La ministre du Portefeuille Jeanine Mabunda et une quinzaine de mandataires ont affronté la population kinoise samedi 2 mai dans la salle de congrès de la Fikin à l’occasion d’une matinée d’information.
Les mandataires de la Fikin, de la SNEL, du FPI, de l’ARPTC, de la Sonas, de City Train, de la Cadeco, de la Sosider, du Cadastre minier (Cami), des Lac ont eu à répondre - pour la toute première fois-aux préoccupations de la population bénéficiaires des services des entreprises qu’ils gèrent le temps n’était plus donc aux discours creux et aux promesses, comme l’a souligné auparavant la ministre du Portefeuille, Jeannine Mabunda, qui a estimé que la présence, mieux l’apport des Chinois ne peut pas occulter en aucun cas les services importants que les entreprises publiques (55 entreprises publiques et 64 entreprises d’économie mixte) doivent apporter à la population congolaise.
Ce qui explique largement la réforme de ces entreprises menée par le gouvernement en vue de les rendre très compétitives et, partant, rentables aussi bien au gouvernement qui entend en tirer les dividendes des moyens de sa politique et à la population congolaise. Aujourd’hui donc, a reconnu Jeanine Mabunda, la réforme n’est pas (plus) un simple slogan, pas plus que les 5 chantiers de la République.
Cette réforme est de nature à aider le pays à être très fort et le moment est venu de changer maintenant le discours. Pour elle, les cinq derniers décrets signés par le Premier ministre Adolphe Muzito sur les entreprises publiques sont la conséquence de cette réforme et constituent « un cadre juridique » (et) « une question de communication et de pédagogie. Les décrets viennent mettre en application la loi promulguée par le chef de l’Etat Joseph Kabila en juillet 2008 ».
Cet important mot de Jeanine Mabunda a été appuyé par la projection du film « Les entreprises publiques au service de 5 chantiers, du Service de communication de son ministère, montrant le plus gros des réalisations de quelques entreprises publiques faites en appui de 5 chantiers de la République. Ainsi, l’auditoire a-t-il pu suivre les réalisations de la Régideso dans quelques quartiers des communes de Kinshasa ainsi qu’à l’intérieur du pays, notamment à Bumba, et à Gemena dans la province de l’Equateur, à Goma au Nord-Kivu, à Beni Sud-Kivu, l’acquisition par les Lignes aériennes congolaises d’un avion Boeing 727, la réhabilitation des aéroports de Goma au Nord-Kivu et de Moanda dans le Bas-Congo, le travail de l’OOC sur le contrôle des produits pour la santé de la population, les réalisations de la Sonas, de l’INSS, de l’Okimo, du FPI (financements de plusieurs projets, par exemple : la réhabilitation de l’hôtel Karavia à Lubumbashi et entreprises).
Pendant leur auto présentation, les mandataires de la SNEL et de la Sonas ont été abondamment applaudis par la population, suivis par l’ADG de City Train pour des raisons évidentes. D’ailleurs, fière et convaincue du beau travail qu’elle réalise sur le terrain, la Sonas était représentée par trois membres du comité de gestion.
Lors de la partie questions-réponses, la salle était agréablement surchauffée. Jeanine Mabunda et les mandataires publics ont répondu aux préoccupations d’une population visiblement ravie d’avoir en face d’elle ceux qui restent pour elle inaccessibles la plupart du temps.
Le message d’espoir de la SNEL
Avec un message d’espoir, l’ADT de la SNEL a répondu calmement à une question d’une habitante de Kimbanseke qui a invité cette société à se rendre sur le terrain pour se rendre compte des réalités. La promesse est que d’ici peu la SNEL allait y installer un poste financée par la Banque mondiale et la Banque africaine de développement (BAD), pour alimenter en énergie électrique tout le district de la Tshangu et quelques communes environnantes.
L’ habitante de Kimbanseke qui a invité cette société à se rendre sur le terrain pour se rendre compte des réalités. La promesse est que d’ici peu la SNEL allait y installer un poste financer par la Banque mondiale et la Banque africaine de développement (BAD), pour alimenter en énergie électrique tout le district de la Tshangu et quelques communes environnantes. Le financement de la Banque mondiale, de la BAD et de la Banque européenne d’investissement (BEI) permet de réhabiliter ce secteur avec la promesse de connecter 70.000 nouveaux abonnés.
A ce message d’espoir, Jeannine Mabunda a ajouté en rappelant à la population de payer à la SNEL ses factures de consommation de l’énergie, car elle a déploré le fait qu’il y a ceux qui paient et ceux qui ne paient pas ?
A la préoccupation des jeunes de se voir embaucher dans les entreprises publiques, Jeannine Mabunda a précisé que l’engagement dans une entreprise tient compte des diplômes, de l’esprit de la bonne gouvernance, tout en soulignant que les mandataires ne sont pas des politiciens habitués à faire des promesses démagogiques et que les entreprises publiques se battent pour créer des conditions d’emploi.
Phénomène « faux-tête »
Pourquoi les sociétés de transport ne durent pas ? A cette question, l’ADG de City Train a répondu qu’il existe plusieurs facteurs qui sont à la base du caractère éphémère des sociétés de transport, dont les plus importants la modicité de frais de transport pratiques qui ne couvrent pas toutes les charges d’exploitation, ainsi que le très tristement célèbre phénomène « faux-tête » des agents de l’état munis de carte de service qui leur donnent droit à la gratuité de transport, NDLR). Il a toutefois commencé par un court aperçu de sa société d’économie mixte qui a bénéficié de 115 bus, dont 100 pour Kinshasa et 15 pour les provinces). Parmi les 100 bus de Kinshasa, 80 sont en circulation, pour 580 agents engagés.
En réponse à la question de savoir où va la production de la Sosider, l’ADG de la Société sidérurgique de Maluku (Sosider) a répondu que, bien que modestement, son entreprise, qui ne fonctionne pas convenablement, faute de financement, produit quand même et que cette production est vendue à des sociétés privées locales. Pour lui, ce qui fait la force d’une industrie, comme la sienne, c’est le financement. Aussi sollicite-t-il auprès du gouvernement congolais un financement, comme il l’a fait pour les Lignes aériennes congolaises (Lac) qui viennent d’acquérir un nouvel appareil.
Jeannine Mabunda et les mandataires publics face à la population, voilà une excellente trouvaille à encourager et à poursuivre. Une autre façon de rendre compte directement à ses propriétaires la gestion des entreprises.
(DN/Milor/GW/Yes)
Kléber Kungu/L’Observateur
Last edited: 04/05/2009 18:45:25