Le comité des déplacés accuse le commissaire de district adjoint chargé des questions économiques, financières et développement, et le chef du bureau des affaires sociales qui gardaient les clés du dépôt où les vivres étaient gardés.
Depuis lundi dernier une situation très déplorable est survenue en Province orientale. L’aide du gouvernement aux déplacés est portée disparue, à en croire Radio Okapi captée à Kinshasa. Une bonne partie des vivres destinés aux déplacés et envoyés par le gouvernement de la République démocratique du Congo à Isiro, ville située à plus de 600 kilomètres au nord-est de Kisangani, en Province Orientale, a disparu miraculeusement du dépôt.
Ce constat si amer a été fait lors de l’inventaire, par le comité des déplacés. Celui-ci crie au scandale et pointe d’un doigt accusateur le commissaire de district adjoint chargé des questions économiques, financières et développement, et le chef de bureau des affaires sociales : ce sont ces deux responsables qui gardaient les clés dudit dépôt.
La situation est d’autant plus inquiétante qu’elle donne de la matière aux hommes épris de bonne volonté, au risque d’en décourager certains dont les initiatives pourtant louables sont en cours. Ce qui somme plus d’un analyste à suggérer qu’une minutieuse enquête soit menée, les responsabilités établies et des sanctions exemplaires prises à l’endroit des sadiques.
Jean Ngoleya, président du comité des déplacés, fait le constat. « Depuis le 11 mars 2009, lors de la dernière distribution de vivres, nous avons laissé dans le dépôt 21 sacs de riz blanc. Il n’en reste que deux sacs et demi ; sur 18 sacs de haricots, il n’en reste que 5. Pour 7 sacs de sel, il n’en reste qu’un sac et demi. Deux sacs et demi de sucre, trois cartons de savon ainsi que 6 cartons d’huile végétale, tous ont disparu. Il nous revient que ces vivres ont été consommés par d’autres personnes que les déplacés ». Mais qui sont ces consommateurs qui ne trouvent mieux que ce qui est destiné aux réfugiés ? L’avenir nous éclairera.
Tout compte fait, le président du comité des déplacés demande la restitution de ces vivres et ce, sans condition aucune. Il sollicite aussi l’implication du gouvernement dans cette affaire. C’est après tout l’action gouvernementale qui est ici sabotée. C’est donc lui la première victime de ce détournement ; la deuxième étant les victimes elles-mêmes, dont la précarité et l’incompatibilité des conditions de vie souvent affligeants, méritent une attention toute particulière. Les yeux des uns et des autres restent immobilisés sur la suite de ce dossier de honte.
(TN/Th/GW/Yes)
Emmanuel Badibanga/L’Avenir
Last edited: 06/05/2009 17:45:27