Significatives confidences du gouverneur du Bas-Congo selon lesquelles le Chef de l’Etat, en visite de travail dans cette province pour propulser les chantiers de reconstruction dans la partie côtière du pays, envisage l’érection d’une deuxième cité pour cette ville chef-lieu
Le président de la République, Joseph Kabila Kabange en visite au Bas-Congo depuis le dimanche 3 mai 2009, a exprimé lundi à Matadi sa volonté d’ériger une « 2ème ville de Matadi », au terme d’une inspection au pont Maréchal et des axes routiers dans la commune du même nom.
Le chef-lieu de la province, qui est subdivisé en trois communes (Zanza, Matadi et Mvuzi), est bâtie sur une superficie de 110 km2 et compte une population estimée à plus de 400.000 habitants. « Le chef de l’Etat a jugé le site fantastique. Il projette l’érection d’une 2ème ville de Matadi pour en faire comme la ville de Genève » a révélé à la presse le gouverneur Simon Mbatshi Mbatshia.
« Il a prouvé une fois de plus qu’il est un homme de surprises », a-t-il constaté, se réjouissant du fait que, « le président a vu deux voiries au cours de son inspection: la voirie urbaine et la voirie humaine », les Matadiens s’étant mobilisés spontanément le long des routes qu’i1 a inspectées.
« Nous lui avons fait voir les tronçons routiers que nous avons réhabilités et ceux qui nous restent à restaurer », a expliqué le gouverneur, rappelant que le président Joseph Kabila avait, lors d’un précédent séjour, promis d’intervenir dans la réhabilitation de trente (30) kilomètres de routes à Matadi et à Boma (15 km ). Nous lui avons montré les routes concernées par les 15 km à réfectionner », a-t-il précisé.
Le chef de l’Etat a visité les avenues Kinkanda, Futi Luima dont les travaux de réfection sont exécutés par le génie militaire et d’autres tronçons routiers bétonnés et bitumés sur fonds propres du gouvernement provincial. « Matadi est en avance sur les villes de Boma et de Mbanza-Ngungu », a fait, savoir le gouverneur de province.
« Nous sommes arrivés sur le pont Maréchal. I1 s’est arrêté, il a regardé la ville de Matadi et admiré la vue imprenable. Nous avons parlé longuement de l’avenir du port de Matadi. du rêve qu’il a de ce port et du port en eau profonde de Banana », a dévoilé Simon Floribert Mbatshi Mbatshia, en présence du vice-gouverneur Déo Nkusu et du maire de la ville. Jean Marc Nzevidio.
Joseph Kabila donne une nouvelle impulsion aux cinq chantiers !
En déplacement au Bas Congo, Joseph Kabila entend procéder au lancement des travaux de réhabilitation de l’axe routier Boma-Muanda à exécuter par l’entreprise chinoise China Railway Engineering Corp (CREC). Ce qui s’apparentait hier à une vue chimérique est en train de se concrétiser avec la réalisation de nombreux ouvrages d’intérêt communautaire...
Depuis quelques temps, on assiste à un regain d’intérêt vis-à-vis des cinq chantiers grâce à l’impulsion donnée par le chef de l’Etat.
Ce dernier, conscient du caractère déterminant de ces cinq chantiers en terme de reconstruction du pays, s’est décidé de s’y impliquer personnellement afin de rassurer et ôter tout soupçon de doute. Les choses sont allées très vite. Le premier acte de ce processus de revitalisation s’est joué lorsque Joseph Kabila en personne a fait le tour des différents chantiers disséminés à travers la capitale pour s’enquérir de l’évolution des travaux. Les entrepreneurs sélectionnés et autres maîtres d’ouvrages ont été surpris par cette visite impromptue du numéro un du pays qui a donné la mesure de son engagement à changer la face de la RD.Congo.
Etait-ce à dire que le chef de l’Etat n’accordait pas foi aux rapports lui faits par ses collaborateurs ? Peut-être. Ce qui est sûr est que le constat était amer, la plupart des ouvrages s’enlisaient. Les entreprises à qui des marchés ont été confiés ne font pas montre d’empressement pour achever leurs ouvrages au grand désenchantement de la population. Les travaux se déroulent avec une lenteur exaspérante.
Deuxième acte, le coup d’envoi des travaux d’érection et de modernisation de l’hôpital du Centenaire dans le site IEM. Cet établissement hospitalier qui sera construit par l’entreprise Sinohydro il revêt un coût global estimé à près de 100 millions de dollars. Les kinois se sont réjouis de ce vaste projet qui leur permettra d’avoir accès aux services de santé de qualité conformément aux standards internationaux.
