seront ouvertes à la Halle de la Gombe; du 18 au 25 mai sera le tour du Centre Culturel le Zoo dans la commune de Kinshasa.

L’entrée est donc libre. Le programme prévoit plusieurs expositions, chaque pays de l’Union Européenne présentera un film d’origine.

C’est le cas par exemple de l’Ambassade de la République tchèque qui présentera le film « d’Année du Diable », réalisé par Peter Zelenka et ses amis; l’Ambassade d’Italie présentera « La Dramatique vie de Giulio Andreotti », l’Ambassade du Portugal par contre présenter « Derrières les nuages », et l’Ambassade de la France quant à elle présentera « Entre les murs », pour ne citer que celles-là. Comme pour dire qu’il y aura à boire et à manger.

Grève du personnel congolais de l’ambassade de Côte d’Ivoire à Kinshasa

« Nous voulons une nette amélioration des conditions de travail et un salaire décent ». Voilà ce que réclame à cor et à cri le personnel congolais qui travaille à l’Ambassade de la Côte d’Ivoire à Kinshasa qui, pour faire entendre leur voix, ont carrément décidé de débrayer depuis le mardi 5 mai 2009; créant ainsi une ambiance tout a fait inhabituelle devant cette Ambassade située sur l’avenue de la Justice dans la Commune de la Gombe, en face de la Direction Générale de la Snel. En fait, ce sont une vingtaine d’agents visiblement mécontents de la sourde oreille dont fait montre M. Ahipeaud Guillaume, Ambassadeur de ce pays en poste en RD.Congo depuis 2003.

L’un des fins limiers de La Prospérité, votre quotidien de l’avenue de la Paix à Mont Fleuri, est descendu sur le lieu pour recueillir les avis des uns et des autres. Interrogé, un agent a déclaré que leur patron n’accorde aucune attention particulière à leurs conditions de travail. Bien plus, a-t-il dit, certains agents manque des tenues de travail, surtout pour les personnels techniques. Il n’y a pas d’amélioration de salaire depuis qu’il est en poste à Kinshasa, a renchéri un autre, en précisant que ce dernier n’a jamais accordé de prime d’encouragement même pendant les heures supplémentaires. Les gardiens travaillent 24 heures sur 24, même pendant les jours fériés ou de repos, a laissé entendre un autre dont l’âge varie entre 40 et 50 ans et qui a même reconnu ignorer la notion de bulletin de paie régulier à la fin de chaque mois; document pourtant exigé par la réglementation du travail. Même l’assistance sociale, c’est-à-­dire, les soins médicaux, les frais de scolarité, et même aussi une demande d’intervention en cas de décès, rien de tout cela n’est pris en compte par ce diplomate.

Le cas le plus grave c’est celui de M. Endwa Nkiel. Un des agents a souligné que de dernier avait adressé à l’Ambassadeur une lettre d’intervention pour sauver la vie de sa fille qui se trouvait dans un état critique, mais l’Ambassadeur avait réservé une fin de recevoir à cette requête estimant que l’Ambassade ne dispose pas de fonds de secours pour les agents. Ce comportement, a-t-­on appris sur place, a déjà fait au total 11 victimes qui sont des enfants des agents et la perte d’un agent et ce, par manque d’assistance financière.

Pire que ça, a soutenu un agent, l’Ambassadeur, par une note de service du 11 octobre 2004, avait rappelé à tout le personnel que la réglementation ivoirienne fait obligation de ne pas consentir des avances sur salaire, ni des prêts. Selon lui, le personnel est censé prendre toutes les dispositions possibles pour éviter dorénavant de poser ces problèmes.

Ce qui n’avait pas laissé indifférents ces agents qui plusieurs fois ont adressé des correspondances à leur maître afin que leur situation salariale soit revue. Mais, toutes ces démarches se sont révélées infructueuses, le diplomate ivoirien restant insensible.

Parmi les correspondances lui adressées, la lettre du 27 mars 2003 dans laquelle les agents présentaient les différents problèmes dont ils souffraient. Mais, curieux que cela puisse paraître, l’on a entendu de la bouche d’un agent que pour l’Ambassadeur, la RDC a des défis à l’égard de son pays. C’est seulement lorsque le Gouvernement congolais s’acquittera de cette dette que les choses pourraient aller mieux.

Même si cet argument est discutable, il reste que le traitement infligé au personnel congolais oeuvrant à l’Ambassade de la Côte d’Ivoire mérite d’être suivi de près car, ne se réfère nullement au Code de travail.

(DN/Ern./GW/Yes)

Guy Elongo-Josiane Nzabi/La Prospérité