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Bonjour | 20/03/2010 15:34 | English Make DC Home page | RSS feed

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Théâtre des affrontements armés, l’Est de la Rdc hume peu à peu l’air de la paix. Paupérisés, coincés dans les zones enclavées, les autochtones attendent le développement de leur contrée.

VillageDepuis avril 2007, trois provin­ces de la région sur les onze du pays, bénéficient de l’assistance de deux organisations internationales : Initiative Rescue Comittee (IRC) et CARE. Au Katanga, au Sud-Kivu tout comme au Maniema, les agents de ces ONG mobilisent les villageois pour les motiver à s’impliquer dans des actions de développement communautaire.

C’est dans cette optique qu’est né le projet « Tuungane » (Unissons­ nous en Swahili), destinés à rassembler les villageois autour d’un objectif salutaire pour leur contrée. 1.200 vil­lages sont ciblés dans cette initiative où la population est conviée à inté­grer le concept de Reconstruction Dirigée par la Communauté (CDR). « Cette approche exige un engage­ment de longue durée des bailleurs de fonds, des partenaires et de la communauté bénéficiaire », reconnaît un responsable de l’IRC.

3.000 dollars pour chaque village

Chaque village bénéficie d’un fonds d’une valeur de 3.000 dollars Us destinée à financer un projet prio­ritaire initié par la population. Et pour gérer ce fonds, la population procède à  une élection démocratique des Co­mités de Développement du Village (CDVs).

Unis, les populations des villages environnants ont aussi l’occasion d’initier des projets d’intérêt commu­nautaire, à l’instar de la construction des écoles, des hôpitaux, des routes, des ponts... Après débats et délibé­rations, ils soumettent ces projets aux cadres de l’IRC pour obtenir des financements qui peuvent atteindre 70.000 dollars.

Ici aussi, pour la gestion transpa­rente de ces ressources, une élec­tion des gestionnaires est organi­sée. Hommes et femmes participent à « cette élection démocratique » à l’issue de laquelle les membres des Comités de Développement des Communautés (CDCs) sont révélés au grand public et soumis à leur con­trôle. Ils sont même tenus de rendre compte de la gestion de fonds mis à leur disposition au terme du projet. Une pratique toute nouvelle dans les villages ciblés.

L’apport de la femme

Depuis quelques années, le gou­vernement Congolais a fait des efforts pour inclure les femmes dans le pro­cessus politique et faire respecter le droit des femmes. Pour renforcer ces changements, l’IRC inclue la ques­tion genre dans toutes leurs forma­tions communautaires. De plus, pour étudier comment ce changement influence le processus de démocrati­sation, le projet a été conçu de sorte à assurer la parité dans la moitié des comités. Dans l’autre moitié, le choix du nombre de femmes est laissé en­tièrement à la communauté.

Sifa Kalimbi a été élue en tant que coprésidente du CDC de sa commu­nauté. Son rôle est unique dans le milieu rural où la population continue d’élire, pour la plupart, des hommes aux positions d’autorité. « Ici à Mu­chingwa (Sud-Kivu), nous avions un problème chronique d’accès à l’eau, raconte-t-elle. Dans le passé, chaque personne devait marcher de longues distances, quelquefois quatre ou cinq heures, pour prendre de l’eau ». « Avec Tuungane, reconnaît Sifa Kalimbi, nous avons identifié les problèmes auxquels on faisait face et nous avons opté pour un projet de réservoir d’eau, une des priori­tés fixées par la communauté. Nous sommes venus ensemble pour élire des gens qui nous mèneraient dans le travail. Et ensuite, avec la force de toute la communauté, nous avons transporté du sable, des pierres, du ciment et bien d’autres matériaux pour aménager un site où nous pou­vons désormais nous approvisionner en eau potable ».

Guérir les séquelles de la guerre

« Bien que d’autres projets simi­laires aient déjà été mis en oeuvre par l’IRC dans d’autres pays post-conflits, y compris l’Afghanistan, le Rwanda et le Liberia, le projet Tuungane en RDC est unique par son étendue, commentent les initiateurs de ce pro­jet. Il cible un total de 1,78 millions de bénéficiaires dans les trois provin­ces du pays et 11 territoires. Un tel projet demande beaucoup de temps, de personnel et de ressources. Mais il offre également l’opportunité d’étu­dier en détail l’approche, les leçons apprises et l’impact de Tuungane ».

Au commencement du projet, l’IRC en collaboration avec Columbia University (New York) et deux universités locales - ISTM/Bukavu et l’Uni­versité de Lubumbashi - ont effectué un sondage et mis en place une stratégie d’évaluation du projet. L’étude initiale a recueilli des informations concernant le climat social, politique, géographique, et économique des communautés et a constaté que les effets du conflit avaient été considérables dans les régions visées par Tuungane, et avaient changé subs­tantivement les conditions socio-éco­nomiques de la population.

Pendant la mise en oeuvre de Tuungane, l’équipe va veiller sur l’amélioration des conditions socio-économiques, afin d’ajuster le pro­gramme en réponse aux défis identi­fiés. Une fois le programme achevé, une nouvelle étude sera menée par les partenaires académiques de l’IRC afin de mesurer l’impact réel du projet sur les populations bénéficiai­res. Les leçons apprises vont servir de modèles aux autres programmes CDR à travers le monde.

(DN/Th/GW/Yes)

Journal du Citoyen



Last edited: 06/05/2009 16:52:13

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