Viabiliser l’axe Boma-Matadi
Troisième acte, le déplacement ce week-end de Joseph Kabila dans le Bas Congo où il entend procéder au lancement des travaux de réhabilitation de la route nationale sur le tronçon Boma Muanda. La route relie la ville portuaire de Boma à celle de Muanda située près de l’embouchure du fleuve Congo dans l’Océan Atlantique Boma-Muanda sera exécuté par l’entreprise chinoise China Rellway Engineering Corp (CREC).
« La réhabilitation de ce tronçon routier va permettre le désenclavement de la région côtière de la RDC et faciliter l’évacuation des produits agricoles et des produits de pêche maritime vers les grands centres de consommation. En même temps, il va favoriser la libre circulation des biens et de personnes », a déclaré le porte-parole de la présidence ».
Selon lui, cette route longue de 120 km sera ouverte au trafic en 2010. Il a rappelé que la ville côtière de Muanda regorge plusieurs entreprises qui exploitent le pétrole dans l’océan Atlantique, aux larges de côtes congolaises. « Malheureusement, ces entreprises sont confrontées à un sérieux problème d’évacuation de leurs produits, faut d’infrastructures routières », a-t-il affirmé.
Bien avant, le chef de l’Etat est allé inaugurer la mise en service du câble à fibre optique reliant à RD.Congo au reste du monde. Ce projet salutaire donnera une nouvelle impulsion aux cinq chantiers, vu le caractère stratégique de cette route d’intérêt national. Il va sans dire que le peuple congolais a besoin d’un signal fort pouvant rendre un peu plus visible les cinq chantiers qui, loin d’être une simple vue de l’esprit, constituent toute une vision politique orientée vers le développement du pays.
Déjà les premiers signaux de cet effort de reconstruction sont perceptibles. Sur le boulevard du 30 juin, les chinois s’affairent pour élargir la chaussée en l’adaptant aux exigences de la modernité à la satisfaction générale. Un peu partout dans la République grouillent à l’image du Katanga, Bas Congo, les deux Kasaï, Bandundu, le Grand Kivu etc. Des routes sont en train d’être construites à défaut d’être réhabilitées.
Le chantier infrastructure semble un peu plus actif au regard de l’intérêt lui porté. Notons que la réhabilitation des infrastructures de base en RD.Congo est financée aussi bien par le gouvernement que par les opérateurs économiques à travers notamment le péage instauré par l’autorité. Les travaux jusque là réalisés dans le cadre des cinq chantiers sont en grande partie financés par les ressources extérieures dont celle de la Banque mondiale, l’Union européenne, la Banque africaine de développement (BAD) et le Fonds koweitien.
L’apport des bailleurs de fonds, les budgets significatifs votés par le gouvernement central en 2007 et 2008 pour les travaux routiers n’ont été exécutés qu’à près de 10 %. Entre temps, la RD.Congo attend des bailleurs de fonds, notamment de la Banque africaine de développement (BAD), de l’Union européenne (UE), de la Coopération britannique (DFID) et de la Belgique, une somme de 770 millions de dollars américains au cours de l’année 2009. Cette somme est destinée à la réalisation de son programme des cinq chantiers.
Tout ceci rassure quant à la vitalité du chantier infrastructure qui ne cesse de prendre de l’envergure. Toutefois, nombreux sont les congolais qui s’interrogent sur le sort des autres chantiers restés en marge et pour lesquels rien de significatif n’est encore ressentie. C’est notamment le cas de l’eau et de l’électricité qui continuent de patauger nonobstant l’effort d’amélioration de la desserte qui n’arrive toujours pas à changer la donne sociale.
A cela s’ajoute, les conditions sanitaires précaires des populations, l’éducation désorientée des jeunes exacerbée par un déficit de prise de charge, un emploi périclitant chaque jour dans les méandres de la décadence sans perspective d’amélioration. Il va sans dire que ce n’est pas du jour au lendemain que les congolais pourront palper les dividendes de la reconstruction. Cela requiert du temps pour remettre en état ce que le régime Mobutu a détruit pendant quarante ans. Qu’à cela ne tienne. Des ouvrages d’intérêt social tels la construction des écoles, des centres de santé, etc., sont un motif d’encouragement à ne pas négliger. A tout prendre, les cinq chantiers de la République viennent d’atteindre leur vitesse de croisière. Ce qui s’apparentait hier à une vue chimérique est en train de se concrétiser avec la réalisation de nombreux ouvrages d’intérêt communautaire.
Comme quoi, Joseph Kabila est en train de marquer d’une empreinte indélébile son premier mandat post électoral.
(DN/Ern./GW/Yes)
Le Potentiel
Last edited: 05/05/2009 18:07:17